EXTRACTION SIMPLE DES ANNEXES DU FŒTUS
Enfin on lui a reproché d’exposer la femme à l’infection par le doigt de l’accoucheur.
Cette dernière objection pouvait avoir sa valeur avant l’emploi de la méthode antiseptique. Elle ne doit plus en avoir aujourd’hui; quant aux autres accusations, elles peuvent s’adresser aux opérateurs, mais non à la méthode.
Tous ces accidents se sont rencontrés, tous se rencontreront encore par suite d’une infraction à cette règle capitale :
On ne doit jamais faire de tractions sur le cordon sans s’être assuré au préalable par le toucher du décollement de l’arrière-faix et de son engagement dans le vagin.
2° Méthode d’expression
placentaire. — C’est pour
éviter les accidents dus à la
délivrance par tractions mal
conduite que Busch (1805),
Delaporte (1822), Mac Clin- Fiff- 288. — Placenta bilobé sur lequel le cordon s’insère - , , TT , , . ^ . s après s’être bifurqué.
tock et Hardy (1848), Crédé
(1855), ont préconisé la méthode de délivrance par expression. Crédé surtout et plusieurs de ses élèves s’en sont faits les ardents défenseurs.
En quoi consiste cette méthode? « On applique la main sur l’utérus après 1 expulsion du fœtus et l’on se borne à faire quelques légères frictions sur la plus grande surface possible de l’utérus, puis quand on sent V utérus se contracter on saisit avec une main ou les deux mains le fond de 1 utérus, et quand la contraction est arrivée à son summum d’intensité, on presse sur le fond et sur les parois de l’utérus en le poussant vers le petit bassin. Tout l’arrière-faix et le sang coagulé sont expulsés hors des organes génitaux, puis l’utérus revient sur lui-même, à une hauteur normale. Presser sur l’utérus non en contraction est une faute et cela ne conduit pas au but » (Crédé).
L idée dirigeante qui a conduit Crédé à recommander cette mé-
ACCOUCHEMENT
thode peut se résumer en une ligne : aider V utérus à chasser l'arrière-faix le plus vite possible après V accouchement .
Crédé et ses compatriotes ont apporté des tempéraments divers dans l’application de cette méthode : les uns, comme Winckel et Strassmann, Schrôder, conseillent de saisir fortement le fond de l’utérus immédiatement après la naissance de l’enfant ; d’autres, comme Ileckcr, Dœhrn, Runge, préfèrent attendre un quart d’heure au moins, pour que la majeure partie du placenta soit engagée dans le vagin.
Nous repoussons absolument la délivrance par expression utérine faite immédiatement après l’accouchement, car elle constitue une délivrance utérine, avant le décollement du placenta.
Quoi qu’en ait dit Crédé, l’expression utérine est impuissante à vaincre les adhérences anormales de l’arrière-faix. Pratiquée à ce moment du travail, elle expose, ainsi que l’ont observé Ilecker, Martin, Schrôder, Breisky, Runge, à la déchirure du placenta, à la rétention de cotylédons placentaires1, à la déchirure et à la rétention des membranes, à l’inversion utérine (Johnston et Sinclair, Schnorr), à l’enchatonnement du placenta (Breisky).
Elle ne met pas d une façon absolue à 1 abri des hémorrhagies soit immédiates, soit secondaires; elle a enfin le tort d’être douloureuse,
Elle présente par contre les avantages suivants : elle n’expose pas à la rupture du cordon, elle hâte le décollement du placenta et suffit peut-être à détruire certaines adhérences à la vérité légères de cet organe. Elle facilite sûrement la délivrance lorsque l’utérus est en antéversion.
Elle présente en outre l’avantage, dont la portée est exagérée par scs partisans, d’éviter l’introduction du doigt dans le vagin.
A notre avis elle est recommandable spécialement dans le cas où le cordon fragile, ou tiraillé intempestivement, s’est rompu, car elle évite alors l'introduction de la main dans le vagin et le col de l’utérus.
5° Extraction manuelle de l’arrière-faix. — Nous ne conseillons
d’y avoir recours que si les méthodes précédentes ont échoué ou si quelque accident subit exige la prompte délivrance de l’accouchée.
La main (fig. 289) introduite dans le vagin préalablement désinfecté est poussée jusqu'au col, dans lequel elle pénètre doucement. Elle y rencontre la masse placentaire, qu’elle saisit solidement tandis que l’autre main appliquée sur le fond de l’utérus immobilise cet organe. La main est ensuite retirée, entraînant le placenta et les membranes.
Voir Ribemont-Dessaigxes. Thèse il' agrégation, 1883, p. 100 et suivantes.