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SYPHILIS ET GROSSESSE

De plus, elles sont toujours plus rebelles que d’habitude et se résorbent plus lentement, plus difficilement. Les syphilides ulcéreuses sont assez fréquentes chez les femmes grosses; livides, violacées, creuses, et rendues plus creuses encore par la turgescence vasculaire des parties, elles persistent en général plus ou moins longtemps et tendent souvent à progresser. »

L’un de nous a observé d’une manière très manifeste cette influence mauvaise de la grossesse sur les manifestations syphilitiques chez une jeune fille enceinte atteinte de syphilis vaccinale. D’autres sujets non gravides, contaminés en même temps qu’elle, présentaient des lésions beaucoup moins accusées.

J, es symptômes généraux de la syphilis sont aggravés par le fait de la grossesse : ils consistent en troubles divers de la nutrition, névralgies, céphalalgie, insomnies et phénomènes d’anémie très accusés.

Influence de la syphilis sur la grossesse. — Elle est indiscutable, mais très variée dans ses effets suivant l’àge de la syphilis, suivant qu’il y a eu ou non un traitement régulièrement suivi.

Il faut donc distinguer plusieurs cas :

A. La femme était syphilitique avant la conception. — Il est commun dans ce cas de voir plusieurs avortements se succéder si le traitement approprié n’en interrompt pas la série ; au fur et à mesure que la syphilis s’atténue, les foetus arrivent à une période plus avancée de la grossesse et succombent de plus en plus tardivement. Ils peuvent même naître vivants et ne succomber que dans les jours qui suivent l’accouchement et même continuer à vivre.

Ainsi, chez une femme syphilitique, on peut observer les différentes terminaisons suivantes de la grossesse :

1° Avortements (souvent à répétition);

2° Accouchements prématurés ;

3° Accouchements à terme. L’enfant peut présenter dès sa naissance des manifestations syphilitiques secondaires : s’il est traité énergiquement, il peut survivre; dans un certain nombre de cas, il succombe.

L’enfant peut ne pas présenter de signes extérieurs de syphilis héréditaire; mais il succombe un certain temps après l’accouchement, et la mort est généralement due à la syphilis viscérale.

Dans un certain nombre de cas, l’enfant naît vivant à terme, et ne présente aucune manifestation de syphilis. Ces cas sont tout à fait exceptionnels dans la syphilis non traitée ; ils ne s’observent guère que dans des syphilis très bénignes, de date très ancienne, Ils sont au contraire la règle dans les cas de syphilis traitée méthodiquement.

rutxis d’odstéthique.

PATHOLOGIE DE LA GROSSESSE

Une statistique de Fournier fait bien ressortir l’effrayante mortalité fœtale résultant de la syphilis maternelle ; sur 208 grossesses provenant de 100 femmes :

148 enfants sont morts ;

60 — - ont vécu.

Au bout de combien de temps la syphilis maternelle non traitée perd-elle son influence désastreuse sur le produit de conception? Rien n’est, plus variable : ce qui résulte de l’observation, c’est que cette influence diminue au fur et à mesure que la syphilis est de date plus ancienne.

R. La femme devient syphilitique en même temps qu'elle devient j enceinte. — L’avortement est assez fréquent; il est presque la règle, si ( la syphilis n’est pas traitée.

Le traitement, toujours nécessaire, peut empêcher le fœtus de naître syphilitique ou plutôt de présenter des manifestations spécifiques. Toutefois il ne faut pas oublier que dans ces cas, si la syphilis est grave, le traitement peut ne pas préserver le fœtus.

C. La syphilis est contractée au cours de la grossesse. — Il va do soi que plus la date à laquelle la femme contracte la syphilis est rap- i prochée du début de la grossesse, plus le fœtus a de chances d’être infecté : et de succomber ou de naître avec des manifestations syphilitiques.

Si, au contraire, la femme n’est contaminée que dans les 2 ou 5 der- I niers mois de la grossesse, le fœtus naît habituellement sain et ne présente (pie tardivement des manifestations spécifiques; dans la grande majorité des cas, même, l’enfant reste indemne, tandis (pie les fœtus qui seront t conçus ultérieurement seront atteints par le virus syphilitique.

La syphilis maternelle retentit donc d’une manière éclatante sur la marche de la grossesse et sur l’évolution du fœtus; nous verrons, à propos | de la pathologie du fœtus, les lésions que détermine chez lui la syphilis.

La statistique de Le Pileur est particulièrement instructive, puisqu’en i réunissant 150 femmes syphilitiques, dont les unes ont eu des enfants j avant et après la syphilis, dont les autres ont été contaminées avant toute i conception, on obtient la statistique suivante :

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