‹ Précis d'obstétrique (volume 2)Chapitre 237 sur 317 · DE LA GROSSESSE TRIPLE · texte numérisé non relu

DE LA GROSSESSE TRIPLE

arrière-faix se composaient 15 fois de 2 placentas et 8 fois seulement de 5 placentas distincts. Dans un cas observé par l’un de nous (fîg. 550) il y avait deux placentas. A la masse placentaire la plus volumineuse se trouvait annexé un cotylédon accessoire.

Quand il n’y a qu’un seul placenta, il peut n’exister qu’une seule poche sans cloison, ou au contraire une cloison comme dans certaines grossesses gémellaires, ou même deux cloisons, de sorte que chaque fœtus est logé dans un œuf distinct.

Avec deux placentas on trouve toujours au moins deux poches. Les deux placentas sont en pareil cas inégaux de volume. Un fœtus répond au petit placenta. Le placenta le plus volumineux est destiné aux deux autres fœtus ; ces derniers sont, comme pour la grossesse gémellaire, dans une loge unique ou dans une loge cloisonnée.

A trois placentas séparés répondent toujours trois œufs distincts.

Fœtus. — Les fœtus, rarement à terme, petits en général, sont le plus souvent de sexe différent. Le sexe mâle prédomine toujours. Ces deux propositions découlent des chiffres suivants donnés par Yeit.

1689 accouchements trigémellaires ont fourni :

921 enfants de sexe différent 768 enfants du même sexe.

Diagnostic- — Le palper et l’auscultation sont les deux seuls procédés d’exploration qui permettent, le premier surtout, de faire le diagnostic de grossesse triple.

Le développement considérable du ventre dès le cinquième mois, signalé par Dunal, l’œdème des membres inférieurs, l’œdème sus-pubien, conséquence des phénomènes de compression vasculaire, se rencontrent également dans la grossesse gémellaire, dans l’hydramnios. Ces phénomènes ne sont pas d’ailleurs constants.

Nous avons pu voir en 1887, à Lariboisière, dans le service de Pinard, une femme chez qui l’utérus ne présentait pas un volume qui pût attirer l’attention, ni surtout éveiller l’idée d’une grossesse triple. Par contre, l’un de nous a observé pendant son clinicat en 1881, à la clinique de la rue d’Assas, une femme enceinte de sept mois environ, et dont l’utérus avait acquis, grâce à l’hydropisie de l’amnios de deux des trois œufs, des proportions considérables. Le palper abdominal, souvent très difficile à

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\ 2 garçons, j 1 fille.

( 2 filles.

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896 GROSSESSES ET ACCOUCHEMENTS MULTIPLES

pratiquer à cause de la tension extrême des parois utérines et abdominales, est pourtant le meilleur moyen d'investigation.

Il a permis à Pinard de faire le diagnostic chez une femme entrée en 1875 à l'hôpital des Cliniques. Cette femme était arrivée au cinquième mois de la grossesse.

Malgré l’énorme tension des parois abdominales qui existait chez la femme observée en 1881 à la clinique, par Ribemont-Dessaignes, ce dernier put faire le diagnostic. Il trouva, en pratiquant le palper, une tête

Fig-. 550. — Dessin d’après nature représentant le délivre d’une grossesse triple : à la masse placentaire principale aboutissent deux cordons; un seul se rend à l’autre masse placentaire, it existe à la partie supérieure de la ligure un cotylédon accessoire.

au détroit supérieur, une autre tête au-dessus de la fosse iliaque gaucho, et une troisième tête près de la région xiphoïdienne. Le toucher pratiqué ensuite et combiné avec le palper confirma l’indépendance des deux extrémités fœtales perçues dans la région inférieure de l’abdomen. L’auscultation ne lui permit, non plus qu’à Depaul, d’entendre plus d’un foyer d’auscultation. Quelques jours après l’entrée de cette femme dans le service, l’accouchement eut lieu. 11 y avait trois œufs distincts. Le premier seul contenait une quantité modérée de liquide. Les deux autres étaient fortement hydropiques.

Par contre, la femme de Lariboisière était d’un palper facile. En quelques instants l’un de nous, invité par Pinard à procéder au palper, trouva sans peine trois régions donnant la sensation du ballottement céphalique.

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