‹ Précis d'obstétrique (volume 2)Chapitre 238 sur 317 · GROSSESSE QUADRUPLE · texte numérisé non relu

GROSSESSE QUADRUPLE

Inversement le palper pratiqué avec méthode empêche de porter à tort le diagnostic de grossesse triple. Pinard a eu, en 1892, dans son service, une femme chez laquelle le volume de l’utérus était considérable : après des examens multiples il affirma le diagnostic de grossesse double, mais élimina la grossesse triple tout en faisant remarquer qu’il y avait quelque chose d’anormal. Cette femme mourut subitement pendant l’accouchement après l’expulsion d’un premier fœtus; à l’autopsie, on trouva que le fond de l’utérus était occupé par un énorme fibrome ayant presque le volume d’un des deux jumeaux qui avait été expulsé.

L’auscultation a pu permettre à Rausset (de Bordeaux), et à Dunal (de Montpellier) de distinguer trois foyers d’auscultation, à pulsations non isochrones, et de diagnostiquer ainsi une grossesse triple.

Nægele fils a passé pour avoir fait lui aussi le diagnostic avec le stéthoscope ; mais il ne fit en réalité que le diagnostic de grossesse gémellaire, après l’expulsion d’un premier fœtus. Ce ne sera parfois qu’après l’accouchement d’un des enfants que l’on pourra, soit par le palper, soit par l’auscultation ou le toucher, reconnaître la présence de deux autres enfants. Dans quelques cas le troisième enfant n’a été reconnu qu’après la naissance des deux autres.

Les enfants trijumeaux naissent presque toujours avant terme (Puech). Il n’est cependant pas rare, disent Tarnier et Chantreuil, « de voir les trois enfants d’une grossesse triple naître viables et s’élever parfaitement; pour notre part nous connaissons, à Paris même, quatre exemples de ce genre ».

Quand un des fœtus succombe pendant la grossesse, il peut être expulsé au bout de peu de temps, tandis que la grossesse continue pour les deux autres ; ou bien il est expulsé seulement à terme en même temps que les enfants restés vivants.

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