ACCOUCHEMENT PROVOQUÉ
Lorsqu’il est manié avec prudence, c’est un instrument utile dans les cas où, la femme étant en travail, la dilatation reste stationnaire ; mais, avant de s’en servir, il faut réellement constater qu’il existe une anomalie dans la dilatation de l’orifice utérin.
Il va de soi que l’instrument ne doit jamais être appliqué lorsque l’orifice dilaté présente déjà un diamètre de 9 centimètres.
5° Perforation des membranes. — C’est un des procédés les plus simples qui a été d’abord employé par les premiers accoucheurs, tels que Macaulay, qui cherchèrent à provoquer l’accouchement.
Nombreux ont été les instruments inventés pour ponctionner les membranes alors que la femme n’est pas en travail : l’un des plus connus est la canule de Meissner à l’aide de laquelle on va perforer les membranes à la partie supérieure de l’œuf, de manière à éviter l’écoulement trop abondant du liquide amniotique.
Cet écoulement du liquide est un des multiples inconvénients de la perforation des membranes; si le travail tarde à se déclarer, l’œuf est ouvert et de plus la circulation fœto-placentaire se trouve plus ou moins gênée au cours du travail. Ce qui a fait abandonner presque complètement la perforation des membranes comme moyen de provocation de l’accouchement, c’est que souvent les contractions utérines tardent à paraître et qu’il faut alors recourir aux autres procédés : les conditions sont alors moins favorables qu’avant la rupture des membranes.
Pronostic de raccouchement prématuré. — Mère. — Le pronostic pour la mère est très favorable : Pinard a pu provoquer près de cent accouchements prématurés sans un seul décès ; Tarnier a donné à la société obstétricale de France (1893) une statistique non moins favorable. — Il faut ajouter que non seulement la vie de la femme n’est point exposée par l’accouchement prématuré, mais que, dans les cas autres que les rétrécissements du bassin, cette opération sauve les jours d’un certain nombre de femmes. L’essentiel est que l’opération soit faite avec toutes les précautions antiseptiques nécessaires.
Fœtus. — Le pronostic pour le fœtus est plus réservé; dans un certain nombre de cas, ceux où l’on provoque l’accouchement pour sauver la vie de la mère, le pronostic pour le fœtus varie essentiellement suivant l’époque de la grossesse à laquelle l’opération a été faite.
Une question très importante et posée à l’heure actuelle est celle du pronostic de l’accouchement provoqué pour les rétrécissements du bassin; les statistiques qui existent à l’heure actuelle ne peuvent qu’éclairer en partie la question; en effet, avant la rénovation de la symphyséotomie, lorsque l’accouchement était provoqué trop tardivement, on n’avait guère d’autre
OPÉRATIONS OBSTÉTRICALES.
ressource que labasiotripsie. Dans la crainte de cette opération on en était arrivé à provoquer l'accouchement à une époque trop éloignée du terme, ce qui avait le double inconvénient d'intervenir alors que les phénomènes de ramollissement du côté du col et du segment inférieur n’étaient pas suffisants, et d’exposer les enfants à naître trop prématurément.
Il est certain que la symphyséotomie a fait disparaître un grand nombre d’indications de l’accouchement provoqué dans les rétrécissements du bassin; la question est de savoir si, comme le veulent Pinard et Varnier, elle doit faire disparaître toute indication d’accouchement prématuré. Cette question ne sera résolue que le jour où seront publiées des statistiques intégrales des cas de rétrécissement du bassin avec les résultats complets de mortalité et de morbidité pour les mères et pour les fœtus.