APPLICATION DE FORCEPS SUR LA FACE
Application du forceps sur la face au détroit inférieur en mento-pubienne. — Les deux branches du forceps doivent être placées suivant le plan diamétral transverse : une cuiller directement à gauche, l’autre à droite, comme dans l’occipito-pubienne ; en raison de l’articulation de l’instrument, on introduit d’abord sur la main droite la cuiller gauche, dont le manche est tenu de la main gauche ; la branche droite est ensuite introduite, puis articulée avec la première; le dégagement se fait comme dans l’accouchement spontané (page 442).
Quant aux applications de forceps pour les positions obliques, que le
menton soit dans la partie gauche ou la partie droite du bassin, plus ou moins en avant ou en arrière, les règles sont absolument les mêmes au point de vue de l’introduction de la main, du choix, de l’introduction et du placement des cuillers que dans la présentation du sommet; il suffit de remplacer par la pensée Y occiput par le menton ; toutefois en raison même de la situation qu’occupent les cuillers du forceps sur la face, la prise est moins solide, ce qui expose l’instrument à déraper. Cet inconvénient est minime si une première prise ainsi faite a complété la déflexion delà tête; on fait alors une seconde prise plus régulière qui permet d’extraire le fœtus.
Nous devons, pour être complets, dire quelques mots de l’application du forceps sur le siège et sur la tête retenue dernière dans V excavation. Ce sont, à notre avis, deux opérations qui ne doivent être que peu
précis d’obstétrique 74
OPÉRATIONS OBSTÉTRICALES.
usitées, elles sont inférieures aux autres procédés employés, soit pour Y extraction du siège , soit pour Y extraction de la tête dernière.
Les accoucheurs qui appliquent le forceps sur le siège , l’emploient presque exclusivement sur la variété décomplétée, mode des fesses : ils cherchent à saisir entre les cuillers le diamètre bi-lrochantérien. Il suffit donc, pour savoir quelle branche doit être introduite la première, de connaître le diamètre du bassin qu’occupe ce diamètre fœtal. Le forceps ainsi appliqué dérape assez facilement; s’il ne dérape pas, la pression exercée sur le bassin du fœtus peut déterminer des lésions. Il est plus simple de saisir un pied avec la main, de l’abaisser et d’exercer sur lui des tractions.
L’application de forceps sur la tête dernière ne nous paraît guère plus rationnelle ; n’est-il pas plus simple et plus facile de recourir à la manœuvre de Mauriceau? Les auteurs qui usent du forceps en pareille occurrence appliquent les deux cuillers sur chaque côté de la face.
Levier. — Le levier a été inventé à peu près à la même époque que le forceps; il se composait d’une lame de fer, dont l’une des extrémités présentait une courbure destinée à s’appliquer sur la tête fœtale. La vulgarisation du forceps a nui beaucoup à celle du levier, qui était destiné à agir sur l’occiput, pour l’abaisser et à fléchir ainsi la tête. On peut se servir du levier de trois manières différentes : 1° comme un levier de premier genre dont la puissance est au manche, le point d’appui vers le milieu de la lame, sur la symphyse pubienne et la résistance vers l’extrémité au niveau de la tête fœtale; 2° comme un levier du second genre, la puissance se trouvant placée entre la résistance et le point d’appui, la puissance est exercée par la main au milieu de la branche, l’autre main sert de point d’appui à l’ime des extrémités au niveau du manche, la résistance se trouve placée sur la tète fœtale ; 5° on peut tirer sur le levier de manière à empêcher la pression d’ètre exagérée au niveau du pubis.
Nombreux ont été les modèles de leviers : l’un des meilleurs est celui de Hubert (de Louvain), dans lequel la traction se fait à l’aide de lacs passés dans les trous que présente la lame du levier. Quand on se sert de cet instrument, on peut le mettre d’emblée à la place qu’il doit occuper, ou bien, suivant le conseil de Tarnier, introduire le levier en arrière au niveau du ligament sacro-sciatique, et le ramener en avant par un mouvement de spire.
De ses recherches expérimentales sur cet instrument, Tarnier conclut qu’il n’y a guère lieu de s’en servir, que lorsque la tète est retenue audessus ou au niveau du détroit supérieur. En prenant son point d’appui derrière la face postérieure du pubis, le levier permet, jusqu’à un certrdn
DE LA SYMPHYSÉOTOMIE.
point, de faire fléchir cette tête et de la faire engager. Farabeuf et Yarnier sont arrivés à des conclusions presque analogues; d’après leurs expériences, en effet, il serait préférable pour faire descendre la bosse pariétale antérieure, d’appliquer sur les parties de la tête qui se trouve en avant, une cuiller de levier sur laquelle on tire à l’aide de lacs passés au niveau de la fenêtre de la cuiller.
Le levier est actuellement très peu usité ; aussi ne nous en occuperonsnous pas davantage.