‹ Précis d'obstétrique (volume 2)Chapitre 308 sur 317 · VI. DES PARALYSIES CHEZ LES NOUVEAU-NÉS · texte numérisé non relu

VI. DES PARALYSIES CHEZ LES NOUVEAU-NÉS

Elles sont nombreuses et de pronostic très variable1 : elles peuvent être : 1° d 'origine périphérique ; 2° d’ origine centrale on cérébrale. La paralysie spinale a pu être observée dans des cas extrêmement rares, où des tractions très énergiques, exercées sur les membres inférieurs du fœtus, avaient produit une déchirure transversale de la moelle.

1° Paralijsies périphériques : Ce sont celles qu’on observe le plus habituellement. Les nerfs les plus fréquemment atteints sont : le facial et les nerfs des membres supérieurs.

La paralysie faciale s’observe principalement à la suite d’une application de forceps; ce n’est point, comme l’a prétendu Kilian, par compression du cerveau, mais, comme l’a bien démontré Dubois, par compres sion du nerf facial, après son émergence du crâne, soit au niveau du trou stylo-mastoïdien, soit plus en avant, au-dessous de l’oreille, en pleine région parotidienne. La paralysie faciale s’observe encore par suite de la compression du nerf au niveau de l’angle sacro-vertébral, des ischions, du pubis, ou par une tumeur du bassin.

Yarnier a rapporté une observation dans laquelle la paralysie était due à la compression produite par l’inclinaison très accusée de la tête sur l’épaule.

La paralysie faciale peut être partielle et porter isolément sur la branche temporale ou cervicale du facial. Le pronostic de cette paralysie est généralement très favorable; elle disparaît ordinairement en quelques jours ; il suffit, lorsque l’œil reste découvert, de faire des lotions boriquées fréquentes. Dans certains cas, comme l’ont montré les recherches histologiques de Parrot et Troisier, la paralysie faciale ne guéiit pas, par suite des lésions de dégénérescence qui envahissent le nerf. Il faut alors recourir rapidement aux courants continus.

On peut observer, dans les mêmes conditions, la paralysie de la 3e paire, avec chute de la paupière.

La paralysie des nerfs du membre supérieur s’observe bien rarement dans les cas où, l’accouchement étant spontané, il existe seulement une compression par suite de l’exagération du diamètre bi-acromial. Le pluè habituellement, cette paralysie est consécutive à une intervention : c’est ainsi que, dans la présentation de l’extrémité céphalique, une cuiller de forceps, introduite trop profondément, vient comprimer directement, au

1 Consulter à ce sujet la thèse de Roulland (1887), sur les paralysies des nouveau-nés, et une leçon de Rudin sur les paralysies obstétricales du membre supérieur chez le nouveau-né.

PATHOLOGIE DU NOUVEAU-NÉ

niveau du cou, les nerfs du plexus brachial. Dans l’extraction du siège, les manœuvres destinées à abaisser le ou les bras défléchis, les tractions exercées sur les épaules pour faire descendre la tcte, produisent également cette paralysie. C’est grâce aux travaux de Duchenne de Boulogne (1872), d’Erb (1874), que l’on connaît bien ces paralysies qui intéressent surtout les muscles innervés par les filets des 5e et 6e paires cervicales (deltoïde, biceps, coraco-brachial, long supinateur) .

11 est rare qu’il y ait une paralysie intéressant tous les nerfs.

2° Les paralysies (V origine centrale sont beaucoup plus graves, en raison même de leur cause; ce qui caractérise l’hémiplégie faciale de cette origine, c’est l’intégrité de l’orbiculaire palpébral.

Les paralysies du membre supérieur, d’origine centrale, n’existent guère. Dans certains cas, on a constaté une hémiplégie complète, répondant à une hémorrhagie cérébrale produite au moment de l’accouchement et résultant de la compression du cordon. Ces paralysies, d’origine centrale, sont importantes à reconnaître, car le plus souvent les lésions qui 1rs ont causées sont mortelles.

Le traitement des paralysies obstétricales comporte 1 emploi de l’électricité et des moyens ordinaires (frictions stimulantes, massage, etc.).

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