‹ Précis d'obstétrique (volume 2)Chapitre 78 sur 317 · MODIFICATIONS GÉNÉRALES DE L’ORGANISME · texte numérisé non relu

MODIFICATIONS GÉNÉRALES DE L’ORGANISME

celui des globules blancs est de 4 000 à 10 000, alors qu’il est de 5 à 9 000 chez la femme non gravide.

Lï hémoglobine subit pendant la grossesse, une diminution constante (Max Miskemann, Nasse, Quinquaud); ce dernier auteur a constaté en outre une diminution du pouvoir respiratoire du sang et des matériaux solides du sérum.

V albumine est également diminuée : au lieu de la quantité moyenne de 70,5 sur 1 000 que contient le sang de la femme non gravide, Becquerel et Rodier n’ont trouvé que 66,1 chez la femme enceinte. Régnault donne les chiffres de 68,6 dans les sept premiers mois, de 66,4 dans les deux derniers.

La fibrine diminue pendant les premiers mois dans le sang de la femme enceinte; à partir du sixième mois elle augmente progressivement jusqu’à l’accouchement.

La moyenne physiologique de la fibrine étant de 5 sur 1000, elle descend à 2,5 pendant les six premiers mois, puis remonte à 4,5 pendant les trois derniers mois. Cette augmentation de la fibrine rend le sang plus coagulable et contribue à modérer l’hémorrhagie qui accompagne toujours la délivrance; bien que transitoire, elle persiste un certain temps après l’accouchement.

Le fer diminue un peu de quantité : il descend de 0,541 sur 1000

Les matières grasses, les substances phosphorées augmentent; il y a au contraire diminution des sels du sérum.

Cœur. — Le cœur s’hypertrophie pendant la grossesse : Larcher signala le premier en 1827 cette hypertrophie qui porte sur le ventricule gauche dont l’épaisseur des parois est augmentée d’un quart au moins. Le ventricule droit et les oreillettes conservent leur épaisseur normale. Ducrest, interne de Beau à la Maternité, confirma par ses recherches les résultats de Larcher; de même Blot montra par des pesées que le poids du cœur augmentait de plus d’un cinquième puisqu’il s’élevait en moyenne à 291 grammes au lieu du poids normal de 220 à 250 grammes. Peter admet que tout le cœur s’hypertrophie pendant la grossesse.

Cette hypertrophie totale ou partielle est-elle constante? Sans nier son existence, comme l’ont fait à l’étranger C. Gerhard, Friedreich, Niemeyer, Lohlein, on peut admettre que l’hypertrophie du ventricule gauche, bien que fréquente, peut manquer.

C’est à elle sans doute, en même temps qu’aux modifications subies par le sang qu’il faut attribuer le bruit de souffle signalé chez les femmes enceintes par Jacqucmier qui l’a trouvé une fois sur quatre. Ce souffle

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GROSSESSE OU GESTATION

présente des caractères assez variables; il est généralement assez faible, existe au premier temps ; parfois c’est un frôlement léger qui ne couvre pas complètement le bruit du cœur auquel il répond. 11 disparaît presque toujours après raccouchement.

Système artériel. C’est encore aux mêmes causes qu’il faut attribuer les modifications du pouls qui est « plus dur, plus développé et souvent plus fréquent qu’à l’état normal » (Tarnier et Chantreuil). L’augmentation de tension artérielle a été démontrée depuis longtemps par les tracés sphygmographiques pris par plusieurs observateurs : C. Paul pense (jue ces tracés indiquent plutôt les variations de la tension que la tension elle-même.

Cette étude du pouls pendant la grossesse a été reprise en 1886 par P. Longe : d’après cet auteur, le pouls est plus dur, moins dépressible, plus fréquent (86 pulsations par minute en moyenne). Les tracés sphygmographiques montrent que les indexions diverses qui existent dans les phases systolique et diastolique sont moins accusées ; le sommet plus ou moins aigu de la pulsation est remplacé par un plateau arrondi et légèrement descendant. Les caractères du pouls ne peuvent en aucun cas suffire à faire diagnostiquer la grossesse.

Système veineux. On observe des phénomènes de stase dans la circulation veineuse, surtout dans la partie sous-ombilicale du corps; c’est ainsi qu’on note la présence assez fréquente d’hémorrhoïdes, Pcedème et les varices des membres inférieurs, du vagin, de la vulve et même de la paroi abdominale.

Modifications de l’appareil respiratoire. — Elles sont mécaniques et chimiques.

L’utérus gravide, en s’élevant dans la cavité abdominale, amène des changements dans la forme et la capacité du thorax : les recherches de Kuchenmeister, Fabius et Dorbn ont montré que le diamètre antéropostérieur du thorax diminue et que le diamètre transverse augmente; de plus le refoulement en haut du diaphragme diminue le diamètre vertical. Ces modifications de la capacité de la cage thoracique expliquent la dyspnée que l’on observe assez fréquemment dans la grossesse ; cette gène respiratoire diminue ou disparaît dans les derniers jours de la grossesse, lorsque la tête s’engage plus avant dans l’excavation et que le fond de l’utérus s’abaisse.

Les recherches d’Andral et Gavarret ont montré que l’acide carbonique exhalé par les poumons augmente pendant la grossesse.

Modifications de l’appareil digestif. — Les modifications de la digestion et de la nutrition ont été divisées, au point de vue physiologique

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