PRÉFACE DE LA SIXIÈME ÉDITION
La nouvelle édition du Précis dobstétrique que nous publions aujourd’hui n’est pas une simple réimpression, plus ou moins modifiée, de l’édition précédente qui se trouve épuisée depuis plus d’un an. Malgré la légitime impatience de nos éditeurs , nous avons tenu à remanier cet ouvrage , autant que cela nous a paru indispensable, suivant sur certains points les conseils qui lions ont été donnés par plusieurs de nos lecteurs. Nous avons donc fait une révision complète du Précis en essayant de le mettre au courant des travaux récents sur l’obstétrique.
Pour rester dans le cadre que nous nous étions fixé en entreprenant cette œuvre didactique, il était nécessaire que le volume — déjà un peu trop fort — de cet ouvrage ne fût pas augmenté. En 1897 , dans la préface de la troisième édition, nous écrivions ; « ... Nous nous demandons s’il ne serait pas préférable — pour que ce Précis restât un livre pratique d’ enseignement obstétrical — de supprimer toute la partie qui a trait a l’anatomie des organes f, génitaux . La place, gagnée par cette suppression, serait avantageusement utilisée pour donner plus de développement à certains chapitres. » C’est ce que nous venons de faire en retranchant délibérément la presque totalité des notions anatomo-physiologiques concernant l’appareil génital de la femme. Nous n’avions conservé ces détails dans les éditions précédentes que parce qu’ils péîivaient être consultés avec fruit i ojar les élèves sages-femmes qui n’avaient pas de livre d’anatomie entre les mains. Depuis plus d’un an cette lacune est doublement comblée par le Manuel d’anatomie, de physiologie et de pathologie élémentaires du Dr Gourdet (de Nantes) et par le Précis élémentaire d’anatomie, de physiologie et de pathologie qu’a
PRÉFACE
publié , sur nos conseils , notre élève et ami , le Dv P. Rudaux , avec 7ou£e 7a compétence que lui donnaient quatre années d’ enseignement fait par lui , comme chef de clinique , aux élèves sages-femmes de la Maternité de B eau j on.
C’est dans le même but de gagner de la place que nous avons procédé à une révision soigneuse des figures , supprimant toutes celles qui ne nous paraissaient pas indispensables (comme, par exemple, Y instrument de Schœller, dont personne ne se sert plus pour la réduction de la procidence du cordon), réduisant les dimensions de nombreuses figures qui étaient trop encombrantes . — Dans le même but également, nous avons mis en note, en petits caractères, au bas des pages, une partie du texte qu’il n’est pas indispensable à Y étudiant de connaître et qui peut cependant intéresser le praticien soucieux des choses de l’art obstétrical . — Enfin nous avons réduit certains chapitres, tels que ceux de la symphyséotomie, de Yischio-pubiotomie, etc., auxquels , entraînés par un intérêt d’actualité, nous avions antérieurement octroyé un trop large développement.
Ces suppressions et ces modifications de texte et d’illustrations nous ont permis : i° d’ajouter un certain nombre de figures reproduisant des dessins d’après nature ou des photographies recueillies dans nos services hospitaliers ; 2 0 de développer certaines questions de pratique (telles que celles des complications et hémorragies de la délivrance, des infections puerpérales , des ruptures de l’utérus, de Y ophtalmie purulente des nouveau-nés, etc.) et de mettre au point la plupart des questions importantes ; 3 0 de traiter des sujets nouveaux, tels que Y application de la radiographie à Y obstétrique. Suivant le désir qui nous a été exprimé à diverses reprises par les étudiants et par les praticiens, nous avons ajouté à la pathologie médicale du nouveau-né des notions sommaires sur la pathologie chirurgicale de l’enfant qui vient de. naître. Il importe, en effet, à l’accoucheur, d’avoir des notions précises sur les principales malformations ou anomalies, compatibles ou non avec Y existence, que peut présenter le nouveau-né. Ces données élémentaires ne pourront qu’ encourager le médecin à consulter pour plus amples détails des traités spéciaux comme celui du P1' Kirmisson sur les Maladies chirurgicales d’origine congénitale.
Il est d’autres questions, peut-être plus importantes, qui doivent trouver place à Y avenir dans un traité d’ accouchements : ce sont les
PRÉFACE
notions nouvelles sur F hérédité , sur F importante question de la puériculture, sur laquelle , depuis plusieurs années, le professeur Pinard appelle F attention, non seulement des médecins, mais de tous ceux qui s'intéressent au perfectionnement physique et moral de l'individu et de l'espèce. Si la faveur du public médical nous reste constante et nous oblige a mettre bientôt une nouvelle édition sur le chantier, nous y traiterons ces questions nouvelles.
Nous avons plaisir à remercier ici plusieurs de nos élèves qui ont bien voulu devenir nos bénévoles collaborateurs, en nous signalant des omissions , des passages peu compréhensibles, voire même des erreurs , et en nous aidant pour la rédaction ou la transformation de divers chapitres. Merci donc a notre collègue des , hôpitaux, le Dr P. Rudaiix, à nos élèves et amis, le Dv Grosse, chef de clinique, le Dr Moucbotte, ancien interne des hôpitaux, et Le Lorier, interne des hôpitaux. — Nous remercions également M. Lima qui a mis a notre disposition son talent de photographe pour plusieurs des figures nouvelles, et qui nous a aidés pour la correction des épreuves.
Est-il nécessaire de répéter qu'il est toujours agréable d'avoir pour éditeurs MM. Masson et Cie, qui, sans compter, se sont appliqués avec nous à améliorer l'iconographie du Précis en faisant faire les nombreux clichés de nouvelles figures ou de figures remaniées ? Comme nous, ils ont voulu que cette nouvelle édition pût contribuer au perfectionnement de F enseignement de F obstétrique.
Paris, le 51 octobre 1905.
A. Ribemoat-Dessaignes.
G. Lepage.