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PRÉFACE DE LA PREMIÈRE ÉDITION

L’enseignement de l’Obstétrique en France a, depuis quelques années, pris un développement remarquable,

La création des services d’accouchements dans plusieurs des hôpitaux de Paris, la transformation à la Faculté de la chaire théorique d’accouchements en chaire- de clinique, l’obligation d’un stage imposée à tous les candidats au doctorat, ont multiplié les moyens d’étude au grand profit des étudiants.

Les ouvrages destinés à leur instruction théorique ne manquent pas et au premier abord il semble qu’il n’était pas besoin d’un livre nouveau. Cependant, si l’on songe que les élèves ne peuvent ou ne veulent consacrer qu’un temps assez court à l’étude de cette branche de la médecine, on est obligé de reconnaître qu’ils n’ont le choix qu’entre des Traités fort complets, mais volumineux, et de simples Manuels.

C’est malheureusement à la lecture des Manuels que se bornent la plupart des étudiants.

Le professeur Tarnier, à qui l’Obstétrique française est redevable de tant de progrès, nous a lui-même engagés, il y a quelques années, à écrire un livre d’enseignement quî-Tût plus qu’un Manuel et moins qu’un Traité.

Nous nous sommes mis à l’œuvre avec la préoccupation constante de refléter l’inoubliable enseignement que nous avions reçu de lui, avec le souci d’être pour les étudiants et pour les praticiensun guide utile. À cet effet, nous avons fait de fréquents emprunts au Traité de T Art des Accouchements publié par lui avec la collaboration de MM. Chantreuil et Budin.

PREFACE

Notre Précis reproduit également dans ses grandes lignes 1 enseignement du professeur À. Pinard : l’un de nous, depuis longtemps son élève, a l’honneur d’étre actuellement son chef de clinique.

Depuis une vingtaine d’années la science obstétricale s est transformée. 11 suffit, pour se faire une idée du chemin parcouru, des progrès accomplis, de lire l’Histoire de l’Obstétricie moderne dont le professeur F. -J. Herrgott a fait suivre, sous le titre modeste à’ Appendice, la traduction qu’il vient de donner de V Essai d'une Histoire de VObstétricie par Ed. Gasp. Jac. de Siehold.

Parmi les conquêtes modernes, l’antisepsie tient le premier rang.

Son application à l’Obstétrique a eu les plus heureux résultats. Grâce à elle, le pronostic des accouchements naturels, aussi bien que celui des opérations, est devenu presque constamment favorable.

L’intervention de l'accoucheur pendant la grossesse a pris une importance autrefois ignorée. Le palper abdominal, bien pratiqué, permet de reconnaître à temps, pour y porter le plus souvent remède, les présentations vicieuses du fœtus. Le traitement de l’albuminurie gravidique par le régime lacté exclusif rena intiniment rares les accidents éclamptiques.

Bon nombre d’enfants nés avant terme, et qu’il était autrefois difficile de faire vivre, sont aujourd’hui sauvés par l’emploi de la couveuse et du gavage.

L’arsenal obstétrical s’est enrichi de plusieurs instruments nouveaux, parmi lesquels nous citerons au premier rang le forceps et le basiotribe du professeur Tarnier. Enfin une opération nouvelle, l’ischio-pubiotomie, est venue prendre place à côté de la symphyséotomie renaissante.

Les Ecoles et les Facultés de province ne se sont pas désintéressées de ce mouvement scientifique : dans chacune d’elles, l’Obstétrique compte des champions qui tiennent haut et ferme son drapeau.

Grâce au travail de tous, l’Art des accouchements tend de plus en plus à devenir une science exacte. L’expérimentation vient

PRÉFACE

corroborer et compléter l’observation clinique; l’anatomie obstétricale est revisée d’après la méthode des coupes pratiquées sur des cadavres congelés; les rapports du fœtus sont de la sorte précisés; le mécanisme de l’accouchement est étudié avec une rigueur fertile en déductions pratiques!

Nous avons cherché, dans ce Précis , à faire profiter les étudiants et les médecins des progrès les plus récents accomplis en Obstétrique.

L’ouvrage se divise naturellement en deux livres : le premier comprend cinq parties. La première est consacrée à des considérations sur l’anatomie et la physiologie de l’appareil génital de la femme. La seconde se rapporte à la grossesse. Nous avons pensé que l’étude de l’antisepsie obstétricale, en raison de son importance, devait précéder celle de l’accouchement. Elle est exposée en détail dans la troisième partie.

La quatrième comprend l’étude de 1 accouchement et des suites de couches normales; la cinquième, celle des soins à donner aux nouveau-nés.

Le second livre comprend la pathologie de la grossesse, l’étude de l’avortement et de l’accouchement prématuré spontanés, celle de la grossesse extra-utérine, l’histoire des grossesses multiples. Puis viennent la dystocie maternelle et la dystocie fœtale, la description des opérations obstétricales et l’étude des suites de couches pathologiques.

La partie iconographique de ce Précis est également l’œuvre des auteurs. L’un d’eux en effet a dessiné toutes les figures qui illustrent le texte, exception faite de celles qui représentent les instruments employés en Obstétrique, et dont les cliçhés nous ont été gracieusement prêtés par les fabricants.

Nous avons reproduit ou imité quelques-unes des figures magistrales contenues dans Y Introduction à I Étude clinique et à la Pratique des Accouchements , de MM. Farabeuf et Varnier. Nous les remercions bien cordialement de nous y avoir autorisés. Toutes les autres figures sont originales, un grand nombre d’entre elles ont été dessinées d’après nature ou d’après des photographies, ce qui en assure l’exactitude.

PRÉFACE

Les figures schématiques ont été simplifiées et rendues aussi claires que possible.

Nous remercions notre éditeur, M. Georges Masson, de nous avoir laissés libres de multiplier à notre gré le nombre des figures tout en leur donnant les dimensions nécessaires, et de n’avoir reculé devant aucun sacrifice pour que ce Précis répondît à notre désir : être utiles aux étudiants.

A ceux-ci de dire si nous avons réussi .

Paris, le 1er juin 1895.

À. Ribemont-Dessaignes.

G. Lepage.

TABLE ANALYTIQUE

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