PROGRESSION DU SPERMATOZOÏDE
Le flagellum est un organe de locomotion. Grâce à lui le spermatozoïde parcourt dans un milieu approprié t2mm,5, en une minute.
Nous connaissons les deux cellules dont la réunion dans les organes génitaux de la femme est nécessaire à l’acte de la fécondation. Voyons maintenant comment le spermatozoïde et l’ovule cheminent l’un vers l’autre, quels phénomènes de maturation ils subissent avant de se rencontrer, en quel endroit se fait leur rencontre, et quels sont les phénomènes qui en résultent.
Progression du spermatozoïde. — Nombre d’opinions ont été émises pour expliquer cette ascension du spermatozoïde qui, déposé dans le vagin ou au niveau du col, pénètre dans les parties profondes des organes génitaux internes.
A. Les anciens auteurs admettaient (pic le sperme était en quelque sorte aspiré par l’utérus qui, au moment du coït, s’entr’ouvrirait et formerait ventouse.
B. C’est une théorie un peu analogue que celle de la capillarité émise par Coste, acceptée par Liégeois et d’autres auteurs : le sperme monterait entre les deux surfaces internes des. organes génitaux appliquées l’une contre l’autre comme l’eau entre deux plaques de verre suffisamment en contact.
Cette théorie n’est guère défendable puisque ce n’est point du sperme eu nature, mais que ce sont seulement des spermatozoïdes que l’on trouve dans la trompe. Si la capillarité était réellement et seule en jeu, tout le liquide séminal devrait ainsi pénétrer dans la profondeur.
C. \j action des cils vibratilcs de la muqueuse utérine et de la muqueuse lubaire a été invoquée; mais on a fait remarquer avec raison que les cils vibratiles, s’inclinant de la trompe vers l’utérus, facilitent la migration de l’ovule vers l’utérus, mais créent plutôt un obstacle à la progression du spermatozoïde.
D. La migration du spermatozoïde est surtout due aux mouvements propres dont il est animé; c’est à l'aide des mouvements de la queue qu’il progresse, et qu’il peut cheminer non seulement dans l’utérus, la trompe, l’ovaire, mais même à la surface du péritoine.
Migration de l’ovule. — D’après Rouget, au moment de la ponte, le pavillon de la trompe se trouverait entraîné sur l’ovaire et s’appliquerait sur lui de manière à recueillir l’ovule qui, déposé ainsi dans la trompe, progresserait ensuite à l’aide des cils vibratiles.
Cette adaptation de la trompe n’est guère acceptée aujourd’hui : il est plus légitime d’admettre qu’il y a au pourtour de l’endroit où se fait la ponte un épithélium à cils vibratiles qui recueille l’ovule et le transporte jusqu’au niveau du pavillon. Il parait certain, d’après les recherches expérimentales de Bruzzi, qu’un ovule issu d’un ovaire peut pénétrer dans la trompe du côté opposé.
Maturation de Lovule et du spermatozoïde. — Mais l’ovule, tel que nous l’avons décrit, n’est point apte à être fécondé. 11 n’est pas encore mûr. En quoi consiste la maturation de l’ovule? Dans l’élimination des trois quarts de la chromatine du noyau?