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ACIDE BORIQUE

La microcidine est soluble dans trois fois son poids d’eau : ses solutions, onctueuses au toucher, sont fortement alcalines et ne coagulent pas l’albumine.

D’après Tarnier et L ignai la microcidine à 4 pour 1000 est un antiseptique puissant ; Tarnier employait une solution à 4 grammes par litre, obtenue en dédoublant la solution à 8 grammes par litre préparée chaque jour à la pharmacie du service. Il l’a employée pour les injections vaginales et intrautérines; chez les accouchées, il a obtenu avec elle des résultats aussi satisfaisants qu’avec le bichlorure de mercure.

D’après Tarnier la solution ainsi préparée par voie humide n’a pas les inconvénients de la microcidine vendue dans le commerce, qui se dissout mal et donne lieu à des sensations de brûlure pénibles pour les femmes.

Acide borique. — C’est un antiseptique de très faible valeur, à peine supérieur à l’eau bouillie et qui est cependant très employé dans la pratique obstétricale : il est d’un maniement facile, sans odeur, n’est nullement toxique, et coûte bon marché.

Tarnier s’est élevé avec raison contre l’abus que l’on fait de I acide borique, parce qu’il donne une sécurité trompeuse; les expériences de laboratoire ont montré combien l’acide borique est peu puissant pour empêcher le développement du streptocoque.

L’acide borique est constitué par des lamelles blanchâtres d’aspect nacré, brillant, d’un goût légèrement acide; il est peu soluble dans l’eau à la température ordinaire, mais se dissout plus facilement dans l’eau bouillante : c’est toujours cette solution saturée d’acide borique qu’il faut recommander, dans laquelle l’acide borique en excès se cristallise par refroidissement.

L’acide borique est utilisé en injections chez les accouchées fortement albuminuriques, dans le traitement post-opératoire des grossesses extrautérines (Tarnier), dans l’irrigation continue (Pinard et Varnier), etc.

On se sert également d’une solution à 20 grammes pour un litre en injections vésicales dans le traitement de la cystite des accouchées (Guyon).

Pinard en recommande l’emploi pour le pansement des gerçures du mamelon comme traitement prophylactique des lymphangites du sein.

C’est un antiseptique utile pour les nouveau-nés en raison de son faible pouvoir toxique : il sert pour le lavage des yeux, pour le pansement de la plaie ombilicale.

Naphtol. — Le naphtol est également un antiseptique peu énergique, qui ne doit être employé en obstétrique que comme pis aller, dans les cas

son poids de soude caustique : le liquide entre en ébullition, et de noirâtre sa couleur devient jaunâtre. Par refroidissement on obtient une substance blanchâtre : c’est la microcidine.

Grimbert le prépare d’une manière un peu différente : il ajoute, à une lessive de soude au tiers, du naphtol [3 dans la proportion de deux parties de naphtol pour une partie de soude caustique; puis il fait bouillir le mélange pendant un quart d’heure environ jusqu’à ce que la dissolution de naphtol soit parfaite et constitue un liquide incolore. Ce liquide contient une quantité de microcicline égale à la somme des poids du naphtol et de la soude caustique qui ont servi à la préparation.

NAPHTOL.

particuliers où l’on ne tient pas à une antisepsie rigoureuse et où l’on redoute surtout les effets toxiques d’un antiseptique puissant.

C’est un phénol qui dérive de la naphtaline; on se sert de deux naphtols, le naphtol a et le naphtol (3, qui diffèrent peu l’un de l’autre; le premier serait cependant plus antiseptique et moins toxique que le second.

Le naphtol (3 est le plus employé : il est formé de cristaux brillants, sans couleur et sans odeur; peu soluble dans l’eau (20 centigrammes par litre), il est au contraire très soluble dans l’alcool, l’éther, la glycérine, etc. C’est ainsi qu’on peut faire dissoudre 40 centigrammes de naphtol dans un litre d’eau en additionnant celle-ci de 1 0 grammes d’alcool ; il s’en dissout 1 gramme si l’on met 50 grammes d’alcool par litre.

Pinard qui, sur les conseils de Bouchard, s’est servi le premier du naphtol (3, emploie une solution aqueuse saturée»; en ville il prescrit une solution mère dont voici la formule :

Alcuol 500 grammes.

Naphtol [à . . . 25 —

Deux cuillerées à café par litre d’eau bouillie.

Cette solution a l’inconvénient d’être un peu irritante ou tout au moins de causer les premières fois où l’on s’en sert une sensation de cuisson.

Budin s’est servi du naphtol a en solution pour le lavage des yeux des nouveau-nés atteints d’ophtalmie.

Les recherches cliniques et expérimentales de Tarnier lui ont montré que le naphtol était un antiseptique trop faible : c’est tout au plus un mauvais bouillon de culture pour les microbes.

On peut donner le naphtol aux femmes chez lesquelles on désire faire l’antisepsie de l’intestin; on le prescrit sous forme de benzonaphtol à la dose de 1 à 2 grammes par jour.

Eau oxygénée. — Veau oxygénée ou bioxyde d’hydrogène (H'O2), connue depuis Thénard (1818), résulte de l’action d’acides énergiques sur le bioxyde de baryum ; Thénard faisait agir à basse température l’acide chlorhydrique sur le bioxyde; c’est le moyen d’obtenir de l’eau oxygénée aussi pure que possible. Dans le commerce, on prépare l’eau oxygénée en faisant attaquer le bioxyde de baryum par des acides tels que les acides sulfurique, phosphorique, fluorhydrique, etc. ; l’eau oxygénée ainsi préparée est très acide et contient des impuretés.

L’eau oxygénée a pour propriétés, lorsqu’elle est mise en contact avec les tissus organiques, de leur céder de l’oxygène et de se décomposer en eau et en oxygène libre. Elle est employée depuis plusieurs années pour le pansement des plaies, surtout depuis le travail de Baldy (1883) et la communication de L.-Championnière à l’Académie de médecine (6 décembre 1898). L’eau oxygénée officinale est une. eau oxygénée au dixième, c’est-à-dire qu’elle contient seulement dix fois son volume d’oxygène. Ses principales propriétés sont d’être hémostatique, antiseptique et antiputride. P. Petit, Bonnaire, Boissard, etc., l’ont employée en injection intra-utérine pour combattre les accidents septiques pendant les suites de couches et princifrécis d’obstétrique. 12

IQDOFORME.

paiement après l’avortement; c’est surtout clans les infections dues à des microbes anaérobies (bacillus perfringens, micrococcus fetidus, etc.) cpie l’emploi de l’eau oxygénée serait utile. Elle donnerait également de bons résultats dans le pansement des eschares qu’on observe au niveau de la vulve et du vagin. On ne peut faire chauffer l’eau oxygénée au delà de 45° sans amener sa décomposition. L’un des accidents à redouter serait la production d'embolie gazeuse; c’est pourquoi Bonnaire ne l’emploie qu’à partir du quatrième jour après l’accouchement. Il importe en tout cas de n’employer que de F eau oxygénée pure.

L’usage de l’eau oxygénée en lavages n’est guère logique; il est préférable, connue le conseille L.-Cbampionnière, de se servir de tampons d’ouate imbibés d’eau oxygénée que l’on introduit dans la cavité utérine, et qu’on laisse en contact pendant quelques minutes.

Hydrate de chloral. — Le chloral est un corps cristallisé, assez volatil, d’odeur pénétrante, et qui se dissout très bien dans l’eau (hydrate de chloral).

La puissance antiseptique des solutions de chloral est limitée; car la solution à 1 pour 100 peut seule être employée en injections vaginales; en effet, à 2 pour 100 elle est un peu caustique et cause une certaine cuisson.

On s’en sert peu en injections chez les femmes enceintes : elle serait utile, d’après Pinard, contre la leucorrhée des femmes enceintes et en particulier contre la vaginite granuleuse ou blennorragique et contre les végétations vulvaires.

Nitrate d'argent. — Le nitrate d'argent est employé depuis longtemps dans le traitement prophylactique et curatif de l’ophtalmie purulente des nouveau-nés (voy. chap. Ophtalmie des nouveau-nés ); c’est un antiseptique des plus énergiques.

Son usage est restreint en obstétrique : il a le double inconvénient d’ètre caustique et de tacher le linge.

Quelques accoucheurs l’emploient en solutions pour badigeonnages contre les végétations des femmes enceintes.

Iodoforme. — C’est un corps solide, formé de cristaux nacrés, d’un jaune de soufre et d’une odeur forte et persistante, souvent mal tolérée par les femmes; on peut la masquer jusqu’à un certain point en y ajoutant des essences (essence de menthe, de citron, de rose, de néroli).

Insoluble dans l’eau, il est très soluble dans l’alcool, l’éther, les huiles grasses et les huiles essentielles.

Il a été employé par différents chirurgiens, en particulier par Dernarquay, mais il a été surtout remis en honneur en 1880 par Mosetig-Morhoff et par Mickulicz.

Le mode d’action de l’iodoforme comme antiseptique est encore à l’étude ; il existe en effet une certaine contradiction entre les excellents résultats que donne l’iodoforme pour panser les plaies, vulvaires ou autres, et les expériences de laboratoire (l). (*)

(*) Dès 1887. Heyn cl Roosing ont montré que la présence diodoforme sur les plaques de gela-

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