IODOFORME
Mann, un des premiers, Y a appliqué en poudre sur les plaies produites pendant raccouchement au niveau de la vulve ou de la muqueuse vaginale ; il en a obtenu de bons résultats dans les cas où les plaies s’accompagnent d’œdème des grandes lèvres.
Actuellement quelques accoucheurs se servent de la poudre d’iodoforme pour les plaies vulvaires, périnéales et vaginales, qu’elles soient ou non affrontées par des sutures : il importe de ne pas projeter une trop grande quantité de poudre, car les chances d’intoxication sont accrues sans que pour cela l’antisepsie soit plus parfaite.
Le coton, la gaze iodoformée (*) servent encore pour les divers pansements de la zone génitale, en particulier pour pratiquer le tamponnement du vagin ou de l’utérus.
Tarnier conseillait, dans le cas d’avortement avec rétention placentaire, défaire un tamponnement iodoformé dans l’intervalle des injections vaginales; il s’en servait aussi pour désinfecter le vagin et ses culs-de-sac pendant les quelques jours qui précèdent l’accouchement prématuré artificiel.
L’iodoforme peut empêcher l’infection, mais ne peut guère la combattre. Il est très utile pour les pansements, surtout pour les pansements vaginaux, qui doivent rester en place pendant quelques jours.
Ses deux grands inconvénients sont : 1° la mauvaise odeur; 2° les. phénomènes d’empoisonnement qu’il peut produire et qui ont été bien étudiés par Kônig, Le Dentu, Berger, Brun ; ces accidents peuvent être légers ou graves.
A. Empoisonnement léger. — Il se traduit d’abord par des troubles gastriques (diminution d’appétit, langue saburrale, nausées, vomissements, etc.), qui en constituent quelquefois les seuls symptômes.
En outre, la femme se plaint d’un goût d’iodoforme dans la bouche, goût qui persiste même pendant les repas ; il devient surtout marqué quand on
fine n’empêchait pas le développement des colonies de divers microbes (staphylocoque doré, pneumocoque, etc.) ; les mêmes auteurs ont constaté qu’un tampon de gaze iodoformée, introduit dans le vagin d’une femme saine, était, lorsqu’on le retirait, tout pénétré de microbes. Stehégolelf ( Arch . de méd. expér., novembre 1894) a repris ces expériences sur le mode d’action de l’iodoforme qui, dans les cultures, n’altère pas la vitalité des staphylocoques dorés et modifie pourtant leurs propriétés pathogènes ; cet expérimentateur pense que, sous l’influence de l'iodoforme, les toxines du staphylocoque se transforment en combinaisons iodées non toxiques. On comprendrait ainsi comment l’iodoforme appliqué sur une plaie empêche la suppuration et l’infection sans cependant tuer les microbes pyogènes. Saltikoff a également constaté' que l’iodoforme ralentit d’une manière différente la prolifération de plusieurs espèces pathogènes, mais qu’il diminue leur virulence.
(1) Pozzi ( Traité de gynécologie, p. 12, 5e édit.) fait remarquer que la gaze iodoformée que l’on trouve dans le commerce n’est pas toujours bien préparée : il conseille, dans un grand service d’hôpital, de la faire fabriquer par une personne de confiance. On l’obtient en prenant une pièce de 10 mètres de gaze hydrophile ou sans apprêt (stérilisée à l’avance par l’ébullition ou mieux par le passage à l’autoclave à une température de 120 degrés), découpée en morceaux de 1 mètre : on l’imprègne de la solution suivante :
Iodoformé 50 grammes.
Glycérine 100 —
Éther 700 —
Cette gaze est exprimée par le passage au laminoir, puis suspendue en l’air pour y sécher dans une pièce isolée, obscure, et chauffée à 30 degrés. Elle est ensuite conservée dans des boîtes de fer-blanc bien fermées.