‹ Précis d'obstétriqueChapitre 107 sur 692 · IODOFORME · texte numérisé non relu

IODOFORME

se sert de fourchettes ou de cuillers d’argent. Il suffit même de tenir à la main l’un de ces objets pour qu’il se dégage dans la bouche une odeur alliacée des plus désagréables. C’est ce que Poncet (de Lyon) appelle le signe de F argent \ il l’explique par la production d’iodure d’argent avec formation d’acétylène, dont Codeur est désagréable et pénétrante.

Outre les troubles digestifs, il existe des phénomènes nerveux : insomnie, agitation, délire nocturne plus ou moins intense, qui diminue ou disparait vers le matin. Quelquefois, pendant la journée, la femme reste dans un état d’apathie, de mélancolie assez inquiétant. La guérison cependant survient toujours dans ces formes légères où l’on observe encore des éruptions polymorphes, qui peuvent être locales (érythèmes papuleux, vésiculeux, etc.), ou bien généralisées et ressembler à des éruptions de rougeole ou de scarlatine.

La température reste habituellement normale et contraste ainsi avec le pouls, qui est fréquent et petit. Les plaies n’en continuent pas moins à se cicatriser.

B. Dans Y intoxication iodofovmique grave , on observe les mêmes symptômes que dans l’intoxication légère, mais avec une intensité plus grande : l’anorexie est complète; l’état saburral de la langue est très marqué. 11 se produit en outre des vomissements.

La femme présente, surtout la nuit, un délire très accusé qui revêt certains caractères du délire de persécution; elle crie, veut se lever, puis tombe bientôt dans un état d’abattement, de prostration marquée.

Le pouls monte à 150, 140 pulsations par minute et finit par devenir incomptable.

Il y a parfois de l’albumine dans les urines.

Ces phénomènes successifs d’excitation et de dépression, après avoir duré pendant un certain temps, s’amendent ou s’aggravent. La mort a été quelquefois observée sans qu’on ait trouvé à l’autopsie de lésions caractéristiques. Généralement les accidents cessent lorsqu’on supprime l’iodoforme; en vue d’éviter ces accidents, il est bon de ne pas employer une trop grande quantité de poudre d’iodoforme, surtout lorsqu’il existe des plaies anfractueuses au niveau desquelles l’absorption se fait facilement.

Salol. — C’est pour éviter ces phénomènes d’intoxication qu’on remplace l’iodoforme, surtout chez certaines femmes nerveuses, par une autre poudre, le salol (ou salicylate de phényle) : c’est une poudre cristalline blanche, d’une odeur aromatique peu marquée ; elle est insipide, non soluble dans l’eau ; elle se décompose dans l’économie en phénol et en acide salicylique.

Le salol est moins antiseptique que l’iodoforme : on s’en sert cependant avec avantage soit en poudre, soit incorporée à de la gaze.

Aniodol. — C’est un antiseptique préconisé depuis quelques années par différents accoucheurs, Queirel Q), PinardQ), etc., et qui semble donner de bons résultats pour la désinfection des mains, dans les cas de lochies

1 Qüeirel, Congrès d'obst. de gyn. et de pédiatrie de Marseille, oct. 1808.

(1 2) Pinard, Soc. de méd. publ. et d'hyg. professionnelle , 18 février 1000.

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