SUTURES
(sagitta, flèche), appelée encore grande suture ou suture antéro-postérieure. Elle est formée de deux parties distinctes qui sont d’avant en arrière : la suture frontale, medio- frontale, comprise entre le bord interne des deux frontaux, et la suture inter -pariétale à laquelle certains auteurs réservent le nom de suture sagittale.
2° Latéralement : la suture fronto-pariétale ou coronale située entre le bord postéro-supérieur des frontaux et le bord antérieur des pariétaux : elle croise la suture sagittale sur la ligne médiane et aboutit de chaque côté à l’écaille des temporaux.
3° La suture occipito-pariétale siège à la partie postérieure de la voûte du crâne, à l’union du bord postérieur des pariétaux avec la portion écailleuse de l’occipital : elle est formée (fig. 141, L) de deux lignes membraneuses se dirigeant de bas en haut, d’arrière en avant, de dehors en dedans, et venant se rejoindre sur la ligne médiane à la partie postérieure de la suture sagittale.
Cette suture est communément appelée suture lambdoïde parce qu’elle a l’aspect d’un \, dont les deux petites branches seraient formées par les espaces compris entre l’occipital et le pariétal et dont la grande branche serait formée par la partie postérieure de la suture sagittale.
4° La suture temporale, difficile à apprécier sur la tête recouverte de ses parties molles, se trouve à la réunion de la portion écailleuse du temporal avec l’occipital, le pariétal et le frontal.
La largeur des sutures est variable : tantôt elles sont étroites, linéaires, ayant à peine un millimètre de largeur; on les observe ainsi sur les têtes de fœtus à terme et volumineux; tantôt les os sont suffisamment écartés l’un de l’autre pour qu’on puisse insinuer en partie le petit doigt entre leurs bords; ainsi les sutures larges de 2, 3, 4 et même 5 millimètres existent chez les fœtus qui naissent prématurément ou chez ceux dont la tête est peu ossifiée.
Dans d’autres cas, et surtout au cours du travail, sous l’influence du rapprochement des os, il n’y a plus d’espace entre eux : la suture est seulement représentée par une ligne ou mieux par le bord saillant d’un des pariétaux surplombant l’autre pariétal (fig. 220).
Fontanelles. — Au niveau de leur entre-croisement, les sutures présentent une largeur un peu plus grande :
elles prennent à ce niveau le nom de fontanelles.
Les fontanelles principales sont :
1° la fontanelle antérieure ou bregmatique (de Spsypa, crasse) ou grande fontanelle (fig. 141, Br) qui siège à la rencontre de la suture sagittale et de la suture fronto-pariétale. C’est la plus grande des fontanelles; elle çst
PP, paviétaïu. — O, occipital. — L, fontanelle postérieure. — S, suture sagittale.
FONTANELLES.
de forme losangique; ses deux bords antérieurs plus longs sont formés par les frontaux; les bords postérieurs, moins étendus, appartiennent aux pariétaux.
Aux angles antérieur et postérieur du losange aboutissent la suture inter frontale et la suture inter-pariétale; les angles latéraux sont occupés par l’origine de la suture fronto-pariétale (fig. 141); de telle sorte que si l’on promène le doigt sur le pourtour de la fontanelle antérieure, on y rencontre quatre sutures. C’est là un signe qui permet de reconnaître cette fontanelle.
2° La fontanelle postérieure est plus petite, d’où les dénominations de petite fontanelle ou de fontanelle occipitale ; elle est située à la réunion des sutures lambdoïde et sagittale : c’est le lieu de jonction des trois branches du A. La plupart du temps cette fontanelle n’existe pas en tant qu’espace membraneux ; c’est un point où viennent converger trois sutures, c’est une sorte d’étoile à trois branches (fig. 142).
Lorsque l’ossification de la tête est peu avancée, il y a réellement un
espace qui est triangulaire, mais de dimensions bien inférieures à celles de la fontanelle antérieure.
Dans certains cas une petite portion de l’angle de l’occipital n’est pas soudée à l’os lui-même, ce qui donne au doigt qui explore cette fontanelle la sensation d’un os sésamoïde.
Ces deux fontanelles sont des points de repère précieux pour indiquer ïorientation de la tête dans le bassin. — Avant de s’exercer au toucher obstétrical, il est bon de promener un certain nombre de fois le doigt sur la tête d’un fœtus nouveau-né pour bien connaître les sensations différentes fournies par les deux fontanelles.
Outre ces deux fontanelles principales, il existe de chaque côté sur les parties latérales de la tête (fig. 144) deux fontanelles accessoires qui ne présentent qu’un intérêt secondaire.
L’une est située à l'union de la suture lambdoïde et de la suture temporale : c’est la fontanelle mastoïdienne, latérale ou de Casser (fig. 144, G, p. 221).
L’autre, dite fontanelle temporale, se trouve en avant de la précédente au niveau de la jonction de la suture fronto-pariétale et de la suture temporale.
Il suffit de connaître l’existence de ces fontanelles pour ne point les confondre avec les deux fontanelles principales; l’erreur est facile à éviter puisqu'il n’y a que deux sutures qui viennent aboutir à chacune d’elles.
Fig. 113. — Tête fœtale vue par en haut.
Entre la fontanelle antérieure Br et la fontanelle postérieure O se trouve une fontanelle supplémentaire FA, qui ressemble à la fontanelle antérieure. ( Dessin , d'après nature , fait à la Maternité de Beaujon.)