VARIÉTÉ FRONTALE DE LA PRÉSENTATION DE LA FACE
intermédiaire à la présentation du sommet et à la présentation de la face.
Nous ne nions point la réalité des faits observés : il est certain que, dans quelques cas, la tète descend de telle manière que le front est toujours la partie la plus accessible, celle qui se trouve le plus près du centre de l’excavation et qui vient se dégager la première sous la symphyse pubienne. Faut-il pour cela décrire les différentes attitudes de la présentation du front pendant le travail et un mécanisme spécial d’après lequel c’est le front, au lieu du menton, qui vient se dégager sous la symphyse, de telle sorte qu’en prenant avec Blanc la racine du nez comme point de repère de la présentation du front, la tête se dégage par des diamètres naso-bregmatique, nasooccipital, etc.?
Mais, dans la présentation du front, l’attitude de la tète fœtale n’est point toujours la même, si bien que les auteurs qui la considèrent comme une présentation spéciale ne sont pas d’accord pour savoir quel est le centre de cette présentation : pour les uns c’est la grande fontanelle, pour les autres c’est le front, de telle sorte que, pour être logique, il faudrait non seulement décrire à part la présentation du front, mais indiquer les variétés de cette présentation. N’est-ce pas retourner peu à peu aux classifications compliquées des présentations qui étaient admises au commencement du xixe siècle et surtout à la fin du xvme siècle?
La lecture d’un travail de A. Pollosson(1) sur ce sujet est d’ailleurs instructive à cet égard. Etudiant le mécanisme de l’engagement de la tête en présentation du front, Pollosson démontre que c’est à tort que Mangiagalli, Devars, Blanc ont admis la descente oblique du diamètre occipitomentonnier avec 1! extrémité mentonnière en bas , c’est-à-dire avec le menton situé plus bas que l’occiput; s’il en était ainsi, le dégagement observé dans les présentations du front ne pourrait s’effectuer sans une bascule du diamètre occipito-mentonnier dans l’excavation, ce qui n’est pas possible dans les cas ordinaires. De telle sorte que si ce mode de descente était, réel, il n’y aurait guère de raison de distinguer la présentation du front de celle de la face.
Aussi Pollosson cherche-Dil à démontrer qu’au contraire, dans les présentations du front, le diamètre occipito-mentonnier , ou plutôt le diamètre maximum partant du menton pour aboutir à un point variable compris entre la fontanelle postérieure et le bregma, s’engage obliquement dans Ï excavation, de telle façon que l’ extrémité occipitale du diamètre occipito-mentonnier pénètre avant l’extrémité mentonnière de ce même diamètre. Il prévoit immédiatement l’objection qui peut être faite è cette manière de voir : c’est que la présentation du front n’est plus alors nettement séparée de la présentation du sommet; il cherche à établir une différence qui consiste en ce que, dans la présentation du front, les diamètres qui relient le front à l’occiput « pénètrent obliquement dans le bassin en engageant leur extrémité frontale la première , tandis que, dans la présentation du sommet, c’est leur extrémité occipitale qui
(') A. Pollosson. Du mécanisme de l’accouchement dans les présentations du front. Annales de gynécol mars IStFi.