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TRANCHÉES UTÉRINES

on n’en rencontre pas dans l’utérus ni dans les trompes. La limite est formée par l’orifice interne.

Tranchées utérines. — Pendant les trois ou quatre jours qui suivent l’accouchement, la femme souffre de contractions utérines douloureuses plus ou moins intenses; on donne à ces douleurs les dénominations de tranchées utérines , de coliques utérines , plus rarement d’arrière-douleurs.

Ces douleurs présentent presque les mêmes caractères que celles éprouvées au cours du travail : elles sont plus ou moins intenses, intermittentes, et sont nettement dues aux contractions de l’utérus. Aussi leur siège est-il en rapport avec la place qu’occupe l’utérus dans la cavité abdominale ; c’est même là un bon signe qui permet de les distinguer d’autres douleurs siégeant dans la partie inférieure de l’abdomen. Au moment où la douleur apparaît, l’utérus se durcit, devient nettement globuleux, se dessine sous la paroi abdominale ; quelquefois après il s’écoule par la vulve, après la tranchée, une petite quantité de sang liquide ou en caillots.

Les tranchées débutent généralement quelques heures après l’accouchement et persistent pendant vingt-quatre, trente-six, quarante-huit heures et même pendant quatre ou cinq jours; elles sont parfois légères; tantôt au contraire elles arrachent des cris à la femme, la surexcitent, et cet état d’énervement peut, chez des sujets très nerveux, s’accompagner de délire.

La durée de chaque douleur n’est guère que d’une à deux minutes : elles reviennent à intervalles plus ou moins éloignés, toutes les. dix ou vingt minutes, plus souvent toutes les heures.

Si l’on ne connaît guère la cause réelle de ces douleurs post partum , on sait cependant dans quelles conditions elles surviennent habituellement. Un fait constaté depuis longtemps et déjà mis en relief par Mauriceau, c’est que ces tranchées n’existent guère chez les primipares, qu elles s’observent surtout chez les multipares; que, d’une manière générale, plus les femmes ont eu d’enfants, plus les tranchées sont fortes et intenses ; elles sont très marquées lorsque le travail a été rapide.

Toute excitation de la sphère génitale les réveille : il suffit que la femme fasse un mouvement, que son utérus se déplace, qu’une main s’applique au niveau de l’utérus pour qu’immédiatement survienne une tranchée ; les contractions sont parfois dues à la compression de l’utérus par le rectum rempli de matières fécales ou par la vessie distendue par l’urine ; de même la succion du mamelon réveille la contraction et certaines femmes appréhendent de donner le sein en raison des douleurs plus ou moins vives qui surviennent alors du côté de l’utérus.

Dans certains cas, les tranchées utérines prennent un caractère d’acuité exceptionnel ; elles sont dues à la présence d’un caillot plus ou moins volumineux, quelquefois d’un débris placentaire : lorsque ce corps étranger est expulsé, tout rentre dans l’ordre. Ce fait d’observation a servi à établir une théorie, discutable d’ailleurs, pour expliquer pourquoi les multipares sont plus que les primipares sujettes à ces tranchées : après la délivrance, le muscle utérin, ayant perdu du fait des accouchements antérieurs une partie

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