METHODE DES TRACTIONS RYTHMEES DE LA LANGUE
raciques par le diaphragme et par la paroi thoracique. Dans cette attitude d’expiration forcée, les liquides qui ont été aspirés dans l’arbre aérien sont pour ainsi dire exprimés et coulent par la bouche et les narines.
Le fœtus est alors remis dans la situation première, très favorable à un mouvement inspiratoire, puisque les extrémités sternales des côtes sont fixées et que le poids du corps agit pour soulever les côtes, en même temps que le diaphragme s’abaisse.
Le fœtus est de nouveau soulevé en haut et en avant de manière à lui faire exécuter la culbute : ces mouvements, tour à tour destinés à produire l’inspiration et l’expiration, peuvent suffire à établir d’une manière définitive les mouvements respiratoires. Il est difficile d’apprécier cette méthode peu usitée en France (1), où l’on se sert surtout du tube insuftlateur pour désobstruer les voies aériennes et pratiquer la respiration artificielle.
Lorsque le fœtus commence à respirer, on peut le replonger dans un bain chaud, sinapisé ou non, puis on l’enveloppe dans un linge bien chaud et on l’essuie fortement; on renouvelle les frictions faites avec la paume de la main sur la colonne vertébrale; on stimule au besoin le fœtus et on cherche à provoquer les mouvements respiratoires en lui pinçant légèrement le nez, en faisant quelques frictions douces sur les parois latérales de la cage thoracique.
C. Méthode des tractions rythmées de la langue. — Laborde a fait connaître à l’Académie de médecine (5 juillet 1892, 7 novembre 1895) un nouveau moyen de remédier à la mort apparente par submersion et a conseillé d’y recourir dans les cas où le fœtus naît en état de mort apparente : « Ce procédé, dit-il, consiste à attirer fortement la langue en dehors et à faire exécuter à cette langue des mouvements énergiques d’avant en arrière. L’effet et l’importance de cette manœuvre résident principalement dans l’action puissante que l’excitation de la base de la langue et surtout sa traction exercent sur le réflexe respiratoire; cette traction peut, d’ailleurs, être réalisée d’une façon rythmique, en s’appropriant, en quelque sorte, au rythme de la fonction qu’il s’agit de réveiller. » Laborde a expliqué (2) comment il avait été amené à préconiser l’emploi de ces tractions rythmées.
(Ç Rivière (in Douarrc, thèse de Bordeaux , 1895] préconise une méthode très analogue à celle de Schultze : l’enfant est saisi par les jambes et tenu ainsi suspendu, la face regardant en avant. Cette première attitude correspond à la position d’inspiration. L’accoucheur soulève ensuite le fœtus et lui fait décrire une courbe en arc de cercle de telle manière que le siège soit plus haut que l’extrémité céphalique; la face regarde toujours en avant. Dans cette position, le poids du corps et la pression des viscères abdominaux sur le diaphragme réalisent l’expiration et produisent l’ expulsion des mucosités. Par une manœuvre inverse, on ramène ensuite le fœtus à la position d’inspiration, ce mouvement est répété 10 à 12 fois par minute comme dans le procédé de Schultze.
(- « L’idée de 1 emploi de ce procédé, si simple, nous a été suggérée par un souvenir expérimental : lorsque, dans notre laboratoire, nous sommes en présence d’un état syncopal ou asphyxique accidentel, chez un animal en expérience, notamment à la suite de l’anestliésie chloroformique ou chloralique, en même temps que nous nous mettons en devoir de Jairc intervenir l’électrisatiuii (par le passage des courants interrompus de la bouche à l’anus) et la respiration artificielle, notre premier soin est de saisir la langue — non pas seulement comme cela se fait en chirurgie pour dégager l’ouverture pharyngo-laryngée — mais pour opérer sur elle des tractions réitérées et rythmées, qui suffisent souvent, à elles seules, pour provoquer le retour de la respi-