SUPPRESSION TEMPORAIRE OU DÉFINITIVE I)E L’ALLAITEMENT
à ces appareils (qui doivent être rigoureusement propres) pour aspirer le lait de la mère.
Lorsque le mamelon présente des solutions de continuité assez étendues, facilement saignantes , et que l’enfant absorbe du sang en même temps que le lait, il y a avantage à recourir temporairement à un bout de sein artificiel qu’il faut maintenir en permanence, dans l’intervalle des tétées, dans de l'eau boriquéë saturée ou dans une solution alcaline (eau de Yichy par exemple).
De la suppression temporaire ou définitive de l’allaitement . — Si, dans nombre de cas, il suffit d’un peu de persévérance et d’autorité pour que la jeune mère continue l’allaitement malgré quelques incidents (crevasses douloureuses du sein, insuffisance de la sécrétion lactée), dans d’autres circonstances il faut savoir se résigner à la suppression définitive ou temporaire de l’allaitement.
Il existe quelques indications nettes de la suppression de l’allaitement : toute femme qui présentera des signes suspects de tuberculose viscérale devra immédiatement renoncer à donner le sein; il en est de même lorsque, chez une femme qui nourrit depuis quelques mois, les règles deviennent anormales par leur quantité et leur répétition. Il est d’ailleurs commun qu’en pareil cas il y ait non seulement diminution notable de la quantité de lait au moment de la perte du sang, mais encore insuffisance de la sécrétion lactée dans l’intervalle des époques menstruelles. De même il est sage de suspendre l’allaitement chez toute femme qui, pendant plusieurs jours, présente chaque soir une température avoisinant ou dépassant 58 degrés, sans qu’on puisse reconnaître la cause de cette élévation de température.
En règle générale, lorsqu'il n’existe aucune des trois causes que nous venons d’énumérer ou de celles que nous verrons tout à l’heure, il faut s’abstenir de supprimer complètement l’allaitement pendant le mois qui suit la naissance. On voit des femmes chez lesquelles la sécrétion lactée est d’autant plus lente à s’établir, que la femme a des crevasses douloureuses et qui cependant, au bout de vingt-cinq, trente jours, deviennent d’assez bonnes nourrices. Lepage a observé, en 1 901 , une primipare de trente-cinq ans chez laquelle le début de l'allaitement fut incidenté par des crevasses avec poussées de lymphangite, qui nécessitèrent à deux ou trois reprises la suppression temporaire de l’allaitement et l’allaitement mixte : l’enfant ne récupéra son poids de naissance qu’au bout de cinquante-quatre jours, ce qui n’empêcha pas la femme, à partir de ce moment, de pouvoir allaiter seule son enfant avec succès. Dans certains cas cependant, malgré l’adjonction de lait stérilisé, l’insuffisance de la femme comme nourrice est telle qu’il faut conseiller la suppression de l’allaitement. Nombre de circonstances (milieu social, nervosité de la femme, inintelligence de l’entourage, état de l’enfant, etc.), dans le détail desquels nous ne pouvons entrer, influent sur la décision à prendre.
Parmi les affections fébriles qui surviennent au cours de l’allaitement, il en est un certain nombre (fièvre typhoïde, scarlatine, pneumonie, etc.) qui nécessitent, soit par leur gravité, soit par leur durée, soit par le danger de
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contamination, la suppression définitive de l’allaitement. Par contre, dans les cas où la maladie doit être de courte durée, on peut se contenter de suspendre l’allaitement au moment où il y a de l’hyperthermie, pour le reprendre lorsque la température est redevenue normale.
Les complications inflammatoires qui surviennent du côté des seins, empêchent de continuer l’allaitement lorsqu’elles déterminent des abcès mammaires; si l’abcès est unilatéral, l’allaitement peut être continué avec le sein indemne, mais en prenant des précautions antiseptiques. Dans la majorité des cas, les lymphangites n’entraînent qu’une suppression temporaire de l’allaitement, qu’on reprend lorsque la température est restée normale pendant quarante-huit heures. Dans certains cas cependant, lorsque les lymphangites se répètent, la crainte d’un abcès en même temps que la petite quantité de lait prise par le nourrisson amène les femmes à renoncer à l’allaitement, ce qui ne les empêche point, lors d’une grossesse ultérieure, de devenir des nourrices très suffisantes.
Les opérations chirurgicales pratiquées au cours de l’allaitement permettent, la plupart du temps, de le continuer; s’il s’agit d’une intervention abdominale, on peut attendre deux ou trois jours avant de mettre l’enfant au sein. Dans la pluralité des cas, l’allaitement peut être repris quelques heures après l’intervention.
Peut-on augmenter la quantité du lait chez une nourrice? Il est bien difficile d’apprécier l’influence des galactogènes ; l’extrait de galega jouit d’une certaine réputation sur laquelle nous ne pouvons nous prononcer.
Marfan prescrit quelquefois, à la dose de quatre cuillerées à soupe par jour, le sirop suivant :
Extrait aqueux de galega 10 grammes.
Chlorhydro-phosphate de chaux 10 —
Teinture de fenouil 10 —
Essence de cumin XV gouttes.
Sirop de sucre 400 grammes.
Pour favoriser la sécrétion lactée, on a conseillé le massage de la paroi abdominale, pratiqué deux fois par jour pendant une demi-heure ; ce massage se fait de bas en haut vers les glandes mammaires; il a pour but de favoriser l’afflux, vers les seins, du sang de l’abdomen. On peut associer à cette méthode les mouvements méthodiques de la respiration. Ce sont là moyens de peu de ressource et qu’on ne peut employer que dans des cas tout à fait exceptionnels.
De l’accroissement du nouveau-né. — Pendant les premiers jours qui suivent sa naissance, l’enfant perd de son poids; cette déperdition s’élève en moyenne à 200 ou 500 grammes : elle est due à l’évacuation du méconium et de l’urine ainsi qu’au fonctionnement de la peau et du poumon. Elle est surtout marquée chez les enfants volumineux qui, en revanche, augmentent bientôt d’une façon régulière.
Les enfants de femmes allaitant pour la première fois peuvent ainsi diminuer de poids pendant quatre, cinq, six et même huit et quinze jours; la précis d’obstétrique. 53
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sécrétion lactée n’est pas, chez ces femmes, suffisamment établie pendant les jours qui suivent l’accouchement. Quant aux enfants des multipares, surtout de celles qui ont déjà allaité, ils augmentent généralement de poids à partir du troisième ou du quatrième jour : l’alimentation est alors suffisante pour compenser les déperditions de l’organisme (Q.
A quel moment les nouveau-nés commencent-ils à augmenter de poids?
Voici le pourcentage donné par la statistique de Baudelocque et par celle de l’Hôtel-Dieu annexe :