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PANSEMENT DES SEINS

Il ne suffit pas de chercher à éviter les complications qui peuvent résulter des plaies constituant la crevasse du sein, il faut encore essayer de calmer la douleur très vive qui existe au moment où l’enfant prend le sein.

L’un des moyens les plus usités est de recourir à l’usage de bouts de sein artificiels ou de téterelles, qui empêchent le contact direct de la bouche de l’enfant avec la plaie du mamelon. Ces instruments rendent quelques services, mais ils ne suppriment pas complètement la douleur; de plus, la succion est difficile, et, la plupart du temps, l’insuffisance des tétées que prend le bébé oblige à revenir à la prise directe du mamelon.

Il semble résulter de l’observation de Pinard que, lorsqu’un nouveau-né tette avec un bout de sein artificiel, le muguet se développe chez lui beaucoup plus facilement que chez les autres enfants. C’est également pour éviter le contact direct de la bouche avec le sein que différents médecins ont conseillé l’emploi d’un carré de baudruche, que l’on moule pour ainsi dire sur le mamelon et dont on perce de trous multiples la pointe qui correspond à la pointe du mamelon.

A côté de ces moyens mécaniques, destinés à combattre l’élément douleur, il faut signaler l’emploi des analgésiques appliqués localement; c’est ainsi qu’on a eu recours (A. Herrgott, Tarnier) aux badigeonnages faits sur le mamelon avec une solution de cocaïne à 1 gramme pour 20 grammes d’eau, cinq minutes avant la tétée ; on a soin, avant de mettre l’enfant au sein, de laver soigneusement le mamelon. Malgré cette précaution, on craint toujours des accidents possibles d’intoxication, sans compter que l’action analgésique n’est pas toujours efficace.

Maygrier a conseillé l’emploi de l’orthoforme soit sous forme de poudre, soit en solution alcoolique saturée à la dose d’un gramme d’orthoforme pour 20 grammes d’alcool. On imbibe de cette solution un morceau d’ouate hydrophile et on le maintient au contact du mamelon pendant les quinze ou vingt minutes qui précèdent la tétée ; la femme éprouve d’abord une sensation de brûlure assez forte, mais de courte durée; puis il se produit une analgésie qui permet de donner le sein sans presque rien sentir. Malgré les bons résultats observés par Maygrier, Blondel, Oui, etc., nous ne croyons pas que ce pansement soit très utilisable dans la pratique, car l’orthoforme n’est pas un produit très stable, et on a observé, à diverses reprises, des phénomènes d’irritation locale et même d’intoxication générale (d).

L’allaitement au sein maternel peut présenter, en outre, quelques difficultés si le mamelon est court et ne fait à la surface du sein qu’une saillie insuffisante. On a préconisé alors l’usage d’un certain nombre de bouts de seins, de téterelles, qui ne rencontrent guère leur application; ce n’est que dans les cas où, par suite de faiblesse congénitale, le nouveau-né ne fait pas de mouvements de succion suffisamment énergiques qu’on peut avoir recours

(4) Dans un cas Lepage et Méry ont vu un véritable sphacèle du mamelon avec dermite généralisée survenir à la suite de l’application de l’orthoforme. Aveline (Thèse, Paris 1902), qui rapporte ce fait, insiste sur la nécessité, si l’on a recours à l’orthoforme, de n’employer qu’un produit absolument pur.

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