DE POIDS TOTALE ET QUOTIDIENNE PAR MOIS
POIDS
A LA 20e SEMAINE APRÈS NAISSANCE.
1er MOIS.
2e MOIS. ,
5e MOIS.
4e MOIS.
5e MOIS.
Max.
Jour.
Tôt.
Quot.
Tôt.
Quot.
Tôt.
Quot.
Tôt.
Quot.
Tôt.
Quot.
Cette observation, qu’il faut lire dans le détail, est fertile en enseignements au point de vue de l’accroissement du nouveau-né; elle montre, en particulier, que chez presque tous les enfants c’est dans le deuxième mois que se fait l’augmentation maxima.
De nombreuses causes physiologiques ou pathologiques influent sur la manière dont augmente le nouveau-né; il faut cependant connaître la moyenne quotidienne d’augmentation de poids de l’enfant pendant la première année. Les chiffres suivants, calculés par Tarnier et Budin d’après ceux donnés par Bouchaud, Bowditch, Altbrecht, Fleischmann, Biedert, indiquent la moyenne d’augmentation quotidienne pour chaque mois :
1er mois 30sr,6
2 e — 31 gr.
3e — 27sr,4
4e — 22sr,4
5e — 18 gr.
6e — 14sr,8
7e mois. : 12sr,8
8e — . . llsr,4
9e — 11 gr.
10e — 8sr,4
Il ressort manifestement de ces chiffres que l’accroissement est surtout marqué pendant les deux premiers mois ; à partir du troisième mois,
(*) V. Wallich, Sur la façon de diriger l’allaitement maternel. Revue jorati que d obstétrique et de pædiatrie , 1894.
DE L’ACCROISSEMENT DU NOUVEAU-NÉ
l’enfant, tout en se développant, augmente d’une manière moins sensible chaque jour.
Bouchaud, prenant comme terme moyen un enfant du poids de 5 kilogrammes 250 grammes à sa naissance, donne les poids suivants comme moyenne à la fin de chaque mois :
1er mois
4000 gr.
7e mois 8e — 9e —
10e — Hé
7450 gr.
Sans doute avec un peu d’expérience, en examinant un enfant, en constatant que ses téguments sont fermes , que les fesses sont pleines, dures et présentent des fossettes, que les membres inférieurs ont un certain embonpoint, on peut dire que l’enfant se développe d’une manière régulière et que son alimentation est suffisante. Cette opinion se confirmera encore si l’on
s’assure que l’enfant a des tétées régulières, que ses selles sont d’une belle couleur jaunâtre, que l’enfant ne crie pas trop et qu’il a un sommeil assez calme.
Toutefois la seule manière rationnelle de contrôler le développement régulier de l’enfant est de le peser tous les huit jours environ , dépouillé de tous ses vêtements; pour pratiquer ces pesées, on se sert d’un pèse-bébés qu’on trouve dans le commerce, ou plus commodément encore d’une balance ordinaire dont l’un des plateaux est remplacé par une sorte de hamac (fig. 299) ou par un panier en osier appelé moïse (fig. 500).
Ces pesées doivent être inscrites, de manière qu’on puisse se rendre compte de la manière dont se fait l’assimilation chez l’enfant.
Nous attachons beaucoup moins d’importance à I’accroissement en longueur de l’enfant, qui est en moyenne de 20 centimètres pendant la première année. D’après Quetelet, cet accroissement se décompose de la manière
ALLAITEMENT MIXTE
suivante: premier mois, 40 millimètres; deuxième mois, 50 millimètres; troisième mois, 20 millimètres, et pendant chacun des mois suivants, 10 à 15 millimètres.
Un signe très utile pour reconnaître, sans pesée, si un nouveau-né augmente ou diminue, est fourni par Y état des sutures et des fontanelles ; en promenant la face palmaire de l’index au niveau des sutures, on constate qu’elles sont suffisamment larges, modérément tendues si l’enfant se porte bien. Lorsqu’au contraire sa nutrition est insuffisante, les sutures deviennent linéaires et les fontanelles se dépriment; les os qui limitent chaque suture sont au contact ou chevauchent l’un sur l’autre. Cette dépression des fontanelles, ce chevauchement des sutures, tiennent à la fois à une dimi-
Fig. 300. — Nouveau-né reposant dans un panier en osier au moment de la pesée.
nution de tension dans la cavité crânienne et à une résorption du liquide céphalo-rachidien .
D’une manière générale, l’augmentation de poids chez un nouveau-né est un signe de bonne santé, à la condition qu’elle ne soit ni trop grande ni trop minime; G. Durante (Soc. de biologie , 9 juillet 1898) a cependant observé chez les débiles à la Maternité une augmentation de poids parfois notable pendant les deux ou trois jours qui précèdent la mort : ces enfants, atteints d’affections diverses, avaient presque uniquement des lésions hépatiques plus ou moins marquées.
Allaitement mixte. — Lorsque la femme est très bonne nourrice, elle peut suffire à élever son enfant pendant presque toute la première année sans lui donner d’autre alimeriTque son lait; mais, surtout dans les grandes villes, il est rare qu’il en soit ainsi et la plupart du temps il faut compléter la nourriture de l’enfant élevé au sein à l’aide d’une certaine quantité de lait de vache : nous avons vu qu’il était souvent préférable de recourir au lait