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ALLAITEMENT PAR UNE NOURRICE MERCENAIRE

stérilisé industriellement. Il est d’ailleurs d’observation que le lait de vache est d’autant mieux supporté et digéré par le bébé qu’il prend en même temps du lait de femme.

Rien n'est plus variable que l’époque de l’allaitement à laquelle il faut recourir à l’allaitement mixte. Chez les femmes qui nourrissent pour la première fois, c’est souvent à partir du sixième ou septième mois qu’il faut donner d’abord une, puis deux tétées de lait de vache. D’autres femmes peuvent suffire jusqu’au dixième ou onzième mois. En règle générale on se base sur l’état général de l’enfant, sur son augmentation de poids pour savoir quand il faut aider l’allaitement maternel. Lorsqu’un enfant est insuffisamment alimenté par sa mère, il est agité, il crie la nuit et dans l’intervalle des tétées; lorsqu’on le met au sein, il s’y endort rapidement ou continue à crier après la tétée. Généralement les garde-robes sont rares, à peine une toutes les vingt-quatre ou trente-six heures; l’urine est peu abondante et foncée.

Lorsqu’on a recours à l’allaitement mixte deux écueils sont à éviter : il ne faut pas donner du lait en trop grande quantité; car l’enfant trop alimenté tétera d’autant moins sa nourrice qui verra peu à peu son lait disparaître ; d’un autre côté il faut que cette alimentation complémentaire soit suffisante pour le bon développement de l’enfant.

Jusqu’à neuf mois il est préférable de ne donner que du lait au nourrisson; à partir de ce moment, surtout si l’enfant est fort et bien développé, on peut ajouter à l’alimentation lactée des farines délayées avec de l’eau ou avec du lait. On en donne une fois par jour.

Allaitement par une nourrice mercenaire. — Ce n’est point ici le lieu de discuter si l’allaitement par une nourrice mercenaire doit disparaître d’une société bien organisée; si le médecin a le devoir social de lutter en faveur de l’allaitement maternel, il ne peut guère pratiquement se soustraire à l’obligation d’examiner une femme qui lui est présentée comme devant allaiter l’enfant d’une de ses clientes. Il peut profiter de cet examen pour donner quelques conseils à la nourrice sur le mode de nourriture de son propre enfant. Lorsqu’il a accepté la mission d’examiner si une nourrice est bonne, il doit la remplir avec un soin scrupuleux, faisant taire ses préférences pour tel ou tel mode d’allaitement.

Du choix d’une nourrice. — C’est une question fort délicate, qui nécessite de la part d’un médecin une grande attention ; car sa responsabilité s’y trouve jusqu’à un certain point engagée.

P. Le Gendre en a précisé (*) les principales règles: « La quantité de points qu’il faut éclaircir, lorsqu’on procède à l’examen d’une femme afin de savoir si elle remplit les conditions nécessaires pour être nourrice, est telle qu’on aurait déjà chance d’en omettre un, si l’on examinait tout à loisir une seule nourrice déshabillée dans les conditions d’un examen clinique ordinaire. Or combien la difficulté est plus grande et les chances d’omission

(*j Revue ■pratique cl obstétrique et d'hygiène de V enfance, 1888.

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