DU CHOIX D’UNE NOURRICE
trine doit montrer qu’il n’y a pas eu de pleurésie ancienne ni d’affection subaiguë de la poitrine ayant nécessité une révulsion prolongée. L’auscultation doit être pratiquée avec grand soin ; car toute femme suspecte de tuberculose ne doit pas nourrir. Il y aurait danger pour elle, puisque les fatigues de l’allaitement ne pourraient qu’aggraver son état, et danger pour le nourrisson.
L’examen du cœur doit faire constater l’absence de toute affection organique.
L’appareil digestif doit être également exploré pour savoir s’il n’y a pas d’hypertrophie du foie, de dilatation de l’estomac, etc.
La palpation de la région hypogastrique permet jusqu’à un certain point de constater qu’il n’y a pas de tumeur de la zone génitale non plus que d’affection douloureuse de ces organes.
Il devrait être usuel de pratiquer l’examen des organes génitaux pour s’assurer qu’il n’y a point de lésion suspecte des organes génitaux externes, pas de déchirure trop étendue du périnée, pas d’abaissement de l’utérus ni de lésions inflammatoires des annexes. Cet examen est trop souvent négligé dans la pratique ; et cependant combien de ces pauvres femmes, accouchées dans de mauvaises conditions à la campagne, sont obligées de cesser F allaitement parce qu’elles souffrent du bas-ventre, parce qu’elles ne peuvent porter l’enfant en raison d’une déchirure étendue du périnée ou parce qu’elles ont des métrorragies continuelles I
Pour être complet, l’examen d’une nourrice doit comprendre celui des urines.
Il faut s’assurer également que la nourrice ne présente pas les stigmates de l’hystérie ; qu’elle n’est pas sujette aux crises convulsives (épilepsie par exemple). Elle doit être, enfin, minutieusement interrogée au point de vue de ses antécédents héréditaires.
En résumé, pour qu’une femme soit une bonne nourrice mercenaire, il est préférable qu’âgée de vingt à trente ans, elle ait déjà allaité au moins un enfant antérieurement, que son enfant soit en bon état de santé et qu’elle ne présente aucune tare diathésique.
« La nourrice dont on a fait choix, a dit Baudelocque, doit être d’un âge moyen, d’une bonne constitution, exempte de tout virus et de toute espèce de maladie. On préfère celle qui est brune à celle qui est blonde; celle qui est d’un embonpoint médiocre à celle qui est très grasse ou très maigre; la nourrice qui a üè belles dents à celle dont la bouche en est dégarnie, ou qui en a de gâtées ; enfin celle qui a les mamelles d’une moyenne grosseur parsemées de veines bleuâtres, dont l’aréole est un peu monticuleuse, le mamelon bien percé et d’une longueur convenable. On doit aussi avoir beaucoup d egard aux qualités morales. »
Régime alimentaire de la nourrice mercenaire. — D’une manière générale, la femme qui allaite et qui vit dans les mêmes conditions que celles où elle se trouvait avant d’être nourrice ne doit guère changer son mode d’alimentation; tout au plus doit-elle absorber un peu plus de liquide au moment et dans l’intervalle des repas. Par contre, il faut veiller à ce que la