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CHOIX D UNE NOURRICE

dulaire. Les meilleures nourrices sont celles qui ont des veines nombreuses sillonnant la surface du sein, dont le mamelon est bien conformé et chez lesquelles la glande a un développement normal. Il faut que les mamelons soient longs, souples, et qu’ils ne soient pas le siège d’excoriations, de fissures pouvant être le point de départ de lymphangites et d’abcès du sein. Il est utile que le mamelon présente un assez grand nombre d’orifices qui permettent l’issue facile du lait.

L’examen du lait n’a réellement d’intérêt que lorsqu’on est appelé à se prononcer sur le choix d’une nourrice dont l’enfant est éloigné; il ne peut en aucun cas donner les mêmes garanties que l’examen de l’enfant. Tout au plus peut-on supposer qu’une nourrice est bonne lorsque le lait jaillit abondamment de chaque sein, lorsqu’il présente une coloration bien blanche et une certaine consistance ; ce n’est que dans des cas rares et plutôt pour s’assurer de la valeur d’une nourrice déjà placée, qu’on doit pratiquer l’analyse chimique ou l'analyse du lait avec des instruments spéciaux qui permettent d’en apprécier la composition, la richesse en certains éléments (lastoscope, crémomètre, microscope).

Un examen général permet de rechercher s’il n’y a point de manifestations anciennes ou récentes de scrofule (blépharite chronique, kératites, adénites cervicales, cicatrices d’écrouelles, otorrhée, ozène, etc.). 11 faut s’assurer également qu’il n’existe pas de cicatrices ni de manifestations quelconques de syphilis ancienne on récente.

La dentition doit être en bon état; on attache généralement une grande importance à l'état des dents ; mais il faut bien avouer qu’une bonne part des recommandations faites par les familles à ce sujet sont inspirées au moins autant par le désir d’avoir une belle qu’une bonne nourrice. Lepage a observé une nourrice qui, refusée dans plusieurs maisons à cause de sa dentition défectueuse, n’en a pas moins fait une nourrice excellente à tous points de vue. Cependant il ne faut pas oublier qu’avec une dentition en mauvais état, il est rare d’avoir un bon estomac et des digestions faciles ; d’ailleurs « l’existence d’une carie dentaire réserve à la nourrice des fluxions et des névralgies, très capables de troubler de temps en temps son appétit et son sommeil, ce qui est préjudiciable à l’enfant » (P. Le Gendre) (J).

Les amygdales ne doivent pas être très développées : hypertrophiées, elles sont souvent le siège d’une inflammation chronique et d’angines aiguës à répétition qui obligent la nourrice à se soigner à intervalles plus ou moins rapprochés.

L’auscultation des poumons est autrement importante : l’examen de la poi- (*)

(*) Les caries dentaires chez la nourrice peuvent devenir dangereuses, meme pour le nourrisson, si elles sont pénétrantes (c’est-à-dire si elles s’accompagnent d’une destruction totale des couches d’émail et d’ivoire) et si elles se compliquent d’arthrite alvéolo-dentaire avec formation d’abcès. Jarre [Sem. méd., juillet 189e)) rapporte l’observation d’un nouveau-né qui succomba après avoir présenté des abcès multiples à staphylocoques alors que sa nourrice était atteinte elle-même d un abcès dentaire. Les caries non pénétrantes présentent moins de dangers, mais elles peuvent aussi devenir dangereuses en se transformant en caries pénétrantes. Il n’est pas jusqu’aux accidents des dents de sagesse qui ne méritent une surveillance particulière chez les nourrices.

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