VARIOLE
Le traitement de la variole pendant la grossesse, conseillé par H. Richardière, consiste à faire prendre chaque jour un bain de sublimé d’un quart d’heure, deux bains lorsque les malades ont une éruption abondante.
Variole congénitale. — Dans quelques cas exceptionnels, le fœtus est atteint in utero par la variole en même temps que la mère ou un certain temps après elle. Cette transmission intra-utérine de la variole a été notée dès le commencement du xvie siècle par Forestius et Femellus, puis plus tard par Fabrice de Hilden.
L’une des études les plus récentes sur la variole des nouveau-nés est celle faite par Roger et Weill (Soc. de biol ., 29 mars 1901) et par leur élève Champ ( Thèse de Paris , 1901) qui a fait un historique assez détaillé de cette question. Roger et Weill ont trouvé dans les cas de variole que le corpuscule variolique passait du sang de la mère dans le sang du fœtus et qu’on le retrouvait dans le liquide amniotique.
Le fœtus dont la mère est atteinte de variole pendant la grossesse peut présenter des manifestations diverses de l’infection : tantôt on constate sur lui des cicatrices qui proviennent d’une variole qui a évolué complètement pendant que le fœtus était dans la cavité utérine; tantôt l’enfant, au moment de sa naissance, a le corps couvert de pustules blanchâtres, affaissées, irrégulières; l’enfant est chétif. Assez souvent il succombe dans les quelques heures qui suivent raccouchement.
Dans d’autres cas, le fœtus est à sa naissance en état d’incubation; il paraît sain, ne présentant aucun signe qui puisse faire croire aune infection; sa température est cependant au-dessous de la normale. Quelques jours plus tard se manifestent chez lui les premières traces de l’infection variolique.
« La variole congénitale, dit Pinard, parfaitement identique à celle de l’adulte, est en général discrète. On trouve sur le corps du fœtus une centaine de pustules à peine qui suivent une évolution particulière. Elles ressemblent à celles des muqueuses (Méjean), sont blanchâtres et aplaties, se résolvant ou s’ulcérant rapidement. La plaie suppure peu, ne donne pas de croûtes à cause de la lubrification des parties et se cicatrise sans laisser de traces ou des traces peu profondes. Si la variole se développe à la fois chez la mère et l’enfant, les pustules apparaissent en même temps; cependant Chaigneau a observé que quelquefois l’éruption était plus tardive chez l’enfant. La variole qui se développe chez le fœtus dans le sein maternel serait presque inévitablement mortelle, d’après Chaigneau. »
Les signes les plus importants qu’on observe chez le nouveau-né pendant la période pré-éruptive de la variole sont l’hypothermie et l’ictère.
La variole congénitale est presque toujours mortelle, quel que soit le degré de gravité que présente la variole de la mère-.
Enfin, dans d’autres cas, le nouveau-né ne présente à sa naissance ni papules, ni cicatrices. Son état général est mauvais; il n’apparaît les jours suivants aucun élément éruptif; mais l’enfant est réfractaire à la vaccine, par suite d’une sorte d’immunité acquise pendant la vie intra-utérine.
ÉRYSirÈLE.
Érysipèle. — C’est le plus habituellement à la face que survient l’érysipèle : il s’observe surtout dans les derniers temps de la grossesse.
Il faut toutefois distinguer entre ces inflammations érysipélateuses de la peau, qui reviennent à intervalles réguliers, comme une sorte d’érysipèle menstruel, et le véritable érysipèle qui s’accompagne de phénomènes généraux plus ou moins intenses.
L’érysipèle à répétition ne présente guère de gravité : Charpentier rapporte l’observation d’une femme qui, depuis le quatrième mois de la grossesse, présenta jusqu’à terme une série d’érysipèles de la face, qui se reproduisirent de mois en mois et étaient remarquables par le peu d’intensité des phénomènes fébriles, quoique l’éruption fut très accentuée. La femme accoucha à terme d’un enfant vivant.
Bien différent est le pronostic du véritable érysipèle de la face. Ce dernier s’accompagne, dans la presque totalité des cas, d’aecouchemeot prématuré qui suit assez rapidement le début de l’affection (25 fois sur 24 cas, d’après Wardwell) .
Les femmes atteintes d’érysipèle sont exposées à des accidents puerpéraux plus ou moins graves ; aussi faut-il les traiter sérieusement et redoubler les soins antiseptiques, sans cependant s’exagérer la gravité de cette complication (*).
Il est impossible (2), à l’heure actuelle, malgré les recherches de Kaltenbach, de Ruge, de dire si le fœtus peut, pendant la vie intra-utérine, être atteint de la maladie maternelle. En revanche, lorsqu’il est né, le voisinage de sa mère est pour lui un danger d’autant plus grand qu’il peut s’infecter non seulement par la voie respiratoire, mais encore par sa plaie ombilicale.