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ÉPILEPSIE

Le paludisme exerce au contraire une action mauvaise sur la grossesse; sans doute « les observations de J. Schramm, de Roux, de Mendel, montrent qu’une femme enceinte peut avoir des accès de fièvre intermittente assez prolongés et mal soignés sans qu’elle-même ou l’enfant paraissent en souffrir; toutefois c’est là l’exception, et le plus souvent la fièvre intermittente fait sentir son action, qui varie d’ailleurs suivant la gravité de l’infection, l’àge de la grossesse, la thérapeutique instituée, etc. » (Pinard).

Chez les femmes atteintes de paludisme, la grossesse ne parvient à son terme que dans un peu plus du tiers des cas (32 fois sur 105 cas d’après la statistique de Bonfils) ; dans les autres cas on note l’avortement (12 fois) ou l’accouchement prématuré (61 fois).

La fièvre intermittente doit être traitée comme en dehors de la grossesse : c’est à tort que certains auteurs avaient accusé le sulfate de quinine d’être un médicament abortif. Les recherches de Chiara, Wood, Pasquali, Tarnier, Pinard, ont montré que le sulfate de quinine pouvait être impunément donné à des femmes enceintes.

Le paludisme prédispose-t-il aux hémorragies utérines au moment de la délivrance et pendant les suites de couches? Liégeois (Rev. méd. de l'Est) aurait observé un cas dans lequel des métrorragies, revenant à périodes régulières, lui parurent nettement liées à l’impaludisme.

Épilepsie. — La grossesse ne crée point l’épilepsie, ainsi que l’ont cru d’anciens auteurs, qui confondaient les accès d’éclampsie avec des crises d’épilepsie; ce n’est même qu’exceptionnellement que l’épilepsie débute pendant la grossesse.

D’après Tarnier (4), dans un quart des cas, cette influence est nulle : la maladie présente la même allure qu’en dehors de la grossesse. Dans un autre quart des cas, l’épilepsie est aggravée : les attaques sont plus rapprochées et plus fortes, la mort peut même survenir à la suite d’accès subi ntrants . Enfin , dans la moitié des cas, l’épilepsie diminue d’intensité : les accès cessent ou bien ils s’espacent et deviennent moins forts.

Pinard était même disposé à admettre l’influence favorable de la grossesse : sur 11 femmes épileptiques enceintes qu’il a observées, 4 avaient vu leurs accès suspendus pendant la grossesse, 5 les avaient eus considérablement atténués, et chez les deux autres les accès s’étaient montrés tels qu’ils étaient avant la fécondation. Ribemont-Dessaignes a, par contre, observé une femme épileptique dont les accès devinrent, pendant la grossesse, infiniment plus fréquents.

Paquy a relaté (Soc. obst. et gyn., mars 1894) l’observation d’une femme secondipare chez laquelle il se produisit au huitième mois de la grossesse un état de mal épileptique qui détermina l’accouchement prématuré.

L’accouchement ne favorise pas l’apparition des accès d’épilepsie : il est rare d’en observer pendant les jours qui suivent l’accouchement.

f1) Tarnier, Rapport des névroses (hystérie, épilepsie, chorée) avec la grossesse et l’accouchcment. Presse médicale , 10 avril 1897.

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