‹ Précis d'obstétriqueChapitre 284 sur 692 · I. — MALADIES AIGUËS · texte numérisé non relu

I. — MALADIES AIGUËS

Fièvre typhoïde. — La femme grosse n’est point à Cabri de la fièvre typhoïde : l’immunité admise autrefois par Rokitansky et Niemeyer est contredite par de nombreuses observations. Il paraît cependant démontré que la fièvre typhoïde est une complication rare chez la femme enceinte : ainsi Duhaut (Thèse de Lyon, 1893) relate que, sur 1046 cas de fièvre typhoïde observés par divers médecins lyonnais, 7 seulement existaient au cours d’une grossesse.

Elle peut se montrer à toute époque de la grossesse ; il semble cependant que la maladie atteint plutôt la femme dans les premiers mois de la grossesse que dans les derniers. Peut-être qu’à cette époque elle s’expose moins aux dangers de la contagion typhique (Gusserow).

Influence de la fièvre typhoïde sur la grossesse. — - La fièvre typhoïde interrompt le cours de la grossesse environ dans le tiers des cas : l’accouchement se produit d’autant plus facilement que la grossesse est plus avancée (Duguyot) ; il peut survenir à toutes les époques de la grossesse. Ce sont généralement l’hyperthermie, l’infection générale et les troubles respiratoires qui provoquent l’expulsion du produit de conception; une cause qui agit plus directement, c’est l'infection du fœtus. 11 va de soi que l’influence nocive de la fièvre typhoïde est en rapport avec sa gravité : cependant les formes les plus légères de la maladie peuvent amener l’expulsion prématurée de l’œuf.

L’interruption de la grossesse peut survenir à toute époque de la maladie, souvent dans le cours de la troisième semaine et quelquefois au commencement de la convalescence de la fièvre typhoïde.

Les métrorragies sont assez fréquentes : elles sont souvent le prélude ou les premiers symptômes du début du travail et s’observent particulièrement dans l’avortement ; elles ne semblent point liées à une endométrite hémorragique, mais plutôt aux lésions infectieuses du sang.

Le fœtus peut-il être tué dans la cavité utérine par infection typhique? Charcellay (*) a émis il y a longtemps cette hypothèse en s’appuyant sur le simple examen macroscopique; elle a été vérifiée par Eberth(2), qui a obtenu des cultures pures de bacille typhique (3) avec des fragments

(*) Charcellay, Arch. gén. de inéd., 1840, t. IX, p. 65.

(2) Eberth, Woch. der Med., 1889, t. VII, p. 161.

(3) Giglio ( Centrait) . f. Gyn., 1890, p. 46) a obtenu les mêmes résultats. Plus récemment H. Freund et E. Lewy (. Berl . klin. Woch., 24 juin 1895, p. 559) ont examiné les viscères d’un fœtus de cinq mois, mort quelques instants après sa naissance. La mère était dans le quatrième septénaire d’une fièvre typhoïde bien nette lorsqu’elle avorta en quelques heures. Sur toutes les cultures (faites avec le suc de la rate, le sang pris au cœur et dans le placenta) se développèrent des colonies de bacilles typhiques. Par contre, l’examen histologique des organes du fœtus, en particulier de l’intestin, ne lit découvrir aucune lésion. D’après Freund et Lewy, cette absence de lésion est habituelle dans les affections intra-utérines, même à bacilles spécifiques qui déterminent seulement des septicémies hématogènes. De même Janiszewski ( Münch . med. Woch., 1896, n° 38) a examiné les organes (poumon, rate, reins, intestin, etc.) d’un fœtus expulsé au huitième mois

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