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FIEVRE TYPHOÏDE ET GROSSESSE

de foie, oe rate et avec du sang recueilli directement dans le cœur d’un fœtus de cinq mois et demi provenant d’un œuf expulsé en entier.

Dans les cas où l’expulsion prématurée n’est pas produite par la maladie intercurrente, le fœtus peut naître vivant et à terme.

La méthode du séro-diagnostic de Widal a été appliquée chez la femme enceinte pour reconnaître l’existence de la fièvre typhoïde.

Mossé a noté la séro-réaction dans le colostrum des femmes infectées par le bacille d’Eberth. — Les mêmes constatations ont été faites dans le lait de nourrices atteintes de fièvre typhoïde (Achard et Bensaude, Thiercelin et Lenoble). Par contre, le sang des nourrissons n’a pas donné la réaction.

La trouve-t-on dans le sérum du fœtus qui naît d’une femme atteinte de fièvre typhoïde? La question est encore controversée : Widal a trouvé la réaction d’une manière un peu atténuée, dans le sang du cœur d’une lapine inoculée. — De même, chez une femme enceinte de huit mois et atteinte de fièvre typhoïde, l’accouchement prématuré se produisit dans le premier septénaire : Chambrelent (Soc. cVobst. et de gyn. de Bordeaux , nov. 1896) put établir le séro-diagnostic non seulement chez la femme, mais chez l’enfant dont le sérum présenta manifestement la réaction agglutinative caractéristique. Cet enfant débile dut être gavé et eut de l’ictère avec augmentation considérable du volume du foie et du catarrhe broncho-pulmonaire. Chambrelent met ces accidents sur le compte de la contagion de la mère au fœtus.

A côté de ces faits positifs, il existe des examens négatifs : Achard et Bensaude ont vu que, chez le lapin, le placenta arrêtait le pouvoir agglutinant. G. Etienne ('-1) n’a pas trouvé la réaction dans le sang d’un embryon de quatre mois et demi, tandis que le sang de la mère était agglutinant. Charrier et E. Appert (Soc. de biologie, 7 nov. 1896) ont obtenu le même résultat en examinant les différents liquides (sang du cœur, sérosités péricardiques et péritonéales, liquide céphalo-rachidien, etc.) d’un fœtus de trois mois; par contre, la macération du placenta a donné une réaction caractéristique; il semble que le placenta serve de fdtre pour retenir dans l’organisme maternel les substances agglutinantes et vraisemblablement aussi les toxines.

La grossesse ne semble pas aggraver d’une manière très marquée le pronostic de la fièvre typhoïde : ainsi, d’après la statistique de Duguyot, la mortalité maternelle ne serait que de 1 femme sur 10. Cependant l’avortement ou l’accouchement prématuré peuvent aggraver le pronostic en facilitant le développement d’une septicémie puerpérale.

La forme abdominale semble la plus grave.

Le traitement de la fièvre typhoïde chez la femme enceinte comporte les mêmes indications qu’en dehors de la gravidité ; il ne nous semble pas qu’il faille renoncer à certains médicaments, le sulfate de quinine, par exemple, sous prétexte qu’ils peuvent éveiller la contraction utérine. Il est cependant préférable de s’abstenir du seigle ergoté. Les bains froids sont particulière-

et qui succomba cinq jours après la naissance : tous ces organes, presque sains en apparence, contenaient du bacille typhique à l’état de pureté.

(4) Absence de la réaction agglutinante dans le sang d’un fœtus issu d’une mère morte de fièvre typhoïde hyper toxique [Presse mécl. , 12 sept. 1896).

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