APPAREIL DIGESTIF
Les troubles de l’appareil digestif sont presque constants dans le cours et surtout au début de la grossesse; ils sont parfois tellement accusés qu’ils rentrent dans le cadre de la pathologie de la grossesse et nécessitent un traitement spécial.
Gingivite et odontalgie. — Les gencives sont souvent rouges et tuméfiées, facilement saignantes, surtout chez les femmes qui se nourrissent mal et qui ne prennent aucun soin de propreté de leur bouche.
La gingivite des femmes enceintes, étudiée par A. et D. Pinard, puis par Didsbury, etc., débute généralement vers le quatrième mois et disparaît un mois ou deux après l’accouchement, surtout chez les femmes qui n’allaitent pas. Le traitement consiste à nettoyer d’abord la bouche, à retirer le tartre déposé autour des dents; puis à appliquer tous' les jours ou tous les deux jours, sur le bord des gencives, un peu de la mixture suivante :
Hydrate de clilora! .
Alcoolat de cocllléaria
ââ parties égales.
On peut aussi faire des applications locales de teinture d’iode plus ou moins concentrée ou de chlorate de potasse en lavages.
L’ odontalgie est fréquente chez la femme enceinte, surtout pendant les premiers mois de la grossesse : tantôt il s’agit de névralgie simple que Fou combat à l’aide de calmants (opiacés, hydrate de chloral, sulfate de quinine, etc.), tantôt Lodontalgie est due à une carie dentaire qu’il faut traiter par des pansements, rarement par l’oblitération définitive.
VOMISSEMENTS DITS INCOERCIBLES
La carie dentaire est favorisée par l’état de grossesse, par la diminution de densité des dents (Galippe), qui perdent une notable proportion de leurs éléments minéraux, et par l’acidité de la salive. L’avulsion des dents pendant la grossesse a pu, chez certaines femmes, s’accompagner d’hémorragie buccale et même provoquer l’avortement.
Ptyalisme. — Le ptyalisme est plus ou moins marqué : tantôt la femme a seulement besoin de cracher assez souvent, tantôt elle bave abondamment, elle est obligée d’avoir constamment sous sa bouche un mouchoir, une serviette ou un vase pour y recueillir la salive, dont la quantité peut s’élever à plus d’un litre par jour. — Le ptyalisme débute généralement dans les premiers temps de la grossesse et cesse vers le quatrième ou le cinquième mois; quelquefois il persiste, plus ou moins abondant, non seulement jusqu’à la fin de la grossesse, mais même pendant les quelques mois qui suivent la délivrance.
D’après Tarnier, l’apparition du ptyalisme chez une femme jeune et bien portante doit faire soupçonner une grossesse; il ne faut toutefois pas le confondre avec la salivation exagérée des femmes dyspeptiques qui ont en même temps de la métrite chronique. La salivation liée à la stomatite mercurielle se reconnaît facilement d’après les commémoratifs, l’état des gencives, la fétidité de l’haleine, etc.
Le ptyalisme ne survient généralement qu’à l’une des grossesses; certaines femmes cependant présentent cette complication, qui est plus désagréable que dangereuse, à plusieurs grossesses successives (Tarnier, Charpentier).
Aucun des traitements, plus ou moins rationnels, employés contre le ptyalisme, n’a produit de résultat sérieux : Pinard a cependant obtenu de bons effets du régime lacté.