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DITS VOMISSEMENTS INCOERCIBLES, DE LA GROSSESSE

On observe chez quelques femmes enceintes des vomissements tellement intenses et rebelles à tout traitement qu’on leur a donné le nom de vomissements incoercibles ou de vomissements graves. Cette complication, observée depuis longtemps, a été signalée par Guillemeau, Mauriceau, de la Motte et au commencement du xixc siècle par Burnes. P. Dubois l’a étudiée en détail en 1848; dans une discussion à l’Académie de médecine (1852), il <m a divisé les symptômes en trois périodes.

Pinard (février 1897) pense que les vomissements dits incoercibles ne doivent pas constituer un chapitre à part de la pathologie de la grossesse : ils font partie d’une symptomatologie complexe liée au mauvais fonctionnement du foie ; ils sont, dans les cas graves, au premier plan de Y hépatotoxémie gravidique, mais ne forment pas une entité morbide.

Symptômes. — Nous allons rappeler la description classique de P. Dubois qui distingue trois périodes et montrer, avec Pinard, que cette division est

VOMISSEMENTS DITS INCOERCIBLES

un peu trop schématique et qu’elle donne trop d’importance aux vomissements par rapport à d’autres symptômes.

lre Période. — La première période est surtout caractérisée par de F amaigrissement, causé par la dénutrition consécutive aux vomissements. Habituellement les vomissements paraissent d’abord simples; ce n’est qu’au bout d’un certain temps qu’ils acquièrent un caractère de gravité par leur répétition. Quelquefois cependant ils sont fréquents et incoercibles d’emblée.

La femme, qui tout d’abord vomissait seulement le matin, au moment des repas ou immédiatement après les repas, vomit à tout instant dès qu’elle essaye d’ingurgiter quelque chose. Les matières vomies sont constituées par des mucosités, de la bile, des liquides, etc.

Tantôt le rejet des aliments ou des liquides suit immédiatement leur ingestion ; tantôt le rejet n’a lieu qu’au bout de quelques minutes. Parfois toutes les matières ingérées sont rendues, quelle qu’en soit la nature; dans les cas légers, l’estomac se montre tolérant pour quelques aliments, même indigestes, ou pour certains liquides.

Peu à peu la malade, convaincue qu’elle ne peut rien garder, se condamne à une abstinence presque complète; elle se plaint delà soif, devient inquiète, nerveuse, dort mal et présente un amaigrissement marqué. Elle est parfois tourmentée par d’autres complications, telles que le ptyalisme et la diarrhée.

2e Période. — Bientôt la malade entre dans la seconde période appelée par P. Dubois période fébrile. Les symptômes de la première période s’accentuent; les vomissements deviennent fréquents, se reproduisant toutes les heures ou même plusieurs fois dans une heure ; l’amaigrissement se prononce. Ce qui caractérise surtout cette seconde période, ce n’est pas tant l’élévation de la température, qui dépasse rarement 38 degrés, que la fréquence du pouls, qui bat de 120 à 140 fois par minute. Pinard (février 1897) insiste sur ce que, dans la description de P. Dubois, période fébrile ne veut pas dire période hyperthermique : il peut y avoir une certaine élévation de la température au-dessus de la normale, mais ce qui caractérise cette phase des accidents, c’est l’accélération du pouls, qui constituait l’état fébrile pour P. Dubois, observant à une époque où le thermomètre n’était pas usité dans la pratique médicale et où l’on ne jugeait de la fièvre que par la fréquence du pouls.

L’état général est mauvais : la peau est sèche, terreuse ; la face est amaigrie, les yeux excavés. La bouche est sèche, les dents sont recouvertes de fuliginosités;

1 baleine est fétide, surtout lorsqu’il existe en même temps de la stomatite.

Les urines sont peu abondantes, acides, et répandent une mauvaise odeur; elles renferment souvent une forte proportion d’albumine et des cylindres. Sutugin, qui a bien étudié les modifications de l’urine chez les lemmes atteintes de vomissements incoercibles, rapproche les différents symptômes que l’on observe chez elles de ceux que présentent les animaux qu’on laisse mourir d’inanition.

La femme éprouve des douleurs assez vives au niveau des hypocondres, au creux épigastrique et dans la tête (Guéniot) ; elle a des tendances syncopales et ne quitte plus le lit.

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