COUVEUSE
gulier; ils parlent tard. Leur système nerveux est plus vulnérable que celui des enfants nés à terme, en raison de l’état de développement incomplet de la cellule nerveuse et des compressions possibles du cerveau pendant l'accouchement, mal protégé qu’il est par la mince enveloppe crânienne. C’est chez les prématurés qu’on observe de préférence l’idiotie, l’imbécillité, la débilité mentale, l’athétose, là maladie de Little, la chorée, l’épilepsie. Beaucoup ont pendant longtemps de l’incontinence nocturne d’urine ou présentent du strabisme.
Toutefois il faut reconnaître que beaucoup de prématurés peuvent avoir et ont un système nerveux absolument normal.
Conduite à tenir. — Prophylaxie . — Les causes de l’accouchement prématuré spontané sont connues en majeure partie. Plusieurs de ces causes sont évitables : surmenage, traumatisme, misère sociale ou physiologique, intoxications, syphilis, etc. L’énumération de ces causes montre dans quel sens doivent s’exercer les efforts des philanthropes qui veulent lutter pour la conservation et l’amélioration de l’espèce humaine.
Mais une fois « le fruit vert détaché de la branche » peut-on quelque chose pour atténuer les effets de cette incubation insuffisante? Dans une certaine mesure, en lui aidant à lutter contre les mauvais effets de refroidissement à l’aide de la couveuse et en facilitant son alimentation à l’aide du gavage.
A. Couveuse. — Depuis longtemps les accoucheurs avaient remarque combien une atmosphère chaude était utile pour les enfants nés en état de faiblesse congénitale ; différents essais avaient été faits par Denucé (de Bordeaux) (1857), puis parCredé, pour tenir l’enfant dans une sorte de berceau incubateur.
Tarnier perfectionna cette méthode en faisant installer en 1880 à la Maternité une couveuse analogue à celle qui est usitée pour obtenir artificiellement l’éclosion des œufs.
Cette couveuse (fig. 550) est formée par une large boîte en bois à parois épaisses de 10 centimètres, qui est divisée en deux compartiments, l’un inférieur dans lequel se trouve le réservoir à eau chaude, l’autre supérieur où repose l’enfant ( 1 ).
I?) « Ce dernier compartiment a un couvercle forme de deux glaces de verre superposées et mobiles, à travers lesquelles on peut s’assurer de l’état du nouveau-né et de la température qu’indique un thermomètre placé à l’intérieur ; il présente on outre, sur une de ses parois latérales, une porte par laquelle on peut retirer le berceau de l’enfant. Des orifices établissant une communication suffisante avec l’air extérieur sont ménagés dans chacun des compartiments, qui communiquent l’un avec l’autre par d’autres ouvertures. Le jeu de l’appareil est très simple : l’air pénétrant entre le piédestal et la boîte par les solutions de continuité qui exislent à ce niveau, monte le long des parois du réservoir d’eau chaude, arrive échauffé dans le compartiment supérieur où il séjourne un temps variable, et enfin s’échappe par un des orifices que nous venons de mentionner. Un thermo-siphon est adapté au réservoir, et la chaleur est fournie par une lampe qu’on ne doit allumer que deux ou trois fois en vingt-quatre heures, en la laissant brûler seulement deux heures chaque fois; on doit éteindre cette lampe aussitôt que le thermomètre indique dans le compartiment supérieur une température inférieure de deux degrés à celle qu’on veut obtenir, car la température continue à s’élever de deux degrés environ. La température qu’on doit maintenir dans l’appareil est en moyenne, d’après Tarnier, de 52°. Toutefois, on peut la faire varier de 30 à 57° centigrades ; elle doit être d’autant plus élevée que l’enfant est plus faible. » (Tarnier et Budin.)