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COUVEUSE

Fochier, pour éviter de faire respirer aux enfants mis en couveuse l’air impur des salles d’accouchées, fait arriver dans la couveuse l’air extérieur par un tube qui l’amène du dehors.

Citons encore la couveuse d’Hutinel (*) qui a le grand avantage d’être facile à nettoyer et à stériliser; elle se compose d’une caisse rectangulaire en faïence vernissée dont le fond est constitué par une plaque de tôle perforée et dont le couvercle en verre peut être maintenu plus ou moins soulevé par une vis. Cette caisse peut passer à l’étuve. Elle se chauffe avec des boules d’eau chaude placées dans un compartiment spécial au-dessous de la plaque perforée sur laquelle on met le prématuré étendu sur un petit matelas.

11 est préférable que les enfants qui sont dans la couveuse soient emmaillotés ; cette précaution permet de maintenir la couveuse à une température moins élevée et empêche que les enfants ne se refroidissent au moment où on les sort de la couveuse pour les faire téter. Les résultats obtenus par Tarnier, à la Maternité, sont absolument démonstratifs, puisque, d’après la statistique donnée par Auvard, les enfants d’un poids inférieur à 2000 grammes, élevés à l’air libre, mouraient jadis dans la proportion de 66 pour 100, tandis que depuis l’usage de la couveuse, la proportion de mortalité n’est plus que 56,6 pour 100.

Un service spécial a été ouvert en 1895 à la Maternité de Paris pour les enfants débiles qui sont, pour la plupart, mis en couveuse et élevés par des nourrices ou à l’aide du lait stérilisé. P. Budin [V Obstétrique, n° 5, 15 septembre 1896) a fait connaître les résultats(2) obtenus pour les enfants qui y sont entrés pendant l’année 1895.

Dans les Maternités, on peut se servir de couveuses métalliques chauffées au gaz, dont la température est maintenue constante par un régulateur de gaz.

La température optima de la couveuse doit osciller autour de 54 degrés; elle ne doit pas atteindre 57 degrés.

Le prématuré doit y rester jusqu’à ce qu’il ait atteint 57 degrés (temp. rectale) et s’y soit maintenu pendant quarante-huit heures; à partir de ce

boules remplies d’eau bouillante dans l’appareil; au bout d’une demi-heure elle a atteint le degré voulu, et l’on peut y placer l’enfant. Si à ce moment la température tend à s’élever au-dessus de 52°, on ouvre légèrement le couvercle en verre pendant quelques instants.

« Au bout de deux heures, on met une quatrième boule, et, à partir de ce moment, toutes les heures et demie ou deux heures il faut changer le contenu d’une des boules, celle qui est la moins chaude, et avoir soin d’y faire verser de l’eau bouillante.

« L’air pénétrant par la petite trappe décrite plus haut s’échauffe au contact des boules, et devenant ainsi plus léger, monte dans l’étage supérieur s’imprégnant au passage de vapeur d’eau au contact de l’éponge, qu’on aura soin de conserver humide. Cet air vient ensuite entourer l’enfant, dont il balaye pour ainsi dire toute la surface, et s’échappe par l’orifice de sortie placé, à l’extrémité opposée, en imprimant à l’hélice un mouvement de rotation, preuve palpable de l’existence du courant d’air, qui est indispensable au fonctionnement de l’appareil. »

(*) Lepage emploie depuis plusieurs années à la Pitié cette couveuse qui lui donne de bons résultats, mais qui cependant est difficile à maintenir à une température suffisante.

(2) 395 enfants ont été admis. Leurs observations sont résumées par P. Budin en plusieurs tableaux :

Tableau A. — 98 enfants peuvent être considérés comme non viables; 57 d’entre eux sont

DU GAVAGE

moment, il faut le retirer, le séjour en couveuse ne pourrait que lui être préjudiciable.

11 faut savoir que cette sortie de la couveuse est un moment critique pour le prématuré qui perd souvent du poids ou du moins reste quelques jours stationnaire.

L’usage de la couveuse est non seulement indiqué chez les enfants qui naissent en état de faiblesse congénitale, mais encore chez ceux qui présentent de l’œdème, du sclérème et chez ceux dont la vitalité a été un instant compromise par un accouchement lent et laborieux.

B. Alimentation des enfants atteints de faiblesse congénitale. Gavage. — L’alimentation des enfants prématurés est importante à bien diriger : la petite capacité de leur estomac, la difficulté avec laquelle ils font des mouvements de succion, expliquent pourquoi il est souvent difficile de les alimenter d’une manière suffisante.

Lorsque la femme a déjà allaité, les difficultés sont moindres, parce que la femme peut faire couler du lait dans la bouche de l’enfant, ou, s’il est trop faible, dans une cuiller à l aide de laquelle on le verse dans la bouche.

Lorsque la femme nourrit pour la première fois et que les bouts de sein ne sont pas suffisamment formés pour que l’enfant tette facilement, on est obligé d’avoir recours au lait d’ànesse ou au lait stérilisé, qu’on fait prendre par petites quantités (10 à 12 grammes par repas).

Jusqu’au 10e jour, voici les chiffres donnés par Budin pour la quantité de lait ingérée quotidiennement :

morts le jour même de leur entrée, 21 le lendemain; de plus 20 autres enfants avaient, au moment même où ils ont été apportés, une température rectale inférieure ou égale à 32°.

Tableau B. — Sur les 297 enfants qui restent après cette première défalcation, 25 avaient une température rectale oscillant de 32°, 1 à 33°, 5 : 4 seulement ont survécu.

Tableau C . — Sur la totalité des enfants apportés, un grand nombre (117) étaient malades.

Tableau D. — Il comprend les 157 enfants qui « ont été sauvés » ou plus exactement qui sont sortis vivants du service.

Voici en défalquant les 98 enfants du Tableau A, et en tenant compte du poids des enfants à leur entrée dans le service, les résultats obtenus :

Total.

Morts.

Pour 100.

Vivants.

Pour 100.

A. Enfants pesant moins de 1200 grammes. , .

B. — de 1200 à 1499 — . . .

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