‹ Précis d'obstétriqueChapitre 349 sur 692 · C. — de 1509 à · texte numérisé non relu

C. — de 1509 à

D. — plus de 2000 grammes. . . .

P. Budin fait observer que « les résultats seraient meilleurs si les statistiques n’étaient grevées par une épidémie qui a sévi au commencement et pendant toute la durée du mois de décembre. Cette épidémie, malgré tout ce que nous avons pu faire, a été désastreuse ». Cette statistique offre un point intéressant qui montre l’utilité de la couveuse pour certains enfants pesant plus de 2000 grammes : trois enfants sont sortis vivants qui avaient à leur entrée une température rectale inférieure à 32°; l’un pesant 2540 (T. R. 30°), l’autre pesant 2290 (T. R. 31°), le dernier pesant 2130 (T. R 31°). Il faut toutefois observer que la plupart des enfants qui arrivent sont amenés de la ville et subissent forcément un refroidissement accusé pendant leur transport. Il serait même intéressant à ce point de vue de connaître les résultats suivant que les enfants sont nés dans le service ou ont été amenés du dehors.

DU GAVAGE

1° Enfants pesant

2° Enfants pesant

moins de 1800

grammes.

de 1800 à 2200

grammes.

2“ jour

115 grammes.

2e jour

128 grammes.

Après le 10e jour,

Budin emploie le

procédé syivant pour

savoir la quan-

tité de lait nécessaire aux prématurés : il retranche le dernier chiffre du poids de l’enfant évalué en grammes, 1800 par exemple et il multiplie par 2 le nombre ainsi obtenu: 1800 donne 180, 180x2 donne 360, il faudra donc 360 grammes de lait. L’enfant doit donc prendre les 2/10 de son dernier poids.

Plus encore que le nouveau-né à terme, le prématuré a besoin d’avoir des repas réguliers et une quantité de lait soigneusement mesurée. Si l’enfant ne tette pas, on essaiera de le nourrir au verre ou à la cuiller; enfin, si ces procédés sont insuffisants on aura recours au gavage préconisé par Tarnier.

« L'appareil de gavage pour les enfants se compose tout simplement d’une sonde uréthrale en caoutchouc rouge (n° 14 ou 16 de la filière Charrière). Au bout de cette sonde on ajuste une cupule en verre qu’on trouve chez tous les fabricants d’instruments de chirurgie et chez tous les herboristes, où elle est vendue sous le nom de bout de sein artificiel du docteur Bailly. Avec ce petit appareil que chacun peut improviser, rien n’est plus aisé que de gaver un enfant. Celui-ci étant placé sur les genoux de la personne qui va procéder au gavage, la tête légèrement soulevée, la sonde est mouillée, puis introduite jusqu’à la base de la langue, et l’enfant, par des mouvements instinctifs de déglutition, la fait pénétrer jusqu’à l’entrée de l’œsophage; on pousse alors doucement la sonde pour lui faire parcourir toute la longueur de l’œsophage, où

elle chemine très facilement. Après un trajet de 15 centimètres environ, y compris la bouche et l’œsophage, l’extrémité de cette sonde arrive dans l’estomac; on verse alors le liquide alimentaire dans la cupule; bientôt celui-ci, par sa pesanteur, pénètre dans l’estomac, et la cupule se vide ainsi que la sonde qui lui fait suite. Après quelques instants on retire la sonde,

Fig. 552. — Appareil pour le gavage des nouveau-nés.

DU GAVAGE

mais il faut le faire par un mouvement rapide; car, si l’on procédait lentement, le liquide alimentaire suivrait la sonde et serait rejeté par régurgitation.

« Le nombre de repas et la quantité de lait ingérée doivent varier avec l’âge et les forces de l’enfant, aussi bien au début que pendant le cours de l’allaitement par le gavage. On peut formuler, en règle générale, que les repas seront d’autant plus nombreux que la quantité de lait ingérée à chaque gavage sera plus petite et que l’enfant sera plus jeune et plus faible. 8 grammes de lait toutes les heures suffisent pour un gavage lorsque l’enfant est très petit et qu’il est né loin du terme de la grossesse. »

Lorsque le gavage est bien dirigé, l’enfant ne vomit pas, ses garde-robes sont jaunes; il augmente peu à peu. Dès qu’il a suffisamment de force, on le met au sein, mais il est encore souvent utile, outre les tétées, de le gaver trois ou quatre fois par jour : c’est ce que Tarnier appelle le gavage de renfort, parce qu’il entretient chez l’enfant la vigueur nécessaire pour bien téter et bien digérer. Avec ces différentes combinaisons, on peut arriver progressivement à la suppression du gavage, sauf à y recourir à la moindre apparition d’un trouble des fonctions digestives.

Chez bon nombre d’enfants prématurés, il n’est point nécessaire de recourir à la couveuse et au gavage : il suffit de maintenir les enfants dans une pièce chauffée à 22 degrés centigrades environ, de les faire téter fréquemment, ou, s’ils ne peuvent téter, de leur faire boire du lait stérilisé étendu d’eau bouillie, pour qu’ils se développent.

A côté de ces méthodes importantes de traitement des débiles, il importe de signaler un certain nombre de précautions utiles pour la santé du prématuré. La propreté minutieuse du tégument doit être obtenue par des bains à l’eau bouillie suivis d’applications larga manu de poudre non fermentescible, comme le talc, le lycopode. Les petites plaies du tégument seront soigneusement lavées, pansées à l’adhésol ou au stérésol.

Le cordon ombilical doit être pansé avec soin, il est nettoyé quotidiennement avec un antiseptique faible, puis recouvert d’ouate sèche stérilisée.

L’asepsie relative du tube digestif sera obtenue, à défaut de l’allaitement au sein, par la stérilisation rigoureuse des objets employés (verres, cuillers).

Les lavages de l’estomac et de l’intestin constituent une précieuse ressource pour combattre les troubles digestifs.

L’aération large, la prudence dans l’emploi de la couveuse sont les meilleurs moyens de prévenir la broncho-pneumonie.

Enfin il ne faut pas négliger d’employer chez les débiles les deux procédés de stimulation générale dont l’efficacité est aujourd’hui démontrée : le sérum artificiel, en lavements ou en injections hypodermiques, les bains.

Le sérum artificiel doit être injecté avec toutes les précautions d’asepsie usitées. La seringue Roux est l’appareil le plus commode à employer pour ces injections. Elles sont indiquées lorsque le poids reste stationnaire ou décroît pendant quarante-huit heures; sitôt le résultat cherché (accroissement de poids) obtenu, on les continue encore pendant trois jours, puis on

GROSSESSE EXTRA-UTERINE.

cessé. Plus prolongées, elles semblent amener de l’anémie par diminution des globules rouges (Delestre). Dans quelques cas elles sont suivies de fièvre.

Chez les prématurés infectés, il faut être très modéré dans leur emploi pour éviter l’augmentation brusque de la tension artérielle, favorisant les hémorragies auxquelles ces petits êtres sont déjà si prédisposés. Delestre conseille dans certains cas de faire précéder l’injection de sérum d’une petite saignée de 2 ou 5 centimètres cubes, faite par ponction du gros orteil. Dans les cas graves, on peut pratiquer une saignée plus importante et retirer 15 à 20 centimètres cubes de sang, puis faire immédiatement une injection d’une quantité égale de sérum. On obtiendrait ainsi une stimulation heureuse des organes hématopoiétiques.

Les lavements de sérum artificiel rendent également des services.

Enfin, les bains doivent être donnés chauds, à 55 ou 56 degrés, simples ou sinapisés, et répétés deux ou trois fois par jour

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