C . — BASSINS GÉNÉRALEMENT RÉTRÉCIS
Le bassin généralement rétréci présente deux ou trois variétés principales, mais qui sont assez rares.
1° Le bassin généralement rétréci et aplati qui a été décrit par Litzmann, On l’observe chez des femmes petites, n’ayant pas de signes extérieurs de rachitisme. Le promontoire, au lieu d’être abaissé comme dans le rachitisme, est relevé et peu saillant. Le sacrum a des dimensions transversales inférieures à la moyenne; il est presque plan.
Les dimensions antéro-postérieures du bassin sont faibles non seulement au détroit supérieur, mais dans l’excavation et au niveau du détroit inférieur. C’est ce rétrécissement généralisé qui distinguerait le bassin de Litzmann du bassin rachitique.
Il y a lieu de se demander sous quelle influence se fait cette déformation pelvienne, et si le rachitisme n’est pas encore enjeu.
2° Bassin vicié avec perfection des formes . — 11 n’existe pas en réalité,
BASSIN OSTÉOMALACIQUE.
parce que le diamètre antéro-postérieur du détroit supérieur est toujours relativement plus court que les autres : c’est un bassin qui existerait chez des femmes de petite taille, ne mesurant que lm,10 à lm,20. Tous les os sont bien conformés; il n’y a pas de stigmates de rachitisme; les os sont seulement peu développés.
Ce bassin, qui a été bien étudié par P. Dubois, représente pour ainsi dire un bassin normal en miniature; ses petites dimensions rendent l’accouchement difficile, sinon impossible ; l’accouchement prématuré ne suffit pas pour avoir un enfant vivant. Il faut recourir à la symphyséotomie.
5° Bassin des naines . — Son développement est en rapport avec le reste du squelette.
Tantôt les os du bassin ont un développement normal; tantôt ils sont minces, ayant subi un arrêt de développement.
Le bassin, généralement petit, est facile à reconnaître lorsqu’il existe chez une naine; il faut plus d’attention pour le diagnostiquer chez une femme dont la taille est moyenne. En examinant extérieurement le bassin, on voit qu’il est peu développé transversalement et que les deux épines iliaques antérieure et supérieure sont très rapprochées l’une de l’autre; mais c’est l’examen direct par le toucher digital qui permet seul de reconnaître que le bassin est petit ; il est même nécessaire de pratiquer le toucher manuel pour s’assurer des petites dimensions du bassin.
La conduite à tenir ne diffère guère de celle que l’on doit tenir dans les bassins viciés par le rachitisme; il faut cependant remarquer que, dans le bassin généralement rétréci, l’obstacle ne siège pas seulement au niveau du détroit supérieur, mais dans toute l’excavation.
D. — BASSIN OSTÉOMALACIQUE
L’ostéomalacie consiste dans un ramollissement du système osseux de V adulte : ce ramollissement peut être la cause de fractures spontanées; il est en outre le point de départ de déformations osseuses multiples qui chez la femme sont très marquées au niveau du bassin.
Historique. — Les déformations produites par l’ostéomalacie ont été vues depuis la plus haute antiquité, cependant c’est en 1700 seulement que, dans le Mercure galant , Lambert (de Roulon) publia la première observation d’ostéomalacie, celle de Bernarde d’ Armagnac. Un peu plus tard (1747), une Parisienne, la femme Supiot, présenta des phénomènes de ramollissement des os très accusés; son observation fut publiée (4) dans un rapport très étendu que fit Morand fils, en 1752, à la Faculté de médecine; à l’étranger, Stein l’ancien (1785), Kilian (1829) décrivirent à nouveau l’ostéomalacie. Lobstein (1855), puis J. Guérin cherchèrent à différencier l’ostéomalacie du rachitisme ; cette opinion fut combattue par Trousseau. (*)
(*) Morand, Journal des savants , 1752, et Mémoires de l' Acad, des sciences , 1753, p. 541.