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ANATOMIE PATHOLOGIQUE DU BASSIN OSTEOMALAGIQUE

Lasègue, qui voulurent, à tort, comprendre dans le même cadre ces deux entités morbides (1).

Anatomie pathologique. — Les travaux de Bouisson, de Collineau et surtout les recherches anatomo-pathologiques de Virchow, de Volkmann, de Rindfleisch, de Ranvier, ont montré que l’ostéomalacie était une dystrophie bien caractérisée, une ostéomyélite avec ostéite progressive.

Le tissu médullaire devient le siège d’une hyperémie intense, il prolifère de telle sorte que les canalicules de Havers ne tardent pas à être envahis par ce tissu médullaire jeune, rougeâtre; à la périphérie des canalicules de Havers il se forme du tissu ostéoïde , c’est-à-dire du tissu osseux sans sels calcaires. Le tissu osseux se raréfie, envahi par le tissu médullaire. L’analyse chimique montre qu’il y a diminution des sels et en particulier du phosphate de chaux, augmentation des matières organiques et de la graisse.

La décalcification n’est pas seule enjeu dans la production de l’ostéomalacie. Ebner (2) a montré que, chez l’adulte, le tissu osseux est formé d’une série d’éléments de forme et d’aspect variables limités en partie par des surfaces de résorption, en partie par des surfaces d’apposition. De telle sorte que les phénomènes de croissance de l’os sont dus à son équilibre constant entre la résorption et l’apposition osseuses. Reprenant une idée de Mommsen, Cohnheim émit l’hypothèse que l’ostéomalacie serait due à une viciation dans les phénomènes d’ apposition. La substance osseuse de nouvelle formation serait exempte de calcaire; il y aurait apposition acalcaire f).

R. Meslay(4) conclut que « le processus anatomique de l’ostéomalacie ne se montre pas unique. A côté de faits où la décalcification est évidente, il en est d’autres où le processus semble essentiellement irritatif et rapproche l’affection des ostéites raréfiantes chroniques ».

Le degré différent des lésions imprime aux os des caractères divers : tantôt ils sont fragiles, légers et se fracturent facilement (ost. fracturosa de Kilian). Tantôt les os sont de couleur foncée, volumineux, rugueux à la surface, se laissant déformer, s’incurvant en tous sens (ost. cohærens ou cerea).

Les déformations osseuses sont multiples : celles du bassin, qui ont été particulièrement étudiées, résultent des pressions auxquelles il est soumis tant de la part de la colonne vertébrale que de la part des fémurs.

Sous le poids du tronc le sacrum s’affaisse sur lui-même, se plie en deux,

P) Lire la thèse de R. Meslay, Contribution à l’étude anatomo-clinique de l’ostéomalacie. Thèse de Paris, 1896.

(2) Ebner, Ueber den feineren Bau der Knochensubstanz- Sitzber. der k. Akademie der Wissensch. Wien, 1875, t. LXXII.

(5) Pommer ( Ueber Ostéomalacie und Rachitis. Leipzig, 1885) conclut de ses recherches"'sur des os malaciques que : 1° dans l’ostéomalacie, il y^ a développement exagéré du dépôt acalcaire formant le revêtement des espaces intermédiaires et des surfaces de l’os; 2° il y a épaississement marqué de cette portion acalcaire sur tout le squelette.

Ribert ( Bibl . med., 1893, C, Heft 2), sans nier la réalité des phénomènes d’apposition, reste partisan de la théorie de la décalcification : d’après lui, l’ostéomalacie est caractérisée par une dissolution des sels de chaux dans les portions de l’os avoisinant les espaces médullaires.

(4) R. Meslay, Thèse de Paris , 1896.

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