OU PAR LÉSIONS DES MEMBRES INFÉRIEURS
La statique du bassin est modifiée de différentes manières par les lésions des membres inférieurs.
A. Tantôt les rapports de la tête du fémur avec l’os iliaque sont modifiés, il y a luxation de Tarticulation coxo-fémorale. Cette luxation est le plus habituellement congénitale : si elle est double, les deux membres inférieurs conservent la même longueur, le bassin reste symétrique. Si la luxation est unilatérale, le poids du corps se trouve reporté du côté sain, entraînant des déformations asymétriques du bassin.
Guéniot (*) a donné aux bassins viciés par luxation la dénomination de bassins ilio- fémoraux, pour bien montrer que la cause principale de la déformation du bassin est la luxation du fémur dans la fosse iliaque.
B. Tantôt l’articulation coxo-fémorale a été malade, généralement d’un seul côté. Cette coxalgie unilatérale s’accompagne le plus souvent d’ankylose avec raccourcissement du membre — ^ ou même de luxation.
C. Enfin la claudication reconnaît pour cause une lésion quelconque du membre inférieur : paralysie atrophique, fracture, arthrite du genou, pied bot, etc. D’une manière générale, on peut dire que la déformation du bassin sera d’autant moins accusée que la lésion du membre inférieur sera survenue à une époque plus tardive de l’existence, alors que le bassin était déjà suffisamment développé.
Il est important de bien préciser, lorsqu’on examine une femme atteinte de boiterie, si cette infirmité résulte seulement d’un raccourcissement du membre, sans lésion de l’articulation coxo-fémorale, ou s’il y a une maladie de cette articulation ; car la même maladie peut avoir retenti sur les os du bassin et même sur les autres articulations du bassin. Ainsi le pronostic de l’accouchement est plus sérieux chez une femme ayant une coxalgie avec lésions concomitantes des articulations sacro-iliaques que chez une femme ayant une claudication beaucoup plus marquée due à une fracture de jambe.
A. Bassins viciés par luxation congénitale. — Un certain nombre d’auteurs, tels que Guillemeau, Mauriceau, Peu, Levret, Herbiniaux, Lobstein, Osiander, Mme Lachapelle, avaient signalé l’influence des luxations de la hanche sur la formé du bassin. Il faut toutefois arriver à Sédillot (1832) pour avoir des données précises sur cette question ; contrairement à l’opinion de Dupuytren (1826), qui considérait ces bassins comme normaux,
(*) Guéniot, Des luxations eoxo-fémorales, soit congénitales, soit spontanées, au point de vue des accouchements. Thèse d’agrég., Paris, 1869.