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BASSINS VICIÉS PAR SPONDYLOLISTHÉSIS

par le corps de la cinquième lombaire qui vient faire saillie et tomber dans la partie supérieure de F excavation (fig. 392). Ce glissement entraîne d’une part une exagération de la lordose lombaire et produit d’autre part une bascule en arrière de la base du sacrum dont l’extrémité inférieure se rapproche de la symphyse.

Ce mouvement de bascule du sacrum entraîne d’autres déformations

moins importantes du bassin : les crêtes iliaques s’éloignent l une de l’autre; tandis que les tubérosités sciatiques se rapprochent. Le bassin est moins haut et prend la forme en entonnoir analogue à celle du bassin cyphotique.

En examinant la femme debout , il semble que sa colonne lombaire lui soit entrée dans le bassin : tandis que le thorax et les membres sont normaux, l’abdomen est très court et les fausses côtes descendues très près et presque à l’intérieur des crêtes iliaques (fig. 393 et 394). Le ventreest en besace recouvrant le mont de Vénus, l’appendice xiphoïde est rapproaplaties, les hanches très saillantes; l’extrémité supérieure du sacrum fait en arrière une si forte saillie que Ton peut mettre la main sur le sacrum qui, avec l’arc et l’épine de la vertèbre, fait marche d’escalier entre les deux crêtes iliaques (fig. 393).

Au toucher on note le rétrécissement du détroit inférieur; puis la saillie formée par la cinquième vertèbre lombaire, espèce de balcon écroulé appliqué sur la face antérieure de la première pièce du sacrum ; cette saillie se distingue du promontoire saillant du bassin rachitique à ce qu’il n’existe pas de chaque côté d’elle de masses latérales analogues aux ailerons du

Fig. 595. — Vue de dos d’une femme ayant le bassin vicié par spondylolisthésis.

Fig. 594. — Vue de face d’une femme ayant le bassin vicié par spondylolisthésis.

ché du pubis. Par derrière on voit que les fesses sont

BASSINS VICIÉS PAR SP0NDYL0LISTHÉS1S.

sacrum. De plus on peut sentir parfois, ainsi qu’Olshausen l’a signalé, les artères iliaques primitives et même la bifurcation de l’aorte, qui est entraînée assez bas par l’exagération de la convexité lombaire pour être sentie par le doigt.

Enfin, en suivant avec le doigt la ligne innommée, on constate qu’elle ne se continue pas avec la vertèbre proéminente, mais qu’elle plonge et remonte plus haut par-dessous et en arrière.

La vulve, suivant le redressement du bassin, est amenée en avant et la symphyse est élevée.

Pathogénie. — Ce n’est point la vertèbre entière qui glisse, mais seulement la partie antérieure de cette vertèbre [corps et racines des arcs , apophyses transverses et articulaires supérieures). La partie postérieure de la vertèbre (apophyses articulaires inférieures , lames , apophyse épineuse), séparée de l’antérieure comme par deux traits de scie ou deux fissures congénitales, reste en place et ne subit qu’un insignifiant changement de direction (fig. 399). Farabeuf nous a montré des vertèbres lombaires et autres sur lesquelles on voit le lieu de la spondyloschise fente, scissure), qui est la région interarticulaire de chaque demiarc latéral (fig. 596 A). Comment expliquer cette lésion, cette symphyse ou pseudarthrose bi-latérale? On ne saurait invoquer un traumatisme pour les cas où la schise interarticulaire est unilatérale et s’accompagne d’une bifidité de l’épine avec deux moitiés polies l’une par l’autre.

11 faut songer que, des trois grains osseux que l’on trouve à la fin du deuxième mois de la vie utérine dans la masse apophysaire, deux, l’antérieur

Fig. 395 (Farabeuf). — A. Profil de la cinquième vertèbre lombaire atteinte de spondyloschise marquée d’un trait noir entre les apophyses articulaires. — B. Coupe sagittale de même vertèbre, même lésion, même marque. — C. Développement embryonnaire d’une vertèbre. — A gauche, les trois grains osseux latéraux, antérieur La , intermédiaire Li et postérieur Lp, sont séparés. — A droite, les deux premiers sont réunis et le postérieur reste distinct comme pour -la spondyloschise.

et l’intermédiaire, celui de l’articulaire supérieure et de la transverse, ont pu laisser le troisième, celui de l’articulaire inférieure, de la lame et de l’épine, évoluer séparément, tandis qu’eux se confondaient pour, longtemps après la naissance, s’unir au corps (fig. 595 C).

Les spondyloschises simples ou doubles ne sont pas très rares. Les unilatérales ne permettent pas le glissement. Les bilatérales le permettent, mais toutes ne le subissent pas, et, quand elles le subissent, le degré varie considérablement.

La cinquième lombaire est de préférence atteinte de spondyloschise bilatérale. Quelles sont les conséquences de cette solution de continuité?

BASSINS VICIES PAR SPONDYLOLISTHESIS.

« Toutes découlent du glissement vertébral. Le poids du corps tend à faire glisser le corps de la cinquième vertèbre devant le sacrum, dont la base est un plan incliné à 45°. — Cette vertèbre, quand elle est intacte, se cramponne derrière les apophyses articulaires du sacrum, à Laide de ses propres apophyses articulaires inférieures. Mais on conçoit que le glissement s’opère lorsqu’il y a spondyloschise bilatérale, grâce à l’allongement du tissu fibreux des pseudarthroses, surtout si la colonne est surchargée par le développement anormal du poids du corps, par des fardeaux considérables, chargés doucement ou brusquement sur les épaules.

« Le glissement se produit lentement, il faut que les ligaments jaunes qui unissent la quatrième vertèbre à l’arc postérieur de la cinquième resté en arrière s’allongent ou se désinsèrent. A mesure qu’il s’accomplit, la région lombaire se cambre davantage. Finalement elle paraît brusquement enfoncée, le bassin se trouve couvert ou plutôt bouché. Quant à la vertèbre, cause de tout le mal, elle présente l’altération suivante : la partie postérieure de l’arc est restée en place, l’épine, un peu relevée, fait marche relativement à la quatrième; le corps ainsi que la partie antérieure de la masse latérale a glissé en bas et en avant avec les vertèbres sus-jacentes. Mais, au lieu d’un espace de I ou 2 centimètres qui semblerait devoir exister de chaque côté entre les deux pièces osseuses, on constate que le contact existe encore, qu’il y a eu production osseuse en avant ou en arrière de la fissure. On croirait voir une simple élongation de la portion interarticulaire, si l’interligne sinueux pseudo-articulaire, la schise, ne se montrait toujours (Farabeuf). »

Diagnostic. — C’est en examinant avec soin la femme debout et couchée qu’on arrive à reconnaître le bassin vicié par spondylolisthésis.

Nous verrons plus loin (page 906) comment on peut différencier les bassins viciés par spondylizème et par spondylolisthésis .

Le diagnostic avec le bassin vicié par luxation congénitale double se fait en examinant la femme debout et en la faisant marcher : il est facile de reconnaître à la démarche particulière que la femme présente une luxation congénitale double; la femme dont le bassin est vicié par spondylolisthésis ne boite pas.

De plus, en examinant par derrière la femme debout, on constate des particularités qui permettent de différencier ces deux bassins l’un de l’autre ou du bassin normal.

Sur la figure 596, qui représente, vue de dos, une femme dont le bassin est normal, on voit que, si on prolonge par en haut les lignes AC et BD (qui réunissent de chaque côté les crêtes iliaques aux grands trochanters), elles se rencontrent au-dessus de la tête. Dans le bassin vicié par luxation congénitale double (fîg. 598), le diamètre bi-trochantérien est augmenté, de telle sorte que les côtés obliques du trapèze ABCD se rencontrent dans la région dorsale de la colonne vertébrale. Enfin, dans le bassin vicié par spondylolisthésis (fig. 597), la base iliaque est devenue plus grande que la base bi-trochantérienne, de telle sorte que c’est au-dessous du bassin que se rencontreraient les côtés du trapèze.

Pronostic. — Il est sérieux pour la mère et le fœtus : il dépend du degré

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