DES ANOMALIES QUI SURVIENNENT DANS LA CONTRACTION UTÉRINE
Elles sont nombreuses, et leur variété même empêche cl’en donner une description précise. Il est bien difficile de spécifier les cas dans lesquels l’utérus se contracte d’une manière insuffisante ou exagérée ; pour chaque femme l’utérus a presque une manière particulière de se contracter ; tantôt les contractions utérines sont fortes et rapprochées, tantôt au contraire elles ont une intensité moindre et sont plus espacées, mais si l’accouchement, traîne en longueur, est-ce le défaut ou V insuffisance de la contraction utérine qui en est réellement la cause?
Avant de l’affirmer, il faut s’assurer qu’il n’y a point d’anomalie du côté de la partie fœtale qui se présente, ni du côté du bassin.
Les auteurs divisent les anomalies provenant de la contraction utérine en trois groupes, suivant que cette contraction est exagérée , diminuée ou irrégulière .
1° Contractions utérines exagérées. — L’exagération des contractions utérines peut porter sur leurs différents caractères ; tantôt les contractions sont intenses , prolongées , douloureuses , tantôt elles restent normales à ces différents points de vue, mais elles se suivent à intervalles beaucoup trop rapprochés. L’utérus se contracte d’une manière presque incessante, les douleurs se suivent avec une telle rapidité qu’il n’y a plus pour la femme un seul instant de calme ni de repos; elles amènent un état de surexcitation douloureuse telle qu’on a beaucoup de peine à maintenir la femme au lit : il y a tétanisation de l'utérus, tétanisme utérin.
Cet état ne dure généralement pas longtemps; lorsqu’il existe, en effet, il ne tarde pas à produire l’expulsion rapide du fœtus; ce qui n’est pas sans inconvénient pour l intégrité du col et du périnée.
Cette exagération de la contraction utérine est également mauvaise poulie fœtus : la circulation fœto-placentaire se trouve d’autant plus profondément troublée, qu’elle ne peut se rétablir puisqu’il n’y a pas de période d’accalmie. Aussi l’enfant naît-il souvent en état de mort apparente; quelquefois même il ne peut être ranimé. L’auscultation est rendue impossible ou tout au moins très difficile par l’état de contraction permanente de l’utérus ; ce qui peut empêcher de reconnaître que l’enfant souffre et qu’il y a nécessité d’intervenir.
Les contractions exagérées amènent une déplétion brusque de l’utérus qui peut être suivie d’inertie du muscle : tantôt la contraction persiste et le placenta est rapidement expulsé; mais si l’utérus ainsi surmené ne se rétracte pas suffisamment, on observe une hémorragie plus ou moins abondante. Tantôt au contraire, après cette expulsion rapide du fœtus, le muscle utérin ne se contracte pas assez pour produire le décollement et la sortie du placenta; cet état nécessite la délivrance artificielle.