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DES ANOMALIES DE LA CONTRACTION UTÉRINE

Dans certains cas non seulement le muscle utérin ne se contracte pas, mais il ne se rétracte pas suffisamment : d’où résulte une hémorragie plus ou moins abondante. A l’exagération des contractions a succédé une inertie complète.

Que convient-il de faire au cours du travail chez une femme qui présente cet excès de contraction utérine? Dans la pluralité des cas, il n’y a rien à faire que d’exhorter la femme à la patience en lui faisant observer que plus les contractions sont fortes et rapprochées, plus le travail sera rapide : on l’engage à modérer ses efforts au moment de la période d’expulsion.

Si cependant ce travail trop rapide détermine des douleurs trop intenses, si la femme surexcitée par cet état douloureux devient indocile, il y a intérêt à lui administrer du chloroforme à dose analgésique pour modérer l’intensité de la douleur; la marche du travail en est facilitée.

On peut dans le même but, mais avec un résultat plus incertain, recourir f1) aux injections hypodermiques de morphine ou aux lavements de chloral.

2° Faiblesse et irrégularité des contractions utérines. — Chez certaines femmes l’utérus ne se contracte pas suffisamment ou se contracte d’une manière irrégulière ; le travail est lent ( tedious labor des Anglais), irrégulier.

Tantôt il y a seulement un intervalle trop grand entre deux contractions; tantôt les contractions se suivent d’une manière irrégulière. Pendant une heure ou deux, les contractions utérines existent, puis elles se suppriment plus ou moins complètement pendant un certain temps. Le travail reste stationnaire: l’effacement et la dilatation du col se font avec une lenteur désespérante.

Dans un certain nombre de cas, cette paresse de l’utérus n’est que secondaire; la partie fœtale, appuyant mal sur l’orifice utérin, le réflexe qui produit la contraction utérine n’est point suffisant; ce défaut de pression de la partie fœtale sur l’orifice utérin tient soit à un rétrécissement du bassin, soit à la présence du placenta sur le segment inférieur. La rupture prématurée des membranes, qui reconnaît souvent cette dernière cause, retarde la marche du travail; la poche des eaux, n’existant plus, ne peut contribuer à la dilatation de l’orifice utérin, comme elle le fait habituellement d’une manière très efficace.

Nous ne pouvons passer ici en revue toutes les causes qui rendent l’accouchement très long; d’ailleurs il est certaines femmes dont l’utérus se contracte mal, soit par suite d’une structure particulière du muscle utérin, soit par suite d’une sorte d’innervation faible. On observe assez souvent ces particularités chez des femmes fortes, grandes, plus ou moins obèses et qui mettent quarante, cinquante, soixante heures et même plus pour accoucher. (*)

(*) S. Piémy vante en pareil cas les bons effets du succinate d’ammoniaque qu’il a vu employer jadis par le professeur Stoltz comme antispasmodique utérin : il le prescrit à la dose d’un gramme dans une potion de 140 grammes qu’il fait prendre par cuillerées à bouche de quart d’heure en quart d’heure jusqu’à sédation du spasme. Il le conseille non seulement pendant le travail, mais pendant la période de délivrance pour combattre le spasme de l’orifice interne.

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