DYSTOCIE PAR EXCÈS DE VOLUME PATHOLOGIQUE DU FŒTUS
de sauver ces beaux enfants qu’on sacrifiait trop souvent autrefois. — Si le fœtus a succombé au cours du travail, il faut pratiquer la basiotripsie.
b. Dystocie causée par l’excès de volume et le défaut de rotation des épaules . — Cette complication, signalée par les anciens auteurs, a été bien étudiée par Jacquemier (1860).
Elle se traduit cliniquement de deux manières différentes : tantôt la tête fœtale ne progresse plus dans l’excavation, parce que les efforts d’expulsion s’épuisent sur les épaules et ne se transmettent plus à la tête (c’est, l’enclavement des épaules signalé par Levret ); tantôt la tête fœtale est sortie spontanément ou a été extraite par le forceps; elle reste étroitement appliquée contre la vulve. Les épaules, retenues à la partie supérieure de l’excavation, ne' descendent pas ou n’accomplissent pas leur mouvement de rotation.
Dans les cas simples (*), il suffit d’exercer quelques tractions, dirigées en bas, sur la tête fœtale, pour que les épaules s’abaissent et arrivent sur le bassin mou où elles se dégagent alors facilement. — Dans d’autres cas, il faut introduire la main dans les organes génitaux, puis glisser l’index et le médius dans le creux de l’aisselle pour tâcher d’abaisser le bras et au besoin de faire tourner l’épaule.
Chez certaines femmes, particulièrement chez celles qui ont le bassin rétréci, cette manœuvre n’aboutit pas, il faut introduire la main, et essayer d’abaisser un bras que l’on saisit à pleine main. Parfois l’abaissement des deux bras est nécessaire pour pouvoir ensuite exercer des tractions sur le tronc. — Ribemont-Dessaignes a donné le conseil, lorsqu’on pratique la basiotripsie dans un bassin rétréci, d’aller dégager successivement les deux bras et de les casser au besoin pour pouvoir les abaisser.
Il faut se rappeler que parfois les épaules s’engagent difficilement parce que l’orifice utérin insuffisamment dilaté fait obstacle; c’est ce que l’on observe pendant l’expulsion des fœtus anencéphales dont l’extrémité céphalique incomplète ne dilate pas suffisamment l’orifice.