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CONDUITE A TENIR DANS L’HYDROCÉPHALIE

en raison de la hauteur à laquelle on opère; elle peut même présenter quelques dangers.

Aussi est-il préférable, lorsque le tronc est dégagé, de recourir à une méthode plus simple, attribuée à Lacoux par Van Iïuevel, et mise en pratique pour la première fois par Tarnier : elle consiste à sectionner la colonne dorsale et à donner issue au liquide par cette voie . On enfonce la lame d’un bistouri de chaque côté de la colonne vertébrale dans deux espaces intercostaux correspon dants, et par cette double brèche on introduit profondément les lames d’une paire de ciseaux ; d’un seul coup, on sectionne la colonne vertébrale. Le canal rachidien est ainsi mis à découvert ; la partie du tronc sous-jacente à la section s’affaisse; on introduit alors dans le canal rachidien une sonde en gomme, munie d’un mandrin ou même une sonde métallique que l’on pousse jusque dans la cavité crânienne : un jet de liquide céphalo-rachidien s’écoule au dehors (fig. 450), la tête se vide et ne tarde pas à être entraînée au dehors par le poids du corps.

Lorsque le fœtus est extrait, pour se bien rendre compte du volume primitif de la tête fœtale, on

peut y injecter par la même voie une quantité de liquide égale à celle qui a été retirée.

b. Encéphalocèle congénitale. — L'encéphalocèle est une tumeur qui existe à la naissance sur le crâne du fœtus.

On en distingue deux variétés principales, suivant que la poche de la tumeur renferme seulement du liquide céphalo-rachidien ou en même temps de la substance cérébrale (méningo-encéphalocèle).

Tantôt la tumeur est en communication par un orifice avec la cavité

Fig. 450. — Fœtus dont la tête hydrocéphale est retenue haut dans les organes génitaux.

L'incision transversale de la colonne dorsale a été pratiquée et un cathéter donne issue au liquide céphalo-rachidien ( procédé van Huevel- Tarnier).

ENCÉPIIALOCÈLE CONGÉNITALE.

crânienne : sous l’influence du cri, de l’effort, elle augmente de volume et se tend; si Ton exerce sur elle une compression modérée, elle se réduit en partie, et cette réduction peut suffire à produire des mouvements convulsifs chez le nouveau-né.

Tantôt la tumeur est isolée de la cavité crânienne , l’orifice de communication étant oblitéré.

Le pédicule de la tumeur est plus ou moins volumineux.

L’encéphalocèle siège généralement au niveau de la ligne médiane, soit au niveau de l’occiput (fig. 451), soit au niveau du front.

Nombreuses sont les théories émises pour expliquer la production de l’en-

Fig. 451. — Encéphalocèle congénitale siégeant à la partie postérieure du crâne. (D’après nature.)

eéphalocèle : pour les uns, il s’agit d’un arrêt de développement, d’un défaut d’ossification d’un os du crâne; pour les autres, c’est par suite d’adhérences amniotiques au cuir chevelu que se produisent ces tumeurs.

Au point de vue obstétrical, le diagnostic de ces tumeurs n’est généralement fait qu’après l’accouchement ; il faut qu’elles soient d’un gros volume pour produire un obstacle â l’expulsion du fœtus. Il suffit' alors de ponctionner la tumeur pour qu’elle diminue ou disparaisse au moins temporairement.

c. Œdème généralisé. — Le fœtus peut subir, sous des influences encore mal connues (syphilis, obstacle à la circulation dans la veine ombilicale, etc.), une infiltration totale de son tissu cellulaire; cette augmentation de volume peut gêner notablement l’accouchement. Tantôt le fœtus conserve sa forme générale et ne présente qu’une sorte de bouffissure généralisée (fig. 452); tantôt le fœtus est déformé et présente des formes bizarres (Bestchler).

(*) Dans un cas rapporté par Ballantyne (d’Edimbourg), l'anasarque était généralisée, mais prédominait surtout an niveau du cuir chevelu, de la face et des parties génitales. La face offrait le faciès typique du boule-dogue ; il y avail un pli profond à la racine du nez. Les oreilles étaient plissées par l’œdème, la langue procidente. Ce fœtus, qui pesait 1960 grammes, vécut deux ou trois minutes: le placenta, épais et friable, pesait 870 grammes.

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