ŒDÈME GÉNÉRALISÉ
Si quelques-uns de ces fœtus naissent vivants, ils ne tardent pas à succomber; le plus souvent ils meurent au cours du travail ou de l’extraction.
D’après Ballantyne, l’anasarque des nouveau-nés peut reconnaître des causes diverses : elle peut être due à des affections intra-utérines, rénales, à des altérations du sang ou à l’absence du canal thoracique, comme dans le cas rapporté ci-dessus ; mais elle peut résulter d’affections maternelles qui retentissent sur le placenta et, par suite, sur le fœtus.
Dans quelques observations on a noté, en même temps que l’œdème généralisé du fœtus, l’anasarque de la mère, l’hydropisie de l’amnios, une augmentation de volume très considérable du placenta.
d. Hydrothorax . — 11 est
exceptionnel que l’hydrothorax soit assez notable pour produire un obstacle à l’accouchement; il est rarement isolé, le plus habituellement il coexiste avec d’autres épanchements séreux, tels que de l’ascite.
Hohl, Siebold, Galetti, en ont rapporté quelques observations.
e. Ascite du fœtus. — L’ascite congénitale du fœtus n’est pas très fréquente; elle est habituellement produite par la syphilis.
La quantité du liquide contenu dans l’abdomen est d’un à quatre ou cinq litres ; sa couleur varie du jaune citron au rouge orange dans les cas où il renferme des globules sanguins. Souvent on trouve d’autres épanchements dans les séreuses (plèvre, péricarde, etc.).
Nombreuses sont les lésions viscérales qu’on peut constater en même temps que l’ascite : hypertrophie (*) ou atrophie du foie avec ou sans dégénérescence des cellules; hypertrophie ou atrophie de la rate; hydronéphrose avec distension des uretères. Les lésions coexistantes du péritoine sont variées (hyperémie, ecchymoses, exsudats localisés ou généralisés, lésions tuberculeuses, gommes syphilitiques (Porak), etc.).
Fig. 452. — Œdème généralisé d’un fœtus mort-né. (D’après une photographie communiquée par Léon Dumas, de Montpellier.)
(4) Dans un cas observé dans le service de Bouilly, S. Vanverls et F. Ramond ( Bulletin de la Société anatomique, février 1896) ont constaté, outre l’ascite, un foie pesant 750 grammes et qui présentait des lésions anciennes et fort accusées de sclérose insulaire et intra-lobulaire. La rate normale (pesant 10 grammes) était seulement congestionnée. Le placenta pesait 720 grammes.
ASCITE DU FŒTUS.
Du côté de l’œuf on trouve souvent de l’hydramnios et des lésions syphi-
litiques du placenta.
L’ascite congénitale se produit de différentes manières : mécaniquement par gêne de la circulation dans la veine porte par suite des lésions du foie. C’est d’une manière mécanique qu’agissent également les lésions du placenta. — D’autres fois l’ascite est de nature inflammatoire, causée par des
inferieurs, un a eie oouqe ae pratiquer , , , , • .
la ponction cle l'abdomen. (Maternité.) davantage le diagnostic j 011 lie peut reCOll-
ou bien d’une rétention d’urine.
Le pronostic n’a rien de sérieux pour la mère, si le diagnostic de gros ventre du fœtus est fait assez tôt pour qu on n’exerce pas des tractions immodérées sur le fœtus.
La ponction a facilement raison de la dystocie causée par 1 ascite : on la pratique au voisinage de l’ombilic, et si possible entre 1 ombilic et le pubis. Quelquefois, chez les fœtus macérés, l’évacuation du liquide a pu être faite
f1) Dans un cas où le fœtus se présentait par le plan latéral, Charpentier a pu arriver avec le doigt sur la région ombilicale et constater l’augmentation de volume du ventre qui nécessita la ponction. Il y avait en même temps ascite, péritonite et surtout rétention d urine avec oblitération du canal de l’urèthre.
lésions du péritoine; enfin elle peut être dyscrasique , tenir à des altérations du sang, lorsqu’elle coexiste avec des hydropisies de la mère : le fœtus peut présenter lui-même un œdème plus ou moins généralisé avec des épanchements séreux.
Peut-on faire le diagnostic d’ascite alors que le fœtus est encore in utero ? La chose n’est guère possible au cours de lu grossesse : si l’ascite est abondante, elle détermine une augmentation de volume de l’utérus qui cause chez la mère des phénomènes de compression plus ou moins accusés. On peut reconnaître qu’il y a chez le fœtus quelque chose d’anormal, penser même à l’ascite lorsque la femme est syphi-
ue; mais il est impossible de rien affirmer.
Le fœtus se présentant par le siège a été soumis à des tractions assez énergiques qui ont en partie arraché les membres inférieurs. On a été obligé de pratiquer
Fig. 455. — Ascite chez un fœtus
non macéré. (D’après nature.)
Au cours du travail , le diagnostic est non seulement possible, mais doit être fait à un moment donné lorsque, au cours de la période d’expulsion, après expulsion de la tète ou du siège, le tronc se trouve arrêté et résiste aux tractions exercées sur lui : en introduisant la main profondément, on reconnaît qu’il y a distension anormale de l’abdomen Q). Il est difficile de préciser
naître s'il s’agit réellement d’une ascite