BALLON DE GHAMPETIER DE RIBES
à peu par sa partie large clans le segment inférieur; si le ballon ne descend pas, c’est qu’il est trop distendu. On retire 60, 80 ou 100 grammes de liquide que l’on mesure. Les contractions utérines deviennent régulières, efficaces; si elles sont fortes et rapprochées, on réinjecte partie ou totalité du liquide qu’on a retiré.
Le travail continuant, il faut suivre les progrès de la dilatation de l'orifice utérin : lorsqu'il semble que le ballon est près d’être expulsé dans le vagin, on le distend au maximum en réinjectant du liquide, de manière à obtenir, au moment de la sortie, toute la dilatation possible. Il est parfois nécessaire, lorsque ce ballon traverse un rétrécissement du bassin, qu’il soit dégonflé partiellement; sans quoi, trop volumineux, il serait retenu au-dessus du détroit supérieur et n’appuierait pas bien sur le segment inférieur ni sur l’orifice utérin. Une fois le rétrécissement franchi, à nouveau on distend le ballon au maximum pour dilater l’orifice utérin. — Lorsque le ballon est hors de l’utérus, il ne tarde pas à être expulsé assez rapidement sous l’influence des efforts cle la femme. C’est un véritable accouchement : le hassin mou se distend, le coccyx est rétropulsé, le périnée bombe comme au moment de l’expulsion de la tête fœtale.
Quand la femme commence à faire des efforts d’expulsion, il faut tâcher de bien maintenir en bas la tête du fœtus, au niveau du détroit supérieur : lorsqu’on constate que l'orifice utérin va être complètement dilaté, il faut, dans l’intervalle des contractions utérines, reconnaître par le palper la situation du fœtus : si la tète est en bas, on doit l’y maintenir; si elle est plus ou moins éloignée de l’aire du détroit supérieur, on l’y ramène à l’aide de manœuvres externes.
Dans certains cas cette exploration et ces manœuvres ne sont pas toujours faciles en raison de l'intensité et de la fréquence des contractions utérines : il faut alors, dès que le ballon est hors des organes génitaux, pratiquer immédiatement le toucher et s’assurer de la présentation : si ce n’est pas le sommet qui se présente, on tâche de le ramener au niveau du détroit supérieur à l’aide de la version par manœuvres externes ou de la version bipolaire. Généralement la tète descend dans l’excavation derrière le ballon et l’expulsion du fœtus ne tarde pas à se faire rapidement
Un des avantages du ballon Champetier de Ribes est de permettre la terminaison naturelle ou artificielle de l’accouchement aussitôt après son expulsion : il est jusqu’à présent le seul agent qui dilate à peu près complètement l’orifice utérin. De plus, il provoque à coup sur et assez rapidement le travail, même chez les multipares dont l’utérus est tolérant. Il est rare que l’accouchement n’ait pas lieu dans les 24 ou 48 heures qui suivent son introduction. Généralement il se termine 6, 8 ou 10 heures après l’intervention. La durée du travail dépend en effet de la cause pour laquelle on provoque le travail, de la tolérance plus ou moins grande de l’utérus et de la manière dont on dirige la dilatation du canal cervical par le ballon.
Si en effet on surveille la femme de près, si on se rend bien compte des phénomènes physiologiques du travail, si on sait à point introduire ou retirer du liquide, on peut produire une dilatation complète presque à heure fixe.