PETITS BALLONS DE CHAMPETIER DE RIBES
que les gros. Le ballon doit d’abord être jaugé, pour savoir quelle quantité de liquide il contient lorsqu’il est gontîé au maximum. Le ballon est brossé, savonné avec soin, puis mis dans de l’eau bouillante après avoir été enveloppé d’une compresse stérilisée ; il est ensuite roulé et saisi dans une pince (fig. 446) légèrement courbe sur le plat et un peu concave entre ses mors, analogues à celle qui sert pour les gros ballons, mais elle estplus fine et à mors plat. L’introduction, le gonflement du ballon in utero ne diffèrent en rien de la description que nous avons donnée plus haut (p. 1044) pour le grand modèle. Dans les cas où le canal cervical est trop étroit pour permettre l'introduction du ballon petit modèle, on dilate d’abord le col avec une tige de laminaire ou, si l’on veut aller vite, avec des bougies de Hegar.
D’une manière générale, le petit modèle est employé dans la première moitié de la grossesse, soit pour provoquer l’avortement, soit pour dilater le canal cervical après expulsion de l’embryon afin de permettre l’expulsion du placenta ou l’introduction des doigts dans l’utérus. Le ballon de moyen calibre est utilisé de préférence pendant les 5e, 6e et 7e mois dans les mêmes conditions ou pour provoquer le travail. On peut en effet se servir de ces ballons (petit modèle) comme excitateurs, ils agissent alors comme le ballon Tarnier, mais ils sont plus résistants; ils ne peuvent être expulsés sans avoir produit une dilatation égale .à leur plus grande circonférence.
4° Méthode de Boissard (1). — Boissard a quelque peu modifié l’instrumentation servant à la provocation de l’accouchement. Il emploie deux ballons, l’un de petit modèle qui se rapproche du ballon de Tarnier. l’autre plus volumineux qui ressemble au ballon de Ghampetier de Ribcs.
a. Petit modèle. • — Le ballon est formé d’une ampoule de caoutchouc, partie amincie, pouvant supporter une forte distension. Cette ampoule est de forme ovoïde, terminée à sa petite extrémité par un tube de 37 centimètres de longueur et de 1 centimètre de circonférence. Vide, elle est aplatie, mesure 4 centimètres de hauteur et 2 centimètres 1/2 de largeur; pleine d’eau elle atteint le volume d’une orange de moyenne grosseur, a une circonférence de 20 centimètres, une hauteur de 7 centimètres et une capacité de 130 à 150 grammes. Le conducteur est un tube creux , en aluminium, légèrement recourbé à une de ses extrémités et mesurant 25 centimètres de longueur. Ce tube va en s’effilant à une de ses extrémités, qui est taillée en bec de flûte et qui présente des bords très mousses. C’est la portion courbe qui sera introduite dans la cavité utérine et qui a une circonférence extérieure de 2 centimètres seulement; elle porte une sorte d'anneau de jonc à une distance de 6 centimètres qui donne la mesure de l’introduction du tube dans le canal cervical. Pour monter l’appareil, il suffit d’introduire le tube de caoutchouc vaseline dans le tube creux en aluminium, de façon que l’extrémité ampullaire rentre et pénètre dans la portion taillée en bec de flûte, tout en dépassant ses bords de quelques millimètres.
Voici comment on doit opérer pour introduire le ballon dans l’utérus :
« Le tube ainsi monté et chargé, on le conduit sur l’index de la main droite introduite dans le vagin cl en rapport avec l’orifice externe du col ; à ce moment on injecte dans le tube en caoutchouc, au moyen d’une seringue, du liquide; sous l'influence de l’injection, la poche de caoutchouc, aplatie et contenue dans la portion taillée en bec de flûte du tube d’aluminium, tend à sortir en se dilatant ; cette portion de caoutchouc, moins résistante et mince, cherche, sous l'influence de la pression du liquide, à se déloger, et va en quelque sorte être énucléée\ bientôt, en effet, trouvant la moindre résistance du côté de la cavité utérine, elle sort dilatée du tube , c’est-à-dire que plus elle se dilate , plus elle sort ; bientôt alors le ballon gonflé se trouve placé de lui-même au-dessus de l’orifice interne; on retire à ce moment le tube d’aluminium, et le ballon gonflé reste en place , sans ficelle, sans ressort, sans pince: notre appareil est tout de suite prêt, tout de suite monté. »
h. Grand modèle. — Ce «ballon diffère de celui de Ghampetier de Ribes par son volume
(') A. Boissard, Nouvelle technique pour provoquer l’accouchement prématuré artificiel. Bull, •et mém. de la Soc. obst. et gyn. de Paris , février 1894. — Nagib-Eddé, Instrumentation de M. Boissard pour provoquer l'accouchement prématuré. Thèse de Paris. 1894.
ECARTEUR UTÉRIN DE TARNIER.
moindre et surtout par la forme excavée de sa face supérieure; il est formé du même tissu inextensible. Vide, il a la forme d’un ovoïde; par sa petite extrémité, il se termine par une pièce en caoutchouc durci, sur laquelle est fixé un fort tube de caoutchouc de 57 centimètres de longueur et de 3 centimètres de circonférence. En dedans et au milieu du fond s’attache solidement une double ficelle, qui sort du tube de caoutchouc et vient pendre en dehors. Lorsqu’on gonfle le ballon, il faut avoir soin de tirer sur la ficelle, jusqu’à ce qu’on soit parvenu au trait noir qui indique qu’on a atteint le degré voulu. La face supérieure du ballon s’aplatit alors, ou plutôt s’excave et présente assez bien l’aspect d’un fond d’ artichaut. Sa grande circonférence mesure 52 centimètres et sa capacité est d’environ 230 grammes.
Pour introduire ce ballon, Boissard se sert d’une pince qui a 33 centimètres de longueur, 17 centimètres 1/2 de l’extrémité des mors à l’articulation et 15 centimètres 1/2 de l’articulation à l’extrémité des anneaux. Elle présente une très légère courbure antéro-postérieure. Les mors pleins sont canaliculés pour pouvoir loger très facilement le ballon, leur extrémité est mousse, un peu conique, et leurs bords se touchent sur une certaine étendue. L’articulation est à pivot. Un système à crémaillères sert à maintenir les deux branches rapprochées. L’introduction de ce ballon ne diffère de l’introduction du ballon Champetier de Ribcs que par la manœuvre de la ficelle. On introduit la pince montée dans la cavité utérine ; une fois en place, on désarticule la pince et on enlève la branche supérieure; on injecte alors 150 grammes de liquide environ, puis on retire la seconde branche. À ce moment-là, maintenant d’une main le tube de caoutchouc près de la vulve, on exerce de l’autre des tractions sur la ficelle, jusqu’à ce qu’on ait aperçu le tiret noir. Ayant donné ainsi au ballon sa forme définitive, on le distend complètement en complétant l’injection. Enfin on pose une ligature très serrée sur le tout.
5° Écarteur utérin de Tarnier . — Cet instrument, imaginé par Tarnier en 1888, est employé pour hâter la dilatation du col dans certains cas de rigidité, ou lorsque, comme dans les viciations pelviennes, la partie fœtale n’appuie pas d’une manière suffisante sur l’orifice utérin. Après l’avoir expérimenté à la Maternité avec le concours de Mme Henry, Tarnier l’a employé un certain nombre de fois, non seulement pour accélérer, mais pour provoquer le travail; c’est pourquoi nous décrivons ici cet instrument, bien que son emploi soit plutôt indiqué pendant le travail. Bonnaire (f) a publié sur cet instrument un travail auquel nous ferons de nombreux emprunts.
Instrument. — L’écarteur Tarnier (fig. 447) se compose de trois tiges métalliques destinées à s’articuler entre elles, lorsqu’elles ont été mises en place au niveau du col de l’utérus; le plus habituellement, on ne se sert que de deux branches ; chacune des branches a une longueur totale de 55 cent. 1/2, elles sont coudées à angle très obtus en leur milieu : par le sommet mousse de ce coude, elles s’adossent l’une à l’autre et s’articulent à ce niveau par emboîtement. A cet effet, l’une des branches est munie d’un pivot aplati, horizontal, qui s’introduit à frottement doux dans une mortaise de calibre correspondant qui est forée dans l’épaisseur de la branche opposée ; le pivot et la mortaise sont perforés sur le plat, de manière à fournir un point d’implantation articulaire à la troisième branche.
Lorsque les deux branches sont articulées, elles forment, de chaque côté de leur point de jonction, deux bras de levier de longueur à peu près égale; de telle sorte que, lorsque deux extrémités homologues se rapprochent, les deux autres extrémités s’écartent à peu près d’autant. Les extrémités de chaque tige sont très différentes l’une de l’autre : celle qui est destinée à
(i) Progrès médical , 5 avril 1890. ■ — I/écarteur utérin Tarnier. Archives de locologic et de gynécologie , 1891.