MANŒUVRE DE CHAMPETIER DE R1BES
postérieur , le mauvais pied. On peut alors tenter d’abaisser le pied antérieur et exercer sur lui des tractions: mais on peut se contenter de tirer sur le pied primitivement saisi en transformant ce pied postérieur en pied antérieur.
Deux voies sont alors ouvertes : supposons que le pied abaissé appartienne à un membre inférieur dont la hanche soit en rapport avec la symphyse sacro-iliaque droite ; on peut ramener cette hanche au niveau de l’éminence ilio-pectinée droite, en lui faisant décrire les deux tiers d’un demi-cercle d’arrière en avant et de gauche à droite. Par un chemin plus long, on peut ramener plus facilement cette hanche au niveau de l’éminence ilio-pectinée gauche en lui faisant décrire une demi-circonférence de gauche à droite, et d’arrière en avant.
Les recherches expérimentales de Faraheuf et Varnier sont venues confirmer un fait d’observation; en effet, lorsque la rotation se fait spontanément elle a lieu habituellement par le chemin le plus long, c’est donc ainsi — par le chemin le plus long — qu’il faut faire évoluer la cuisse postérieure pour la ramener en avant.
Une seconde difficulté consiste dans Y arrêt de la tête au niveau du détroit supérieur rétréci ; le mécanisme que nous avons indiqué pour le passage spontané de la tête (page 857) en pareil cas nous permet d’exposer brièvement la manœuvre dite de Champetier de Bihes , qui consiste à faire franchir l’obstacle à la tète dernière.
1er Temps. — Supposons que la tête soit retenue en position gauche, variété transversale : l’opérateur introduit la main gauche, c’est-à-dire celle dont la paume regarde la face antérieure du fœtus, puis va à la recherche de la bouche et prend un point d’appui solide avec l’index et le médius, sur le maxillaire inférieur; les doigts ainsi introduits cherchent à entraîner un peu le menton en arrière, puis à fléchir la tête.
2e Temps. — La main droite est introduite au-dessus des épaules du fœtus de manière à enserrer le cou entre l’index et le médius. L’opérateur cherche alors à refouler la tête le plus possible dans la partie gauche du détroit supérieur de manière qu’aux diamètres qui se trouvent au niveau du rétrécissement se substituent des diamètres plus petits (diamètres bitemporaux au lieu de diamètre bipariétaux), puis il cherche en même temps à incliner un peu la tète de manière à engager d’abord la bosse pariétale postérieure.
5e Temps. — Un ou deux aides sont utiles pour le reste de la manœuvre.
L’aide principal est à genoux sur le lit et, à l’aide de ses deux mains, i! cherche d’une part à refouler le front de droite à gauche et à appuyer fortement de haut en bas sur la tête fœtale pour en accentuer la flexion et lui faire franchir l’obstacle ; l’autre aide tient un membre inférieur dans chaque main et va exercer au besoin des tractions sur les membres inférieurs lorsque l’opérateur ayant les mains placées comme nous l’avons indiqué, tirera directement sur la tête et sur les épaules; toutes ces tractions doivent être synergiques.
Lorsqu’il n’y a pas trop de disproportion entre le volume de la tête et le rétrécissement du bassin, la bosse pariétale antérieure s’abaisse tout d’un coup. L’opérateur ressent un ressaut caractéristique, l’obstacle est franchi;