‹ Précis d'obstétriqueChapitre 496 sur 692 · DE LA VERSION BIPOLAIRE · texte numérisé non relu

DE LA VERSION BIPOLAIRE

deux mains : l’une, introduite dans les organes génitaux, agit directement sur le fœtus ; l’autre contribue à faire évoluer le fœtus en agissant à travers la paroi abdominale par des manœuvres externes. Suivant la partie fœtale que l’on ramène en bas (tête ou siège) la version est céphalique ou podalique.

La version céphalique par manœuvres mixtes peut être pratiquée au cours du travail dans certaines présentations de l’épaule et dans quelques présentations du siège chez les primipares, lorsque ces présentations vicieuses n’ont pu être corrigées pendant la grossesse; elle est encore indiquée dans la présentation de la face où il suffît d’éloigner la face du détroit supérieur pour la transformer en présentation du sommet et dans le procœbitus du cordon lorsque l’extrémité céphalique repose dans Lune des fosses iliaques. Elle peut être conseillée dans le cas d’insertion du placenta sur le segment inférieur.

C’est habituellement au cours du travail que l’on a recours à cette opération, alors que la dilatation encore incomplète de l’orilice utérin ne permet pas de pénétrer avec toute la main dans l’utérus. Elle peut aussi être pratiquée, mais plus rarement, avant tout début de travail : c’est pour ainsi dire alors une intervention complémentaire de la version par manœuvres externes.

Enfin cette opération est faite exceptionnellement alors que la dilatation est complète.

La version bipolaire est facilitée par les conditions suivantes : membranes non rompues ou liquide amniotique restant en quantité suffisante dans l’utérus, situation de la tête ou du siège au voisinage du détroit supérieur, dilatation de l’orifice utérin suffisante pour laisser passer deux doigts.

Après les précautions antiseptiques d’usage, la femme est aifesthésiée et placée dans la situation obstétricale; l’accoucheur fait pénétrer deux doigts dans le vagin jusqu’au niveau de l’orifice utérin ; à l’aide de ces deux doigts, il repousse la partie fœtale qui se présente à travers les membranes ou directement en cas de rupture de la poche, pendant qu’avec l’autre main il exerce une pression sur les parties latérales de l’utérus de manière à faire glisser la tète de la fosse iliaque vers le centre du détroit supérieur : lorsque la tête y est ainsi ramenée, on la maintient au moyen d’une ceinture ou en rompant les membranes.

Pour transformer la face ou le front en sommet, on exerce avec les doigts introduits dans l’utérus une pression sur les fosses canines de la face ou sur le front en même temps qu’avec la main qui agit à l’extérieur on cherche abaisser l’occiput.

Lorsqu’on veut substituer une présentation du sommet à une présentation du siège, on fait remonter avec la main la partie fœtale au-dessus du détroit supérieur dans l’iritervalle des douleurs. Lorsque le siège est sorti du bassin, un aide le repousse vers l’une des fosses iliaques, suivant la variété dé position, tandis que l’opérateur saisit la tête et la fait basculer de haut en bas.

La version podalique par manœuvres mixtes est pratiquée dans certaines présentations de l’épaule lorsque la tète ne peut être facilement ramenée en * précis d’obstétrique. 68

DU FORCEPS

bas, dans quelques présentations de la face comme traitement des hémorragies dans certains cas de placenta prævia, ou bien lorsqu’un accident grave survient au cours du travail alors que la dilatation n’est pas complète (hémorragies, attaques d’éclampsie, embolie pulmonaire, etc.).

Voici le manuel opératoire préconisé par Braxton-Hicks qui a montré tout le profit qu’on peut tirer de cette méthode dans l’insertion vicieuse du placenta : la main gauche est introduite dans le vagin; la main droite, placée sur l’abdomen, vers le fond de l’utérus, presse doucement sur le siège, en le poussant du côté droit. La main suit le mouvement au fur et à mesure que le siège se déplace. La main gauche repousse en sens inverse la partie fœtale qui se présente. Lorsque le siège est abaissé, on accroche le genou et on tâche de saisir et d’abaisser un pied. Lorsque le pied est ainsi amené au niveau du col, Braxton-Hicks conseille d’attendre et de se comporter comme s’il s’agissait d’une présentation primitive du siège.

Les auteurs ne sont point d’accord sur l’extraction du fœtus : les uns abandonnent l’expulsion aux seules forces de la nature, les autres exercent de légères tractions; quelques-uns ne craignent pas de procéder à l’accouchement immédiat, même au prix de déchirures du col : c’est là une pratique détestable.

Quoi qu’il en soit, la version bipolaire est une opération utile, qui permet, dans les cas où la dilatation est incomplète ou insuffisante, de corriger une présentation vicieuse (épaule par exemple) et qui, dans certains cas, abrège notablement la durée de l’accouchement.

Page 1