DESCRIPTION DU FORCEPS DE LEYRET
forceps est placé, clans le bassin, sur une tète en occipito-pubienne (fig. 460), l’une des cuillers est directement à gauche, l’autre directement à droite. Des deux bords de la cuiller, l’im convexe est situé en arrière et répond à la paroi postérieure de l’excavation. L’autre concave est antérieur, et dessine une courbe au-dessous du pubis.
La cuiller est fenêtrée pour diminuer le poids de l’instrument et permettre une prise plus solide de la tête ; cette fenêtre a la même forme que la cuiller; « c’est une longue boutonnière béante terminée par deux œillets arrondis. L’œillet terminal, voisin du bec, est le plus large, et l’œillet voisin du pédicule, le plus étroit »
(Farabeuf et Varnier) .
B. Articulation. — L’ articulation est située à l’union de la cuiller et des manches ; elle varie suivant les modèles de forceps. Pour les uns, c’est une articulation par emboîtement réciproque ; pour les autres et en particulier pour le Levret, il existe sur Lune des branches une mortaise à mi-fer qui reçoit le pivot à vis situé sur l’autre branche. — La partie des deux branches qui porte l’articulation est aplatie de telle manière que les deux branches superposées puissent s’appliquer l’une sur l’autre exactement au niveau de leur entre-croisement.
C. Manches. — Les manches sont en métal, aplatis dans le sens opposé à la partie articulaire ; ils se terminent en forme de crochets ; on s’en servait autrefois comme de crochets mousses ou de porte-lacs dans la présentation du siège ou pour la procidence du cordon. L’un des crochets était même terminé en pointe aiguë, recouverte par une olive qui pouvait s’enlever; l’autre crochet se dévissait en entier et découvrait une pointe dont était munie la partie droite du manche; la pointe de ce manche pouvait servir de perce-crâne (fig. 457).
Ces crochets forment avec les manches un angle arrondi dirigé vers les cuillers.
En somme, le forceps de Levret diffère du forceps primitif, du forceps de Chamberlen en ce que ce dernier est droit : l’axe des cuillers se prolonge en ligne directe avec l’axe des manches. Il en résulte que, lorsqu’on tire sur les manches, on tire en même temps suivant V axe des cuillers. Par suite de la courbure pelvienne donnée par Levret aux cuillers, l’axe de ces dernières fait avec l’axe des manches un angle obtus ouvert en avant. Aussi une traction exercée suivant l’axe des manches ne peut-elle entraîner les cuillers dans une direction coïncidant avec leur axe.
Fig. i.57. — Forceps de Levret articulé.
A droite de la figure sont dessinés le crochet de la branche gauche dont l’olive terminale a été enlevée, et V extrémité du manche de la branche droite dont le crochet dévissé laisse voir une pointe servant de nercecrâne.