APPLICATION DU FORCEPS SUR LA TÈTE EN OCCIPITO-PUBIENNE
La tête est en partie dans le bassin mou, luttant' contre le releveur de l’anus et le coccyx qu’elle ne peut forcer ou insuffisamment poussée par la contraction utérine : une application du forceps est jugée utile. Voici comment on procède.
lerTemps. — Introduction de la main et recherche de l’oreille
postérieure. — Le méri dien sagittal se trouve dans le plan diamétral antéropostérieur ; le méridien latéral est dans le plan diamétral transversal. Le forceps doit être appliqué suivant ce plan; une branche directement à gauche, l’autre directement à droite (fig. 470).
Le mode d’articulation de l’instrument indique qu’il faut commencer par la branche gauche, c’est la branche gauche du forceps tenue de la main gauche qui doit être introduite la première ; c’est donc la main droite qui va lui servir de guide.
Les doigts de cette main pénètrent doucement sur les parties latérales de la tête, jusqu’à ce que l’extrémité de l’index et du médius dépasse les bords de l’orifice utérin et atteigne le lobule de l’oreille.
11 n’est généralement pas nécessaire de faire pénétrer la main tout entière
Fig. 470. — Schéma montrant l’application des deux cuillers sur la tête en position directe antérieure (occipito-pubienne). La calotte crânienne, vidée de son contenu, est vue par sa surface interne.
La suture sagittale SS' répond au diamètre antéro-postérieur ; les deux cuillers G et D sont appliquées aux deux extrémités du diamètre transverse , leur bord concave est dirigé vers l’occiput, qu’on n’aperçoit pas sur celte figure.
APPLICATION DU FORCEPS AU DÉTROIT INFÉRIEUR
pour arriver sur l’oreille, qui, par suite de rengagement très accusé et de la flexion très marquée de la tête, se trouve assez rapprochée de la symphyse pubienne : il suffit d’introduire quatre doigts dans le vagin, laissant le pouce au dehors. Dans certains cas, la tête est si descendue que les doigts ne peuvent atteindre les bords de l’orifice utérin remonté autour du cou. — Lorsqu’on introduit la main assez en arrière, dans l’espace situé entre le coccyx et l’ischion, il faut se rappeler que l’oreille est en avant et que les doigts doivent être ramenés dans cette direction pour que l’index l’atteigne.
2e Temps. — Introduction et pincement de ln cuiller gauche. — La branche gauche , tenue de la main gauche, est introduite doucement, de telle manière que la cuiller s’applique bien sur la paume de la main dont elle suit l’axe en progressant.
Au fur et à mesure que la cuiller progresse, l’extrémité du manche est abaissée peu à peu de haut en bas et de gauche à droite (fig. 477), de manière à devenir parallèle à la cuisse droite de la femme; le crochet doit être horizontal, sa concavité tournée à droite.
Dans ce mouvement, la cuiller, guidée par lès doigts de la main droite, se place sur les parties latérales de la tête, sans toutefois dépasser l’extrémité des doigts.
Lorsque la cuiller est régulièrement placée, l’opérateur retire doucement la main droite en maintenant avec la main gauche le manche de cette branche gauche. 11 confie ensuite le manche à un aide qui doit l’immobiliser aussi complètement que possible.
3e Temps. — Introduction et placement de la seconde cuiller ( droite ) . — La main gauche, préalablement graissée sur sa facedorsale, est introduite doucement sur la partie latérale droite de la vulve, par-dessus la branche gauche, déjà placée : on a eu soin, en confiant la branche gauche à l’aide, de la placer de telle manière qu’elle ne gêne pas l’introduction de la main gauche. Il faut, de plus, que l’aide placé du côté droit de la femme puisse s’effacer suffisamment pour ne pas gêner l’opérateur.
La main gauche chemine comme l’a fait tout à l’heure la main droite, s’oriente dans la partie postérieure et droite du bassin, par l’extrémité de l’index et du médius elle cherche à dépasser l’orifice utérin et à atteindre le point de repère : l’oreille droite du fœtus.
La branche droite, saisie de la main droite, est tenue presque verticalement: puis, peu à peu, abaissée de haut en bas et de droite à gauche, de telle manière que la cuiller, toujours en contact par sa face convexe avec la face palmaire de la main gauche, vienne se placer sur la partie latérale droite de la tête. Cette seconde cuiller n’est pas appliquée d’emblée à la place qu’elle doit occuper, mais on l’y amène aisément et elle y est arrivée lorsqu’on peut l’articuler avec la première branche maintenue dans sa bonne situation par la main de l’aide. On est sûr que la prise est régulière.
4e Temps. — Articulation des branches du forceps et du tracteur. — La branche droite mise en place, l’opérateur reprend le manche précis d’obstétrique. 70
APPLICATION DU FORCEPS AU DÉTROIT INFÉRIEUR
gauche cle la main gauche et amène la mortaise de la branche droite au contact du pivot de la branche gauche (fig. 467). Il se conforme, bien entendu, aux règles que nous avons indiquées, c’est-à-dire qu’il ne cherche à articuler que lorsque les deux branches sont bien parallèles et également introduites.
Le pivot engagé dans la mortaise, on serre à fond la vis de préhension en s’assurant dès le début que l’on tourne la vis dans le bon sens.
Le forceps est articulé : si c’est un forceps de Tarnier, il faut serrer la vis
Fig-. 471. Fig. 472.
Fig. 471 et 472. — La tête est en occipito-pubienne, le forceps Tarnier est appliqué sur elle.
La main tient le tracteur.
Fig. 471. — Les manches de l’instrument s’abaissent d'abord parce que la flexion de la tète se complète.
Fig. 472. — La flexion étant achevée , les manches du forceps commencent à se redresser de bas en haut : la tête va se dégager par déflexion.
de pression, puis appliquer l’appareil de traction. Pour cela, on rend libres les tiges de traction et on articule le tracteur (voy. p. 1085).
5e Temps. — Extraction du fœtus. — Le manche du tracteur étant saisi à pleine main par son milieu, l’opérateur exerce des tractions de telle manière que les tiges de traction soient distantes d’un petit travers de doigt de la face inférieure du forceps.
FORCEPS SUR LA TÊTE EN OCCIPITO-SACRÉE
Dans la plupart des cas, le forceps aiguille d’une manière suffisante et l’opérateur n’a qu’à se laisser guider par les manches de l’instrument : ils s’abaissent d'abord légèrement par suite de la flexion qui se complète (fig. 471), puis, au fur et à mesure que la tête vient dilater le bassin mou, ils se relèvent peu à peu (fig. 472) en décrivant un grand cercle de bas en haut, de telle sorte que, lorsque les bosses frontales se dégagent à la commissure postérieure, les manches sont dans une situation verticale (fig. 473) ou même dépassent la verticale, et viennent presque au contact avec la paroi abdominale de la femme.
Lorsque les parties molles n’ont pas une résistance suffisante pour faire aiguiller le forceps, l’opérateur, tout en tirant, doit suivre avec l’index de la main gauche la situation de la fontanelle postérieure et varier, suivant qu’il est nécessaire, le sens des tractions : ces dernières doivent toujours être faites avec
une extrême lenteur, de manière à ne point déchirer les parties molles.
Lorsque les parties molles commencent à être distendues et que la femme pousse avec énergie, une bonne précaution consiste à cesser les tractions et à appuyer avec le pouce sur la partie de la tête fœtale qui se trouve un peu en avant de la commissure postérieure et à modérer ainsi la sortie de la tête.
Fig. 475. — Dégagement de la tête en occipito-pubienne avec le forceps de Tarnier.
L'instrument , s'étant relevé de plus en plus , est devenu vertical. La fontanelle antérieure a franchi la commissure postérieure que distend le front.