LEVIER
Le levier a été inventé à peu près à la même époque que le forceps; il se composait d’une lame de fer, dont l’une de* extrémités présentait une courhure destinée à s’appliquer sur la tête fœtale. La vulgarisation du forceps a
PRÉHENSEUR-LEVIER MENSURATEUR.
nui beaucoup à celle du levier, qui était destiné à agir sur l’occiput, pour l’abaisser et fléchir ainsi la tête. On peut se servir du levier de trois manières différentes :
1° Comme un levier de premier genre dont la puissance est au manche, le point d’appui vers le milieu de la lame, sur la symphyse pubienne et la résistance vers l’extrémité au niveau de la tête fœtale ;
2° Comme un levier du second genre, la puissance se trouvant placée entre la résistance et le point d’appui, la puissance est exercée par la main au milieu de la branche, l’autre main sert de point d’appui à l’une des extrémités au niveau du manche, la résistance se trouve placée sur la tête fœtale;
3° On peut tirer sur le levier de manière à empêcher la pression d’être exagérée au niveau du pubis.
Nombreux ont été les modèles de leviers : l’un des meilleurs est celui de Hubert (de Louvain), avec lequel la traction se fait à Laide de lacs passés dans les trous que présente la lame du levier. Quand on se sert de cet instrument, on peut le mettre d’emblée à la place qu’il doit occuper, ou bien, suivant le conseil de Tarnier, introduire le levier en arrière au niveau du ligament sacro-sciatique, et le ramener en avant par un mouvement de spire.
De ses recherches expérimentales sur cet instrument, Tarnier conclut qu’il n’y a guère lieu de s’en servir que lorsque la tète est retenue au-dessus ou au niveau du détroit supérieur. En prenant son point d’appui derrière la face postérieure du pubis, le levier permet, jusqu’à un certain point, de faire fléchir cette tête et de la faire engager.
Farabeuf et Varnier sont arrivés à des conclusions presque analogues; d’après leurs expériences, en effet, il serait préférable pour faire descendre la bosse pariétale^ antérieure, d’appliquer sur la partie de la tête qui se trouve en avant, une cuiller de levier sur laquelle on tirerait à l’aide de lacs passés au niveau de la fenêtre de la cuiller.
Le levier était peu usité; le mécanisme n’en était pas fixé et le levier, ne prenant pas, glissait: aussi ne nous en occuperons-nous pas davantage, afin de décrire un nouvel instrument dû à L. -H. Farabeuf et qu’il appelle préhenseur-levier-mensurateur .
PRÉHENSEUR LEVIER-iYIENSURATEUR DE LH. FARABEUF
L .-II. F àrabeuf, après avoir montré comment et combien le forceps était pour le fœtus un instrument dangereux dans les rétrécissements du bassin, qu’il aggrave en ne permettant pas à la tète de basculer en arrière, d’utiliser la concavité sacrée, a fait construire par Collin un instrument qu’il appelle préhenseur-levier-niensurateur (*) .
Préhenseur , parce qu’il prend la tête et la tient solidement.
(1) Toute cette description (texte, figures, et légendes des figures) est extraite du mémoire de L.-H. Farabeuf, reproduit presque tout entier par la Gazette des hôpitaux , 13 juillet 1895, n° 81.