‹ Précis d'obstétriqueChapitre 514 sur 692 · P R É II E N SE U R- LE VIE R-ME N S U R AT EU R · texte numérisé non relu

P R É II E N SE U R- LE VIE R-ME N S U R AT EU R

Levier , parce que son pouvoir le plus heureux est de faire basculer la tête, de la pousser dans la concavité sacrée en l’abaissant au fond de l’excavation.

Mensurateur , en raison de ce que, aussitôt appliqué, il dit la valeur du diamètre bi-pariétal qu’il faut absolument connaître, pour la comparer à celle des diamètres pelviens sagittaux avant de prendre une résolution définitive.

Cet instrument est destiné à aider la tête à passer du ventre dans l’excavation, par le détroit supérieur, suivant le mécanisme naturel que nous rappelons en quelques mots.

Quand la tête est retenue dans le ventre par le détroit supérieur d’un bassin aplati , elle est en position transversale pure ou légèrement diagonalisée : cela met le front d’un côté, l’occiput de l’autre, et, chose capitale, un pariétal en arrière touchant le promontoire , un pariétal en avant débordant les pubis . La tête est fléchie; si elle ne l’est pas, la main intervient pour la fléchir. La tête est ordinairement (personne ne dit : toujours) inclinée sur le pariétal postérieur , c’est dire que le pariétal antérieur est presque tout entier au-dessus des pubis, que la suture sagittale se sent à très brève distance de l’arcade, tandis que tout ou presque tout le pariétal postérieur est déjà dans l’excavation ; la tempe postérieure, dépressible, est appuyée contre le promontoire ; la bosse pariétale, qui ne l’est pas, est en contact avec le culmen pubien . Si le bassin est assez grand pour que l’utérus triomphe de l’obstacle, la tempe postérieure se laissant déprimer permet à la bosse antérieure d’entrer dans le détroit par un mouvement du pôle céphalique qui se porte en arrière, dans la concavité Sacrée, mouvement de bascule , que le toucher reconnaît à ce que Y éloignement progressif de la suture sagittale coïncide avec une descente appréciable. C’est le mécanisme ordinaire.

Conditions nécessaires pour V application. — Sans parler de la nécessité d’une dilatation suffisante de l’orifice utérin, l’instrument de Farabeuf est

4S8. — Créhenseur-levier-mensurateur.

(Farabeuf.)

En haut II est assemblé ; en bas , la cuiller antérieure faisant son évolution pour arriver à sa place est représentée en deux attitudes.

COMPOSITION DU PRÉHENSEUR-LEVIER-MENSURATEUR.

fait pour aller saisir la tête dans le ventre , c'est-à-dire non engagée et modérément inclinée ; il est inapplicable ou difficilement applicable, lorsqu’elle est fortement enclavée ou simplement engagée dans une excavation rétrécie. Lorsque la tête est trop inclinée sur le pariétal postérieur, elle est redressée à l’aide d’une branche annexe indispensable de l’instrument, à laquelle Farabeuf a donné le nom de guide redresseur. Cette branche est inutile si la tête a l’inclinaison inverse, celle dite de Nægele, qui peut être primitive, mais surtout consécutive à un travail vigoureux et prolongé.

I. Composition de F instrument. — Il se compose de quatre pièces, de cinq avec la cuiller de rechange (cuiller postérieure courte).

Des quatre pièces fondamentales, trois s’articulent et fonctionnent ensemble : elles constituent l’instrument proprement dit. Ce sont deux cuillers, l’une fixe, l’autre à charnière, montées presque à angle droit sur des manches rectilignes qui glissent l’un sur l’autre, tenus appliqués par une tringle

(fig. 488 et 489). Celle-ci court sous le manche inférieur longuement fendu pour laisser passer le crochet qui saisit le boulon de charnière de

Fi»'. 489. — Les deux cuillers tiennent la tête; la tringle va assembler les manches tout en leur laissant la liberté de glisser. (Farabeuf.)

la cuiller antérieure (fig. 489). Entre les crochets, à l’autre bout, la tringle s’agrafe encore au manche supérieur avec lequel elle va et vient, tandis que le manche de la cuiller postérieure glisse tout seul entre les deux.

La quatrième pièce est tout à fait indépendante : c’est le guide-redresseur, indispensable pour atténuer l’inclinaison de la tête et pour guider la cuiller postérieure.

IL La cuiller postérieure courte. — La cuiller de rechange (la cuiller postérieure courte) tient un peu moins solidement que la longue; mais elle tient encore si bien le pariétal et sa bosse, en déprimant de son bec la région de l’écaille temporale et du ptéryon, qu’elle sera préférée de quelques-uns, sinon de tous.

La cuiller longue prend dans sa fenêtre, outre la bosse pariétale, la saillie du malaire que son bec a dépassée ; elle couvre et ponte, des branches ou jumelles de son cadre, la région temporale qu’elle protège contre le promontoire, mais en supprimant le bénéfice de la dépressibïlité de cette région.

DE LA SYMPHYSÉOTOMIE.

Comme la cuiller longue tient très solidement, son emploi est indiqué après la symphyséotomie, car on peut être obligé de tirer et d’appuyer ferme pour vaincre la résistance du bassin mou, notamment celle du périnée et du coccyx en ménageant la faiblesse de la paroi antérieure du vagin privée de son soutien osseux.

Mais lorsque le bassin est intact et la douce tentative d’engagement autorisée par la faiblesse de la disproportion entre la tête et le détroit, c’est la cuiller courte qu’il faut employer, puisqu’elle permet au promontoire de déprimer la tempe et de gagner ainsi peut-être plus de 10 millimètres sans danger. Celui-ci ne peut venir de la cuiller, mais seulement de l’excès de la force déployée.

« D’après ce que j’ai vu sur le cadavre très frais de mort-nés, ajoute L.-H. Farabeuf, j’oserais pousser la dépression temporale jusqu’à 10 millimètres; d’autres iraient plus loin, et je les comprends, quoique je sois timide. »

Le préhenseur-levier-mensurateur est actuellement peu usité ; aussi ne nous paraît-il pas nécessaire de reproduire le manuel opératoire que nous avons décrit, d’après Farabeuf, dans les éditions précédentes du Précis.

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